‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 72 sur 131 · DIAGNOSTIC DES SCROFULIDES DES MUQUEUSES · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DES SCROFULIDES DES MUQUEUSES

litéde sécrétion morbide à sa surface. L*œil est le siège d'une rougeur, accompagnée de démangeaisons, qui se font sentir surtout aux bords libres et à la surface des paupières. II y a souvent, la nuit, une sécrétion qui rend les yeux chassieux, ou de petites croûtes à la base des cils.

2* Dans les scrofulides éruptives. — Les scrofulides érup* lires des nîembranes muqueuses sont en général d'un diagnostic plus obscur que celles de la peau ; assez souvent elles se dérobent à la vue, et l'attention du médecin n'est appelée sur elles que quand déjà elles ont fait de très grands ravages. Ce que je dis là s'applique particulièrement aux scrofulides malignes.

Gomme à la peau, la scrofulide bénigne peut être confondue avec l'éruptiou dartreuse ou arthritique, la scrofulide maligne avec l'éruption syphilitique.

Mais si, sur la peau, il est assez souvent difficile de préciser la vraie nature d'une affection éruptive, n'oubliez pas que les difficultés sont plus grandes encore sur les mem* branes muqueuses, où les éruptions marchent plus vile, parcourent plus promptement toutes les phases de leur évolution, et subissent si facilement de nombreuses modifications sous l'influence des agents thérapeutiques mis en usage. Je puis, toutefois, vous indiquer quelques signes qui vous seront d'un grand secours pour arriver à la solution du problème.

L^éruption constitutionnelle primitivement pustuleuse ap* partient, presque toujours, à la diathèse scrofuleusc. L'éruption essentiellement vésiculeuse, claire, transparente, dépend de Varthritis ou de la dartre. La granulation, qu'il ne faut pas confondre avec la papule, est scrofuleuse, tandis que cette dernière est dartreuse ou arthritique. La granulation est d'un

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rouge foncé, arrondie, hémisphérique, variable poar le volume, depuis un grain de mil jusqu'à un grain de chènevis. La papule est conique el ne semble être autre chose qu une hypertrophie de la papille.

Les éruptions de nature scrofuleuse, celles de nature syphilitique surtout, ne sont accompagnée» d*aucune douleur, d'aucunes démangeaisons; les éruptions dartreusesou arthritiques se caractérisent par un prurit plus ou moins vif, par des douleurs piquantes et semblables à des coups d'aiguille.

Les éruptions scrofuleuses coexistent avec des éruptions analogues sur la peau, souvent dans le voisinage des muqueuses affectées; les éruptions dartreuses et arthritiques alternent souvent avec de pareilles affections de la peau, ou bien avec des affections d'autres systèmes, mais de même origine.

Entin, il ne faut jamais négliger les commémoratifs : l'âge du malade, ses antécédents... Toutes ces notions sont de la plus haute importance dans le diagnostic.

Jetons un coup d'œil rapide sur les éruptions bénignes de chaque muqueuse en particulier.

Sur la pituitaire, nous rencontrons fort souvent l'impétigo scrofuleux, qui ne saurait être confondu qu'avec l'impétigo parasitaire ou le sycosis arthritique. J'ai déjà indiqué les caractères dislinctifs sur lesquels je ne reviendrai pas.

Sur la conjonctive, les éruptions lymphatiques ou pustuleuses de la scrofule peuvent être prises pour celles de la dartre ou de Tarthritis; mais les premières sont des pusiules, les secondes des vésicules. 11 est vrai que les vésicules aphtheuses de l'arthritis, que nous avons vues se montrer simultanément sur la muqueuse bucco-pharyngienne, sur le

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nez, sur la conjonctive, ressemblent parfois, à s y mépendre, i des pustules ; mais, dans ce cas, il faut interroger les antécédents du malade, les afTections concomitantes et la nature des douleurs qui accompagnent les éruptions. On sait qu'elles sont prurigineuses ou pongitives dans la dartre et Tarthritis.

Les granulations de la blépharite scrofuleuse peuvent être confondues avec les papules ou les vésicules de la dartre; j*ai dit déjà comment on peut les en distinguer. Ces dernières, d'ailleurs, sont accompagnées d'un prurit qui manque dans la blépharite scrofuleuse , et coexistent ou alternent avec des éruptions darlreuses de la peau.

Dans le conduit auditif, vous trouvez, avec les éruptions eczémateuses ou impétigineuses propres à la scrofule, des éruptions squameuses, pityriasiques ou psoriasiques , des éruptions papuleuses ou vésiculeuses propres aux autres maladies constitutionnelles.T ous ces produits éruptifs sont ici les mêmes qu'à la peau, et je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit ailleurs du diagnostic des scrofulides cutanées bénignes.

