PARTIE NOSOGRAPHIQUE
txanxhèntes : roséole, urticaire, pityriasis rubra^ eczéma rubrum^ herpès et zona, fièvre buUeuse, etc. Une fièvre légère, un certain malaise, le trouble des fonctions digestives peuventaccompagnercetle première manifestation deladarlre. Notez quMci nous ne mentionnons pas, comme dans la scrofule et la syphilis, l'engorgement des ganglions lymphatiques, ni les excroissances de la peau ou des muqueuses : ces affections n'appartiennent pas essentiellement à la dartre. Si les ganglions lymphatiques s*engorgent dans le voisinage des régions couvertes d'éruptions dartreuses, ce n'est qu'une simple irritation sympathique qui disparaît très vite; jamais le ganglion ne reçoit directement l'influence de la maladie.
Deuxième période. — Dans la seconde période, les affectioDs sont plus fixes, plus adhérentes. Les manifestations cutanées persistent avec plus d'opiniâtreté. La dartre se traduit à la peau avec tous les caractères qui lui sont propres : elle s'y présente sous deux états bien différents qu'il importe de ne pas confondre : la dartre sèche et la dartre humide.
La dartre sèche a essentiellement pour siège le corps papillaire, organe sécréteur de l'épiderme. Si le vice herpétique ne produit que la simple hypertrophie des papilles, vous aurez une éruption de papules qui porte le nom de lichen^ lorsqu'elle est confluente ^ de prurigo^ lorsqu'elle est isolée ou discrète; s'il modifie surtout la sécrétion épidermique, vous aurez d'une part \t pityriasis^ lorsque le produit sécrété est en furfures, et occupe des places irrégulièrement délimitées, et de l'autre le psoriasis, lorsque le produit sécrété est en squames épidermiques , plus épaisses , argentées, chatoyantes, précédées de congestion du tissu cutané, répandues habituellement sous forme de plaques en relief et neltement circonscrites.
30 DES MALADIES CONSTlTtJTIONNELLES EN GÉNÉttAL.
La dartre humide a essenliellement pour siège rappareil sécréteur de la peau, el nolammenl les glandes sudoripares. Si rinflammalion dartreuse ne produit que des vésicules transparentes, un suintement séreux analogue à celui du vésicatoire, des squames molles, d'un jaune verdâlre, qui résultent d'un mélange d'épiderme et de produits séro-purulents, vous aurez Xeczéma avec toutes ses nombreuses variétés, la dartre humide par excellence, la plus commune peut-être, celle au moins qui vous permettra de suivre pJus facilement tout le cortège des autres symptômes de la dartre. C'est cette forme que les anciens auteurs ont décrite sous le nom à'hçrpès; c'est à elle que s'applique la description que Lorry a donnée de la dartre humide sous le nom &' herpès phlyctenodes ou phagedenicus. Son herpès miliaris n'est que le zona, et V herpès esthiomenos^ c'est le lupus.
Ailleurs, comme dans l'ouvrage de Joseph Frank, vous trouverez la dartre humide décrite sous le nom d'herpès miliaire, Alibert en trace un portrait Qdèle sous la désignation singulièrement expressive d'herpès squamosus madidans. L'école de Willan en a donné la description sous le nom (ï eczéma; mais notez bien que cette description s'applique à l'affection générique, et non à la variété dartreuse de l'affection.
Quand l'inflammation dartreuse, au lieu de produire des vésicules, produit des bulles, et s'accompagne aussi, mais en général à un plus haut degré que dans l'eczéma, d'un suintement séreux analogue à celui du vésicatoire et de lamelles qui résultent d'un mélange d'épiderme et de sécrétion séropurulente, on a le pemphigus , la dartre bullo-lamelleuse (dartre phlycténoïde confluente d'Alibert), qui n'est ni la moins opiniâtre, ni la moins dangereuse.
