‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 34 sur 131 · PARTIE NOSOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE NOSOGRAPHIQUE

Il est un ordre de complications fort ordinaire dans le cours et vers ta Gn des maladies constitutionnelles et diathésiques, sur lequel je désire attirer quelques instants toute votre attention; je veux parler des maladies parasitaires.

Qui de vou» ignore que, dans les derniers jours des maladies chroniques, et particulièrement vers la fin des diathèses tuberculeuse et cancéreuse, on voit apparaître, sur la langue et les parois buccales, une végétation blanche, connue sous le nom de muguet^ et constituée par un végétal para* site, Yotdium alUeans, N*avez-vous pas été frappés plus d'une fois, en parcourant nos salles, de cette coïncidence remarquable, sur le môme sujet, du favus et de la scrofule, du mtiligo des auteurs ou du porrigo decalvans avec la syphilis secondaire, du trichophgton avec la dartre? La diminution lente et graduelle des forces vitales favorise très rertainement chez l'homme le développement des végétaux . parasites. Mon ami le docteur Jodin a démontré (1) que la dénudation épidermique, si fréquente dans les affections cutanées constitutionnelles, est la condition physique qui permet l'implantation du végétal parasite ; mais la cause de la prédilection de Yotdittm pour la cachexie, de Vacharian ^iAwmicrosparon /urfur pour la scrofule, du microsporon decalvans pour la syphilis, du irichophyton pour la dartre, demeure pour nous lettre close ; nous ne savons absolu* ment rien à cet égard. Mais connaissons-nous mieux les conditions qui font que tel végétal vit et prospère sur un terrain, tandis qu'il se flétrit et meurt sur un autre ? Assurément non.

(t) De la nature et du traUemcnt des angines cownneuses et du croup t ^m. Ad. Deialuye, 1859.

Remarquez bien que si rorganisme humain vient à être momentanément modifié dans le cours de la scrofule par la complication d'une maladie aiguë, comme une fièvre typhoïde, il devient un mauvais terrain pour la végétation favique, qui languit pendant tout le cours de la maladie aiguë, tandis que d'autres végétaux semblent s*en accommoder parfaitement bien : certaines algues de la bouche, par exemple. N*allez pas croire toutefois que la scrofule, qui prédispose à Tachorion, exclut tout autre champignon; que la syphilis, qui prédispose à la teigne décalvante, met à Tabri du favus : ce serait une grande erreur. Je vous ai montré bien souvent, sur nos scrofuleux, la teigne achromateuse, et, dans mes leçons, j'ai déjà eu occasion de parler d'une femme affectée de syphilis secondaire, qui se trouvait, en 1850, placée dans mon service, à côté d'une jeune fille atteinte d'un favus général. Chez cette malade nous avons pu suivre jour par jour, sur Texlrémité du nez, le développement d'un godet favique d'une remarquable beauté.

Nous terminerons Télude de la partie nosographique des maladies constitutionnelles par quelques considérations gé« nérales sur Vanatomie pathologique et les lésions du sang.

De nos quatre maladies, la scrofule est assurément celle qui désorganise le plus les tissus, et qui, sous le rapport de la multiplicité et de la variété des lésions, mérite d'occuper la première place. Elle donne lieu à des lésions inflammatoires, à des lésions de texture (ramollissement, induration, raréfaction et condensation des tissus), à des lésions organiques proprement dites, homœomorphes : graisse, cartilage, tissus Rhveux el osseux \hétéromorphes: tubercules, produits fibroplastiques, squirrhe, encéphaloïde, mélanosc, etc.

La syphilis produit aussi des lésions inflammatoires, mais

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