‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 6 sur 131 · ET LEUR CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

ET LEUR CLASSIFICATION

Depuis les travaux analytiques de Biett, la dermatologie était restée stationnaire. Quelques-uns des élèves de Bielt ont, il est vrai, cherché à localiser les affections de la peau dans tel ou tel élément constitutif du derme ; mais les effotts lentes dans cette voie peUvent-ils, en dehors du point do vue anatoinique^ être considérés comme un progrès ?

Ainsi, nous admettons volontiers avec M. Chausit que M- Cazenave a étudié, d'une manière toute spéciale, le siège du sycosis ; mais nous demandons qu'on nous dise à quoi ont servi les travaux de cet habile dermatographe. Ses recherches ont-elles l'ait avancer l'histoire de la teifrne tonsurante de la face? Est-on plus éclairé sur la nature et le traitement de la mentagre, quand on sait que le siège de la mentagre pustuleuse est dans l'extrémité du conduit pilifère que celui de la mentagre tuberculeuse est sur le bulbe pileux lui-même?

Quand noire collègue, M, Gibert, proclamait dernièrement dans ses leçons, que le sycosis est la troisième expression de rherpés, ce qui n'est vrai, pour le dire en passant, que du

Xiv CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES.

sycosis parasitaire, pense-t-on qu*une opinion si nouvelle et si étrainge dans la bouche du savant académicien, ait eu une autre raison d'être que les recherches de M. Cazenave sur la localisation de la mentagre?

Baron fils, de regrettable mémoire, avait aussi entrepris des recherches sur le siège anatomique des affections cutanées. Quelques-unes de ses assertions ne sont, à vrai dire, que des hypothèses purement gratuites ; mais d'aulres portent le cachet de la vérité, et pourtant celles-ci comme les autres sont restées stériles! Pourquoi? Parce que cet auteur, voué aussi à Torganicisme, n'a pas su voir, dans ces recherches, tout ce qu'elles peuvent donner pour édifier une classification méthodique et vraiment médicale des affections de la peau. L'organicisme a immobilisé la dermatologie et l'a rendue stérile.

Les nombreuses variétés de formes admises par les willa* nistes ont éloigné de son étude les jeunes médecins instruits qui ne comprenaient que trop bien le vide de ces divisions complètement inutiles pour la pratique.

Les élèves qui assistaient aux cours et aux cliniques de l'hôpital Saint-Louis , acquéraient des connaissances qui semblaient leur donner une sorte de supériorité sur les médecins étrangers à la spécialité ; mais ces connaissances étaient plus brillantes qu'utiles, cette supériorité plus apparente que réelle : de cette nombreuse multiplicité des formes, ils ne retenaient que la distinction des genres, tels que l'eczéma, le lichen, l'impétigo; — les espèces étaient admises comme simples variétés de forme et non comme les manifestations spéciales des unités pathologiques. Par leur nombre, elles surchargeaient la mémoire ; et comme K*ur connaissance n'avait aucun but (ruiililé clinique, les recon-

COKSIDÉRATIONS PRÉLIMIlfAlRBS. W

naître au lit du malade semblait plutôt une question de curiosité scientifique qu'une nécessité de la pratique.

On croit se tirer d'embarras en disant que le système du classificaleur anglais n*a pas pour but de diriger le médecin vers la thérapeutique, mais a pour but unique de lui rendre facile le diagnostic des nombreuses variétés d'aiïectioos, dont la peau peut être le siège. Connaître si une maladie de peau est contagieuse ou si elle ne Test pas, dire si elle est syphilitique ou non syphilitique, tel serait, selon les sectateurs de Willan, le seul problème important à ré^ soudre. Quant au traitement, ce n*est là qu'une question secondaire.

Je dis, moi, que le traitement est au contraire la question principale pour le clinicien qui ne cherche, dans le diagnostic, qu'une base sur laquelle il puisse établir sûrement les indications thérapeutiques. *

Assurément, au point de vue du diagnostic différentiel, TOUS devez rapprocher les affections qui ont des lésions élémentaires' communes; vous pouvez même indiquer les signes pronostiques et les indications thérapeutiques qui <téGouleflt immédiatement de la forme de Taffection, et qui, •ians une certaine mesure, modifient le pronostic et le traitement des maladies elles-mêmes ; mais là vous devez vous îiTèler, etsi, a l'exemple des willanisles, vous rapprochez 1^ affections qui ont les mômes lésions anatomiques primi* tives pour en tracer une histoire complète, vous sortez du imàine de la séméiotique pour entrer sur le terrain de la Dôsologie, et vous suivez une voie fausse qui vous conduit •iirecleraent à Terreur et à Tanarchie; car vous arrivez à considérer comme étant la traduction d'une seule et même maladie des affections qui, bien qu'ayant un caractère com-

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