Sur les lèvres et sur la muqueuse bucco-pharyngienne, rien de plus facile, en général, que de préciser la nature des éruptions bénignes. Comme accident de la scrofule, je ne connais, sur ces régions, que Timpétigo et Teczéma impétigineux, qui, des joues et du menton, se propagent sur les lèvres et sur les commissures labiales, y forment des croûtes épaisses, jaunâtres, saillantes, détachées de la muqueuse ou de la peau. La dartre et l'arthritis s'y traduisent par des éruptions bien moins épaisses, moins purulentes, squameuses, papuleuses ou vésiculeuses, toujours accompagnées de vives démangeaisons ; elles pénètrent plus avant sur la muqueuse

buccale, se répandent sur la langue, sur les gencives, où

elles se font reconnaître par le sentiment de cuisson, de

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brûlure ou de prurit qu'elles y déterminent, par des névralgies dentaires, par une rougeur ponctuée, Térection des papilles, qui sont rouges , transparentes et comme vésiculeuses au sommet. Les aphthes sont un produit de la dartre ou de Tarthritis, et ne se montrent jamais sous la seule influence de la dialhèse scrofuleuse. Il en est de même des grosses vésicules de l'hydroa et des bulles de pemphigus, qui se présentent sous l'aspect de taches ulcérées, blanchâtres, rouges à la circonférence, où l'on peut apercevoir Tépithélium soulevé et déchire. Ces vésicules et ces bulles sont de l'arlhritis et non de la scrofule.

Sur les parties sexuelles, on peut rencontrer, comme ailleurs, les éruptions de la scrofule bénigne : c'est surtout dans les cas d'eczéma impétigineux généralisé que réruplion peut se propager sur les organes de la génération ; mais vous saurez parfaitement distinguer ces éruptions de celles qui ont pour principe les autres maladies constitutionnelles. L'eczéma dartreux cause beaucoup de prurit; le produit de l'exhalation morbide est clairet transparent; il y a des squames et non des croûtes... J'ai tant de fois déjà insisté sur ces caractères différentiels, que je crois parfaitement inutile d'y revenir encore. L'herpès et le prurigo s'observent fréquemment sur les organes de cette région ; mais ce sont là des affections dartreuses ou arthritiques, et non des affec* tions scrofuleuses.

Vous savez combien est fréquent V herpès prcËputialis, vous savez, aussi, qu'on le confond assez souvent avec des chancres. C'est une erreur grave, que ne doivent jamais commettre les médecins qui ont fait une étude approfondie des affections de la peau. Mais quelques médecins instruite, sans confondre l'herpès avec les chancres,

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sembleraient disposés à admettre un rapport, une relation de cause à effet, entre la syphilis conslitutionnelle et Therpès périodique du prépuce et du gland. Une telle manière de voir est-elle basée sur une interprétation exacte et ûdèle des faits? Je ne le pense pas. Voici quel est mon sentiment :

Le fait vrai, c'est la reproduction périodique de Therpès préputial sur les sujets qui ont eu des chancres sur la verge ; mais on ne saurait inférer de là que Therpès soit, dans ce cas, un accident vénérien. En effet, il ne présente aucun des caractères spécifiques des affections syphilitiques ^ il disparait seul, et sa ressemblance est complète avec l'herpès des autres régions du corps. Maintenant, voici Texplication que nous donnons de ce fait. L'herpès préputial est, commç le zona, une manifestation aiguë de la dartre ou de l'arlhritis, et, s'il se présente plus souvent à la verge chez les sujets qui ont eu des chancres, c'est que la dartre apparaît plus facilement sur une partie de la peau qui a été, pendant un temps plus ou moins long, le siège d'une inflammation chronique. Sur ce point, la peau est plus impressionnable, et le contact d'un agent irritant, celui, par exemple, de la matière leucorrhéique pendant les rapprochements sexuels, ou même la seule influence de la cause morbifique interne, suffisent pour y déterminer l'apparitioD de l'éruption herpétique.

Je passe à la scrofulide maligne des membranes muqueuses, et c'est par là que je terminerai ce que j'ai à dire du diagnostic.

Lorsque la scrofulide maligne des muqueuses n'est que l'extension de celle de la peau qui Tavoisine, il ne peut y aToir aucune incertitude. Ainsi, quand bien même, sur les lèvres, l'éruption croùteuse, fendillée, ne vous semblerait pas de prime abord appartenir au genre lupus, si Taffection a

soi DE LA SCROFULE TÉGUHENTAIRE.

commencé par la peau des lèvres, el ne s'est étendue que consécutivement à la muqueuse, vous pouvez être sûrs que vous avez affaire, sur les deu\ téguments, à deux affections de môme nature, appartenant toutes deux à la scrofule tégumentaire profonde.

Quand la scrofulide maligne débute par la pituitaire, par la cloison du nez ou par rarriëre-bouche, le voile du palais, la voûte palatine, a quels caractères la distinguerez-vous de la syphilide ulcéreuse des mêmes régions ? Il va sans dire que nous écartons tous les renseignements qui pourraient être fournis par les affections concomitantes et les antécédents; nous demandons, en ce moment, uniquement à Tensemble des caractères propres aux affections, de nous fiier sur le diagnostic différentiel.

Je vous le déclare en toute sincérité : dans ces cas, le diagnostic est quelquefois tellement obscur, qu'il faut rester dans le doute, et ne pas craindre d'essayer, comme pierre de touche, les remèdes antisyphilitiques, notamment le sirop de biiodure de mercure.

Rappelez-vous cependant que la syphilide ulcéreuse a plus de tendance à débuter par la muqueuse, pour s'étendre con« sécutivement à la peau, tandis que la scrofulide ulcéreuse débute plus souvent par la peau, el ne s'étend que consécutivement à la muqueuse. La forme, la disposition des parties ulcérées, l'odeur des produits qui en découlent sont autant de signes qu'il est important de connaître. Dans la scrofulide maligne, vous trouverez généralement une plus grande quantité d^éléments primitifs sur les bords de l'ulcère que dans la syphilide ulcéreuse, plus.de granulations et de fongositésâ la surface des parties ulcérées.

Sur l'œil, les pustules profondes de la cornée ont toujours

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