1>ART1Ë NOSOGRÀPHIQtJË. Si
Ne confondez pas le pemphigus avec le rupia (1) : ce dernier consiste dans une agglomération circulaire de petites bulles ou pustules, larges, aplaties, contenant un fluide séro-purulentqui, à peine formées, se crèvent et forment des croûtes brunâtres ou noirâtres. C'est le psydracia de Joseph Frank. Le rupia est toujours scrofuleux ou syphilitique.
Avec un degré de plus dans l'inflammation cutanée et une participation des glandes sébacées, vous aurez une éruption de pustules ou Taffection qu'on a désignée sous le nom dHmpétigo [melitagra flavescens) .
Mais, en général, les aflections isolées des glandes sébacées sont de nature scrofuleuse ou syphilitique. C'est bieii auisi, parce que, dans Timpétigo, les glandes sébacées participent à l'afifeclion, que cet impétigo est plus souvent scrofuleux ou syphilitique que dartreux. L'impétigo a plus souvent son siège à la face et sur le cuir chevelu, où se trouvent en plus grande abondance les glandes sébacées, et en plus grande fréquence les affections scrofuleuses et syphilitiques. Enfin l'impétigo s'observe plus souvent chez les enfants et les femmes qui sont plus exposés à la scrofule que les sujets adultes du sexe masculin.
L'inflammation dartreuse se présente encore quelquefois à la peau sous une autre forme : celle de Vecthjrma et du furoncle ({m, parasitaires dans la plupart des cas, se reproduisent dans d'autres circonstances, avec une incroyable ténacité, se généralisent et constituent l'une des manifestations les plus intéressantes et les moins étudiées des diathèses dartreuse et arthritique.
(t) U rnpia D*est pas une affection huileuse proprement dite; il débute par une postule d*eclhynia qui se convertit en une croûte autour de laqueUe se produisent successivement plusieurs bulles drconférentielles apIaUes, purulentes, de plus en plus éloignées du centre.
L'eclhyma et le furoncle sont deux affeclions qui coexistent souvent, et qui d'ailleurs se rapprochent par leurs caractères anatomiques ; il y a, dans Tecthyma, une sécrétion de pus sous répiderme et, au centre de Télevure dermique, une pseudo-membrane ; dans le furoncle, Tinflammalion est plus profonde : elle a pour siège l'aréole dermique, où se rencontre également une pseudo-membrane.
Telles sont les diverses manifestations de la dartre sur le tégument externe : je n*en connais pas d*autres.
Les auteurs ont admis des dartres tuberculeuses et ulcéreuses, des dartres rongeantes ; mais la dartre rongeante, ou le lupus, n'est point une dartre, c*est une scrofulide. Le lupus est toujours scrofuleux ou syphilitique.
Alibert a eu tort de conserver dans son intégrité le genre herpès des anciens auteurs ; il est difficile de comprendre comment ce dermatographe, avec une expérience aussi consommée que la sienne, ne se soit nullement aperçu de la différence profonde qui existait, non-seulement pour les caractères physiques, mais encore pour la nature entre les différentes espèces du genre herpès. Il est vrai que dans les éditions subséquentes de son ouvrage, Alibert a fait de la dartre rongeante un genre à part sous le nom d'eslhiomène; mais là encore, il a eu le tort de laisser figurer ce genre esthiomène à côté du genre herpès dans la famille des dermatoses dartreuses.
Le véritable ulcère de la peau n*est jamais entretenu par la seule influence de la diathèse dartreuse. Il n*y a pas plus d'ulcère darlreux, qu'il n'y a de dartre rongeante. La dartre, eût-elle duré quinze et vingt ans, ne laisiie après elle que des maculatures ; jamais elle ne laisse de véritables cicatrices,
I>ART]« NOSOGRAPIflQUE. S3
comme on en observe à la suite des affections scrofuleuses ou syphilitiques.
Les manifestations dartreuses de la peau, pendant la deuxième période de Therpétisme, se réduisent donc aux suivantes:
i« DARTRE SÈCHE...
fPAPOLEOSE. ...}^**^^«'*'
J i Prungo.
fVÉSICULEUSE...^*^"?*-