‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 28 sur 131 · PARTIE NOSOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE NOSOGRAPHIQUE

tis...; nous n^en connaissons pas pour la dartre, si ce n'est la dégénérescence cancéreuse des viscères.

Les affections cutanées, dans la scrofule et la syphilis, sont en général fixes et très adhérentes ; elles sont mobiles, ambulantes dans l'arthritis, et surtout dans la dartre. Les scrofulides et les syphilides sont, en général, peu prurigineuses, souvent même elles ne sont accompagnées d*aucune démangeaison; les éruptions dartreuses et arthritiques sont communément accompagnées de prurit ou de douleurs pongitives.

Les scrofulides et les syphilides ne restent pas toujours bornées aux couches superficielles de la peau ^ eUes s'étendent parfois aux couches profondes, et même aux tissus soos-jacents ; elles sont souvent ulcératives, et leur action destructive s'étend à une profondeur plus ou moins grande \ elles laissent souvent après elles des cicatrices indélébiles. Les éruptions dartreuses et arthritiques tie dépassent jamais les couches superficielles de la peau ; elles ne sont jamais, en général, ulcératives, à moins de complications, et leur guérison n'est suivie que de simples maculatures.

Dans la première période de la dartre et de l'arthritis, on observe également une succession d'éruptions cutanées et d'affections catarrhales; mais l'éruption cutanée domine dans la dartre, le catarrhe dans l'arthritis.

Dans la seconde période de la dartre : éruptions cutanées, catarrhes, névralgies , l'éruption cutanée prédomine. Dans la seconde période de l'arthritis : éruptions cutanées, catarrhes, arthropathies mobiles, l'arthropalhie rhumatismale ou goutteuse prédomine.

Dans les troisième et quatrième périodes des maladies

conslilutionnelles, les aflerlions sent Icllement différentes, qu'on ne saurait un seul instant les confondre.

ART. II. — DES SYMPTOMES œMMUNS OU GÉNÉRAUX DES MALADIES CONSTITUTIONNELLES.

Après avoir exposé les affections propres des maladies constitutionnelles, sur l'histoire desquelles nous reviendrons avec plus de détails dans les leçons subséquentes, nous allons compléter la symptomatologie de ces maladies par l'étude des phénomènes communs, ou, si vous l'aimez mieux, par l'étude de Tétat général du malade.

Je ne crois pas devoir, pour celte étude, me conformer a la division en quatre périodes que j^ai établie pour l'énumération des affections propres. Sans doute l'état général du malade va chaque jour en se modifiant, dans' les maladies chroniques, aussi bien que dans les maladies aiguës; mais cette modification s'opère par des nuances insensibles. Il serait difficile d'établir une ligne de démarcation bien tranchée entre les phénomènes communs, si l'on voulait absolument les partager en quatre périodes; d'autre part, on s'exposerait, en suivant cette marche, à de nombreuses et fastidieuses répétitions.

Si l'on suit avec attention l'enchaînement et la succession des phénomènes communs dans les maladies chroniques, on voit que, pendant un laps de temps variable, ces phénomè- ' nés paraissent indépendants les uns des autres, tandis qu'à une époque plus avancée il s'établit entre eux une solidarité telle qu^on ne peut, en quelque sorle, diminuer l'un sans augmenter l'autre. Cette mutation remarquable dans les phénomènes des maladies constitutionnelles, partage la mar-

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che de celles-ci en deux époques dislincles : une première époque où le consensus sympathique et morbide dés fonctions esûste à peine» une seconde époque où ce consensus est parfaitement établi. Voyons donc comment se comportent les phénomènes communs pendant le cours de ces deux époques.

A. Étude des phénomènes communs pendant la première époque des maladies constitutionnelles. — Je passe succèssiyement en revue \ habitude extérieure du malade, puis les fonctions animales^ vitales et naturelles.

Dans rhabitude extérieure des scrofuleux, j'arrêterai tout d*abord votre attention sur l'état de la température du corps, qui souvent est notablement abaissée.

Gel abaissement de température n'est pas seulement sensible pour le malade ; il l'est encore pour le médecin. J'ai eu plus souvent l'occasion de l'observer au début de la maladie qu'à une période avancée. Les sujets ont les mains froides, les pieds froids ; tout le corps semble refroidi. Ils refroidissent les personnes avec lesquelles ils sont en contact.

Je donne en ce moment des soins à une jeune dame qui, dans son enfance, a été affectée de gourmes et d'ophthalmies périodiques, chez laquelle les règles ne sont pas très abondantes et qui a le corps continuellement froid, à ce point, que la main appliquée sur les bras éprouve la même sensalion que si elle était appliquée sur du marbre. La figure est souvent d'une pâleur verdàlre ou bleuâtre comme dans le frisson ; les veinules sont dilatées. 11 n'y a pas chez elle d'affeclion organique du cœur. Si elle se met au lit, Tépaisseur des couvertures, les édredons, le contact de son mari, homme gros et fort, rien ne peut la réchauffer. Cet abaissement de la température du corps n'est pas rare

dans les premières périodes de la scrofule : la syphilis, la dartre etTarthritis ne présentent rien de semblable.

Dans la phthisie on observe parfois au début une augmentation de la chaleur normale vers la face et les parties supérieures du corps ; mais, à part les cas où surviennent des hémorrhagies, qui souvent sont précédées ou accompagnées d'un frisson plus ou moins général, on n'observe pas, dans la diathèse tuberculeuse, cet abaissement de température si remarquable chez certains scrofuleux.

De nombreuses variations dans la température du corps ne sont pas rares chez les hystériques ou chez les hypocbondriaques; mais le refroidissement est accidentel : il alterne souvent avec des bouffées de chaleur. J'en dirai autant delà chlorose pendant le cours de laquelle les malades accusent parfois des alternatives de chaleur et de refroidissement. Le docteur Uzac, dans le remarquable travail qu'il a publié sur la chlorose, n*a pas oublié de mentionner ce symptôme ; il ajoute que, dans ces cas, le thermomètre, appliqué sous Taisselle, ne lui a fait connaître aucune différence dans la chaleur thermométrique du corps, malgré les sensations de froid éprouvées par les malades.

Nul doute que cet état de la température ne soit pour quelque chose dans Tabsence ordinaire des principaux caractères inflammatoires des abcès chez les scrofuleus, absence qui a fait donner le nom d'abcès froid à Taffection, et celui d'humeurs froides à la maladie.

Le volume d\x corps, pendant le cours des maladies constitutionnelles^ offre de nombreuses variations qui dépendent de l'état de la nutrition, et aussi de l'état du système cellulaire dont les fonctions sécrétoires et absorbantes peuvent être plus ou moins troublées.

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