‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 35 sur 131 · PARTIE ROSOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE ROSOGRAPHIQUE

elles sont bien différentes des inflammalions scrofuleuses. Si la suppuration est lente à se former, vous trouverez dans les caractères physiques des deux pus des différences essentielles. Le pus scrofuleux est clair, analogue à du petit-lait ; il renferme des portions de Bbrine ou des concrétions tuberculeuses ; il exhale une odeur aigre. Le pus syphilitique est plus épais, d'une égale consistance, analogue a une dissolution de gomme, exhalant une odeur fade ou. fétide. Si la suppuration se fait promptement, les différences entre les deux pus s'effacent, et le microscope ne nous a pas encore révélé ce qui fait que l'un donne naissance à des chancres et à des bubons, et que l'autre ne produit rien.

Il en est de même dans l'arthritis. Une pleurésie rhumatismale, par exemple, ne ressemble en rien à ces pleurésies latentes, essentiellement purulentes, véritables abcès froids des cavités splanchniques que l'on a quelquefois l'occasion d'observer pendant le cours de la scrofule.

Comme la scrofule, la syphilis détermine la condensation et la raréfaction des tissus, le ramollissement et l'induration des parties organiques; elle provoque la formation de produits AomceomoiT^Ae^ (tissu osseux, par exemple), et de produits hétéromorphes^ l'élément fibro-plastique, la gomme, qui n'est peut-être qu'un mélange des éléments ordinaires de l'inflammation, de tissu fibro-plastique et de tubercules.

Le vice arthritique donne naissance aussi à des lésions de leiture et a des produits étrangers à l'organisme. Est-il nécessaire de vous rappeler les désordres que l'arthritis produit dans le système circulatoire, le cœur et les gros vaisseaux, et les concrétions tophacées analogues aux calculs pour la composition î

La dartre, outre qu'elle détermine so\ivent des affections

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i\\x\ ne s*accompagnenl d'aucune altération organique appréciable, produit encore des lésions inflammatoires très variées, des raréfactions de tissu par hydranose, des lésions organiques héléromorphes, variées et multipliées.

Parmi les produits morbides des maladies constitutionnelles, le tissu fibro-plastique est commun a la scrofule et à la syphilis ; le tubercule est propre à la scrofule, la gomme à la syphilis, le tophus a l'arthritis. Mais le produit morbide qui appartient plus spécialement à la dartre, quel est-il? — J'ai déjà dit que des recherches étaient encore a faire sur ce sujet : je vous ai signalé, dans Tune de mes dernières leçons, ces desiderata de la science.

Il y a certainement une différence dans les caractères et la structure du véritable cancer gastro-hépatique et les dégénérescences cancéreuses de Testomac et du foie survenues A la suite d*une métastase dartreuse, ou spontanément développées pendant la dernière période de la dartre.

Déjà je puis vous dire que j'ai été frappé d'une différence dans la symplomatologie des deux affections : dans le cancer dartreux, je n'ai jamais observé la teinte jatme-paille, qui manque rarement dans le cancer diathésique. Dans la dartre, n'y aurait-il jamais diffusion du produit morbide sur un grand nombre d'organes , tandis que cette dissémination existerait au contraire très communément dans ladiathèse? Ce n'est là qu'une conception à priori, qui demande, pour être admise comme une vérité scientifique, la sanction de l'expérience.

Le sanÇf comme toutes les autres parties constituantes de l'organisme humain, peut subir des altérations pendant le cours des maladies constitutionnelles. Toutefois, malgré la faveur dont jouissent de nos jours les travaux en hématologie,

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il faut dire que ces altérations sont encore peu connues; peutêtre le seraient-elles davantage si, au lieu de chercher dans le sang la cause des maladies et l'explication des phénomènes morbides, on eût étudié ce fluide dans toutes ses modifications anormales au point de vue seulement de la sémiotique et de Tanatomie pathologique.

Je ne sache pas qu'une étude particulière du sang ait été faite dans la syphilis ou dans la dartre •, il n'en est pas de même pour la scrofule et l'arthritis : il a été analysé dans les deux dernières maladies.

On a trouvé le sang des scrofuleux plus abondant en sérum,, moins riche en globules, mcnns chargé de fibrine^ Ce sont des caractères opposés que l'on a constatés sur le sang des arthritiques.

J*ai hâte d'arriver aux autres parties de Thistoire des maladies constitutionnelles. Passons successivement en revue les parties étiologique, sémiotique, thérapeutique. Je ferai en sorte de* vous arrêter moins longtemps sur ces divers côtés de la question ; ils n'ont pas pour nous, quant à présent du moins, la môme importance que le côté nosographique.

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