PARTIE NOSOGRAPHIQUE. Î
défiriilîve, à nier d'uno manière absolue l'existence de la darlre comme unité pathologique. C'est ainsi que Joseph Frank rapporte à l'arthritis toutes les affections cutanées de la dartre, et que M. Auguste Dumoulin ne veut voir que de la scrofule dans toutes les éruptions cutanées de nature dartreuse.
Il n'est pas facile , comme vous le voyez , de tracer la ^ymptomatologie générale de la dartre : on ne peut y parvenir que par une lecture attentive des livres anciens, et en particulier du savant Lorry {De herpetibus)^ et par les réflexions que suggèrent les faits habituels d'une nombreuse pratique.
Ne vous attendez pas à retrouver toujours dans la darlre des affections analogues aux affections corresppndantes de la scrofule et de la syphilis. Le scorbut et la goutte §e rapprochent plus peut-être de ces dernières maladies que la dartre elle-même. Il y a, en effet, 'dans le scorbut et la goutte, des arthropathies et des ostéo[)athies que nous ne retrouvons plus dans la dartre. Ce n*est pas que les auteurs n'aient admis des tumeurs blanches et des caries dartreuses ; mais j'ai déjà dit ce qu'il fallait penser de ces métastases dartreuses. Je ne puis voir dans le fait de ces prétendues tumeurs blanches et caries dartreuses qu'une évolution naturelle de la scrofule, qui, tégumen taire dans la première et la deuxième période, devient articulaire et osseuse dans la troisième.
Comme la scrofule et la syphilis, la dartre est une maladie constitutionnelle, à longues périodes, à marche lente, continue ou intermittente. Ses affections nombreuses et protéiîormes alternent souvent les unes avec les autres. Le principe morbifique quitte la peau pour se porter sur les membranes
muqueuses : à Tirrilalion cutanée succède rirrilation caUrrliale. Le calarrlie disparaît; il survient une fièvre larvée, une névralgie périodique ; puis, au bout d*un temps plus ou moins long, une lésion organique viscérale qui entraîne la mort du malade.
Toutefois, bien que la dartre soit en général soumise à cette règle, commune à toutes les maladies, qui est de faire des progrès incessants, de suivre une marche ascensionnelle ou décroissante, en un mot, de subir une évolution, il ne faut pas croire qu'elle conduise toujours à la mort le sujet qui en est atteint, ^ar, non-seulement elle peut se terminer par la guérison, mais, dans le plus grand nombre des cas peut-être, l'existence du dartreux est brisée par une maladie accidentelle : une dialhèse quelconque, une autre maladie constitutionnelle, une phlegmasie intercurrente, une fièvre continue, une apoplexie hémorrhagique.
Pour faciliter Tétude corrélative de la dartre et des autres maladies constitutionnelles, je la divise aussi en quatre périodes. Voyons comment elle se comporte danschacune d'elles.
Première période. — La première période de la dartre, comme celle de la scrofule, est caractérisée par des affections superficielles du système tégumentaire, de la peau et des mi^mbranes muqueuses : ces affections sont mobiles, moins adhérentes que dans la scrofule, ce sont des ophthalmies légères, avec démangeaisons vives du bord des paupières, des attaques répétées de coryza avec angine granuleuse, des blennorrhéeSy leucorrhées dartreuses, diarrhées glaireuses de même nature.
On doit aussi rapporter à cette première période toutes les manirèslations de la dartre aiguë, toutes ces affections que j'ai depuis longtemps désignées sous le nom de pseudo-