TRAITEMENT DES SCROPULIDES DES MUQUEUSES
terai que ce moyen est dinicilement supporté par certains malades.
Les aslringenfs les plus usités , ie plus communément employés dans le traitement des catarrhes scrofuleux, sont Talun, le borax, les sulfates de cuivre et de zinc, le rata^ nhia, etc.
Vous savez qu'ils s'emploient en injections dans Totorrbée, le coryza, les catarrhes de Turèthre et du vagin ^ en gargarismes dans l'angine catarrhale ; en lotions dans le catarrhe oculaire. Parmi ces astringents, nous choisissons de préférence, pour la conjonctive, le borax, les sulfates de zinc et de cuivre, que nous employons, en général, à très faible dose. Je me trouve généralement mieux d'un collyre avec !5 milligrammes seulement de sulfate de cuivre pour 200 grammes d'eau distillée, que d'un solutum contenant, pour la même quantité de véhicule, 25 centigrammes de sulfate de cuivre.
Pour l'arrière- bouche, je me sers de l'alun ou du borax, à la dose de 1 à 2 ou 3 grammes, dans 500 grammes d'eau. Le ratanbia, l'alun, l'alcoolé de tannin, sont plus particulièrement employés dans les cas de catarrhe utéro-vaginal.
Les caustiques, et, sous cette dénomination, je vous demande la permission de comprendre tous les modificateurs autres que les astringents, sont : Tiode, si vanté par Lugol contre toutes les affections scrofuleuses, et, en particulier, contre les catarrhes de même nature; le nitrate d'argent, le perchlorure de fer, etc. Leur action est tout aussi incertaine que celle des astringents.
La compression m'a quelquefois réussi. Elle se fait, ou par l'occlusion des cavités que tapisse la muqueuse affectée, ou par une application directe de l'agent compressif. Dans
SOO DE LA bCROFLLl*: TÉGUHENTAIKE.
le premier cas, en même temps qu'il y a compression par ruccumulûtion du produit de sécrétion morbide, il y a encore soustraction de Tair sur la muqueuse. J^ai employé, avec des résultats divers, ces deux méthodes : la première, dans le traitement du catarrhe oculaire ; la seconde, dans le traitement du catarrhe utero- vaginal, par le tamponnement du vagin.
2* Scrofulides éruptives bétiignes. — Outre les caustiques et les astringents qui sont employés dans la cure des scrcH fulides calarrhales; on a souvent encore recours, dans le traitement des scrofulides éruptives, aux poudres et aux pommades. Ainsi, dans Vimpétigo des ouvertures nasales, j'emploie assez fréquemment la pommade au précipité rouge, dans la proportion de 5 centigrammes pour 10 grammes d'axonge.
Il n'est personne de vous qui ne sache que l'oxyde rouge de mercure est le principe actif des pommades du Rigerd, de Desaiiltf etc., si vantées dans le traitement de la blépharite chronique, qui n'est, en général, qu'une scrofulide éruptive.
Certaines huiles, comme l'huile de lis, ont été quelquefois employées avec grand avantage, comme topiques, dans le traitement des scrofulides éruptives, notamment celles des yeux et des oreilles.
Les poudres que Ton met le plus souvent en usage en pareil cas sont résolutives, astringentes, et, le plus souveot, elles ne servent que comme absorbantes ou pour séparer les deux feuillets accolés de la muqueuse, dans le but de préserver les surfaces malades du contact plus ou moins irritant des produits excrétés. C'est ainsi que nous employons tour à
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tour, dans le traitement des balanites granuleuses, des granulations du col utérin, les poudres de riz, d*amidon, de saog-dragon, de ratanhia, d'oxyde de bismuth, etc.
On triomphe, en général, assez facilement des scrofulides éruptiveSy quel que soit leur siège, 'par des cautérisations plus ou moins rapprochées, faites avec un solutum de nitrate d'argent ou d*iode, qui doit être plus ou moins concentré, suivant le siège de Téruption, selon Tintensité des phénomènes inflammatoires qui l'accompagnent. Sur l'œil, en collyre, vous pourrez, par exemple, vous servir d'un solutum qui ne contiendra pas plus de 5 à 25 centigrammes de nitrate d'argent pour 30 grammes d'eau distillée, tandis que, sur le col utérin, vous ne craindrez pas d'employer le même solutum à l'état de saturation, partie égale de nitrate et d'eau distillée.
Si l'afTection est rebelle et siège sur une région velue, à rentrée des narines ou sur les paupières, je conseille, en pareil cas, l'épilation répétée, qui favorise singulièrement la guérison du mal.
S» Scrofulides malignes. — Lorsque les scrofulides malignes des muqueuses coexistent avec les scrofulides malignes delà peau, dont elles ne sont, en général, que l'extension, le même traitement est applicable aux unes et aux autres. C'est ainsi que, dans notre service, les sujets atteints de lupus de la Tace, et qui portent en même temps des affections malignes de la pituitaire ou de la cornée, sont exclusivement soumis au traitement de la scrofule secondaire ; ils prennent Thuile de morue, à doses graduellement croissantes, parce que c'est encore là le remède par excellence des scrofulides malignes. Toutefois, il m'arrive souvent d'en suspendre mo-
SOS DB La SCtIOFULE LYMPHATIQUE ET CBLLULAIRE.
mentanément l'emploi, pour diriger contre rinflammalioD de la muqueuse, une médicalion antiphlogisliqueet révulsive des plus énergiques.
D'un autre côté, les modificateurs locaux ne sont pas oubliés ; ce sont les caustiques que nous employons de préférence, et nous choisissons ceux dont l'action est limitée, pour que Tinflammation qui se montre après leur application ne se répande pas sur la muqueuse au delà des limites du mal et dans les tissus sous-jacents. L'iode, le nitrate d'argent, le nitrate acide de mercure, et même Tacide chromique, remplissent parfaitement le but que nous désirons obtenir.
Dans le traitement des accidents graves de la scrofule téguroentaire interne, il ne faut pas négliger les bains composés, les bains sulfureux, par exemple, soit qu'on les donne comme modificateurs de la constitution , soit pour produire une dérivation sur une vaste étendue de la peau saine.