‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 82 sur 131 · PRONOSTIC DES ÉCROUELLES. 3S · texte numérisé non relu

PRONOSTIC DES ÉCROUELLES. 3S

quelle laisse après elle, accidents toujours plus fâcheux et plus regrettables pour les personnes du sexe.

Vous savez la bonté qui s'attache à ces stigmates des écrooelles et des abcès scrofuleux, que l'on connaît dans le monde sous le nom ii humeurs froides. La répugnance que cette maladie inspire est telle, que souvent elle devient un obstacle aux projets d'union matrimoniale. Aussi vous arrivera-t-il souvent, dans le cours de votre pratique, d'être ooDsaltés sur l'état de santé de tel ou tel de vos jeunes clients ou clientes qui seront soupçonnés d'être plus ou moins entachés de la maladie scrofuleuse. Ainsi, les écrouelles ne sont pas seulement des affections sérieuses par elles-mêmes ou par les accidents qui peuvent les suivre, elles ont encore des inconvénients qui leur sont propres, en ce qu'elles sont plus connues des gens du monde, qui se font de cette maladie une idée trop sombre et d'ailleurs assez fausse, puisqu'ils la croient contagieuse et qu'elle ne l'est à aucun degré*

Le pronostic des écrouelles varie d'ailleurs beaucoup, suivantle siège, le nombre et la disposition des tumeurs écrouel* leuses, l'âge de raffection, la période à laquelle elle est arri^ vée, la variété d'écrouelle ou la structure anatomique de ces tumeurs, les causes qui ont présidé à leur développement et les moyens thérapeutiques mis en usage.

Les écrouelles internes, ai-je besoin de vous le dire^ sont plus graves que les écrouelles externes. Sur les parties découvertes, les écrouelles annoncent peut-être un danger moins sérieux, mais, d'un autre côté, elles ont plus d'inconvénients, parce qu'il est souvent assez difficile de les soustraire aux regards du public, et que l'on redoute davantage les cicatrices qu'elles peuvent laisser à leur suite. Enfin, les auteurs regardent comme plus dangereuses les écrouelles qui ont

leur siège sur le trajet de gros vaisseaux ou de nerfs im|)ortants, à cause de la compression qui peut en résulter ] déjà je vous ai fait connaître mon opinion sur ce point, je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit précédemment.

Le nombre des écrouelles a de Timportance quant au pro* nostic. Si un sujet vous est présenté avec deux ou trois glandes au cou, vous pourrez rassurer votre malade ou les parents qui l'accompagnent sur sa santé future; si, au contraire» vous lui trouvez des glandes engorgées sur diverses régions, non-seulement au cou, mais encore sous tes aisselles, aux aines, etc., votre jugement sera beaucoup plus réservé.

Le volume et le poids des écrouelles, la durée plus ou moins grande de ces tumeurs, ont une influence manifeste sur le pronostic; inutile dlnsistersur ce point.

Plus les tumeurs écrouelleuses sont anciennes, plus elles disparaissent difficilement, et plus le pronostic en est grave.

Les écrouelles suppurées sont, toutes choses égales d'ailleurs, plus fâcheuses que celles qui sont encore à Tétat de crudité, parce qu'elles laissent nécessairement à leur suite des cicatrices que l'on doit toujours chercher à éviter. Toutes les écrouelles ne sont pas également graves. Toutes choses égales d'ailleurs, je préfère Técrouelle ganglionnaire à l'écrouelle cellulaire. Cette dernière annonce toujours une diathèse plus active, mieux établie, si je puis m^exprimet ainsi, que l'écrouelle ganglionnaire, et puis on observe constamment après elle des cicatrices souvent très difformes. D'un autre côté, on peut dire, à l'avantage des écrouelles cellulaires, qu'elles ont généralement une durée moins longue que les écrouelles ganglionnaires.

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