PARTIE THÉRAPEUTIQUK
parler de Teau minérale iodo-phosphalée, du Df Uzac. C*est assurément la préparation qui se rapproche le plus, pour les vertus thérapeutiques, de l'huile de foie de morue. Vous avez pu voir même, dans mes salles, des scrofules très compli. quées, des lupus et des caries multiples, qui avaient résisté à rhuile de morue, guérir sous Tinfluence de Teau minérale iodo-phosphatée, administrée aussi à doses graduellement croissantes (1).
La dartre exige l'emploi des préparations sulfureuses et arsenicales. Avec l'arsenic vous débarrasserez le dartreux, non-seulement de ses éruptions cutanées, mais encore de ses névralgie?, de ses fièvres intermittentes, de son asthme, etc.
Les préparations alcalines, et notamment le carbonate et le bicarbonate de soude, vous serviront surtout à combattre les affections de nature arthritique.
Je termine cette leçon par quelques mots sur les eaux minérales.
Les chemins de fer, qui abrègent les distances, et Taisance plus grande des populations, ont de nos jours rendu plus fréquentes les visites des malades aux sources minérales.
A qui conseille-t-on les eaux ? Généralement à des personnes atteintes de dialhèses ou de maladies constitutionnelles. Il est donc de la plus haute importance pour nous
d'être fixés sur le choix à faire de telle ou telle source dans
le traitement des maladies constitutionnelles.
Consulterons -nous les Guides des baigneurs, ouvrages dus à la plume des médecins inspecteurs ? Ce sont généralement de petits livres, sans doute fort instructifs et fort inlé-
(1) Quelques faits de guérison assez remarquables m'avaient fait espérer pouvoir remplacer Thuile de morue par Teau îodo-phosphatée. Les faits ultérieurs n'ont pas répondu à mon attente.
ressanls, maisqui vous jettent dans un grand embarras quand on veut connaître les indications précises des eaux minérales. A en croire le médecin d'une source minérale, son eau esl bonne pbur toutes les maladies. Beaucoup de gens là-dessus se récrient et se mettent a suspecter la conscience et la sincérité du médecin des eaux; et, cependant, après ce que je vous ai dit, cela n*a rien qui doive vous surprendre : tout le mystère se réduit à ceci : une confusion des affections avec les maladies. L'eau sulfureuse guérit les névralgies et les dartres, mais est-ce que ce sont deux maladies différentes? L'eau alcaline guérit là goutte, la gravelle, Teczéma arthritique, mais est-ce que se sont là trois maladies distinctes? Seulement, Tauteur du Guide aux eaux minérales ne précise pas la nature des affections, et c'est là son tort ; car si l'eau sulfureuse guérit l'eczéma dartreux, elle exaspère singulièrement l'eczéma arthritique.
Ce n'est pas l'organe affecté que vous devez prendre en considération quand vous donnerez le conseil à un malade diî se rendre aux eaux : c'est la nature de l'affection. Pour un état morbide quelconque des organes du bas-ventre, de l'estomac ou du foie, vous n'irez pas follement conseiller Vichy, de même que pour un état morbide quelconque de la peau vous n'enverrez pas vos malades à Uriage, à Baréges ou à Luchon. Si la dartre est arthritique, elle guérira à Vichy beaucoup mieux qu'à Baréges. La sciatique d'origine dartreuse augmentera sons l'influence des eaux alcalines de Bourbonne ou de Vichy; elle sera avantageusement modifiée par les eaux de Plombières ou par les eaux pyrénéennes.