PARTIE THÉRAPEUTIQUE
réclament le plus directement son emploi sont les affections osseuses.
Ce remède, aujourd'hui si vulgarisé en France, était employé depuis un temps immémorial par le peuple en Angl^terre et en Allemagne ; mais ce n*est que depuis soixante ans environ qu*il a fixé d'une manière toute particulière Tattention des médecins. Son utilité est incontestable dans le traitement du rachitis, de la scrofule cutanée profonde et des aiïections de la scrofule tertiaire.
Malheureusement, il est arrivé pour Thuiie de morue ce qui arrive pour tout agent thérapeutique qui donne de beaux résultats quand on ne l'emploie que dans les cas où il est indiqué, mais qui échoue dès qu'on le prodigue dans toutes les maladies indistinctement. On s'est engoué de Thuile de morue, et tous les sujets d'un tempérament lymphatique, quelles que fussent leurs maladies, ont dû être soumis i remploi de ce médicament : de là des insuccès, parce que l'huile de foie de morue n'est pas un remède universel. Aussi je serais assez disposé à croire que d'ici à quelques années cet excellent agent thérapeutique tombera dans un complet discrédit.
Il existe, dans le commerce, deux sortes d'huile de morue : Fhuile rouge ou brune, et l'huile blanche, Thuile anglaise ou Vhuile épurée ; malgré tout ce qui a été dit, je n'ai pas remarqué que l'une fût préférable à l'autre.
On est dans Thabitude de donner l'huile de morue a la dose de deux i quatre cuillerées à café pour les enfants, de deux à quatre cuillerées a soupe pour les adultes. Telle n'est pas notre manière de l'administrer. Nous débutons par deux cuillerées, et chaque jour nous en augmentons graduellement la dose jusqu'à 300 et ikOO grammes par jour. On nous a
objecté qu'à des doses si élevées Thuile nierait pas digérée, qu'elle était rendue en nature avec les matières excrémentitielles; nous nous sommes assuré nous-même, par Texamen des évacuations alvines, que cette objection n'a rien de fondé.
L'huile de morue est devenue d'un usage si général» qu'on a cherché, dans un but d'économie, à la remplacer par d^au* très produits équivalents, l'huile de raie, de chien de mer, le blanc de baleine, l'huile de pavot, le beurre, le lard, etc. Mais tous ces produits ne jouissent pas des propriétés de l'huile de morue : on a dû renoncer à leur emploi.
L'odeur et la saveur désagréables de l'huile de morue font que certains malades ont pour ce médicament une répugnance invincible; de là les nombreux moyens proposés pour en masquer le goût et Todeur.
On a proposé de la donner dans un looch; de la saponiOer par la soude, et de l'administrer en pilules-, de la réduire en gelée par la colle de poisson, de la donner en capsules ; de la faire prendre au moyen de la cuiller Gaillard, petit vase de porcelaine à double cavité, avec un bec double qui verse en même temps, dans la bouche, Thuile au centre et à la circonférence un liquide sucré, etc., elc. : tous ces moyens, quelque ingénieux qu'ils soient, ne remplissent qu'imparfaitement les vues de ceux qui les ont imaginés.
Aussi a-l-on cherché à remplacer l'huile de morue par des produits artificiels composés d'après une analyse plus ou moins exacte de ce médicament. L'huile iodée de Personne, le sirop de raifort iodé de Dorvault,sont sans doute d'excellentes préparations-, mais elles ne valent pas celle qu'un chimiste habile a mise, l'année dernière, à ma disposition, et que j'ai pu expérimenter sur une très jurande échelle : je veux