DIAGNOSTIC DES ÉCROUELLES. S
Les gommes et les abcès scrofuleux se montrent isolés ou réunis par groupes ; tous deux se terminent par suppuration, perforation de la peau qui les recouvre, i la suite de laquelle la poche ou le kyste se vident par l'évacuation d*un pus sanieux ; dans les deux cas, l'ouverture s'agrandit et se transforme en ulcère.
Voilà pour les caractères communs , mais les différences sont bien plus nombreuses et bien plus frappantes.
La période d'induration préliminaire est bien plus longue dans les tumeurs gommeuses, dont la forme est plus distincte que celle des abcès froids. On les sent sous 4a peau, à la face profonde de laquelle elles semblent adhérer par un pédicule. Leur grosseur varie depuis un pois, un grain de chènevis, jusqu'à celle d'une olive ou même d'une petite noix ; leur consistance est plus dure que celle de la tumeur scrofuleuse. La suppuration ne se fait pas presque simultanément, comme dans cette dernière, dans toute l'étendue de la tumeur ; elle commence par le centre, où l'on sent de la fluctuation, tandis que la base est encore indurée. C'est une espèce de coque arrondie; la peau n est pas soulevée en cône, comme dans Tabcès scrofuleux. Quand l'ouverture est sur le point de se iaire, la peau devient violacée au centre de la tumeur; sur un ou plusieurs points, elle parait comme gangrenée; après Touverture, on la sent dure encore à la circonférence. Quand Tabcès scrofuleux est ouvert, on trouve la peau amincie, complètement décollée sur toute retendue de la poche.
Après l'ouverture et l'évacuation du pus, qui a lieu quelquefois, aussi bien dans un cas que dans l'autre, par un assemblage de petits orifices disposés en arrosoir, la base de la lumeur se couvre d'un cercle érythémateux, rosé ou violacé dans la scrofule, d'un rouge sombre ou cuivré dans la syphilis.
Le pus n*esl pas le même dans les deux cas : il est semblable à du peliUlait, plus ou moins trouble, jaunâtre mi roussàtre, avec des fragments caséeux ou fibriueux, d*une odeur fade, dans la scrofule ; sanieux, plus ou moins fétide, pareil à la colle ou i une solution de gomme, dans la syphilis.
Enfin, Tulcère tertiaire de la syphilis diffère de ruicère scrofuleux ; j'en ai déjà indiqué les caractères distinctifs, je n'y reviendrai pas. Il me suffira de dire qu*ici, comme pour l'abcès scrofuleux, on a, ou bien une ouverture étroite, fisluleuse, ou une large ouverture arrondie, au fond de laquelle, au lieu de voir le tubercule granuleux, on trouve une couche puitacée, blanchâtre, analogue au bourbillon du furoncle.
Ajoutez encore, comme dernier caractère différentiel, la marche différente des gommes et des abcès scrofuleux sous l'influence des moyens thérapeutiques appropriés. Vous savez parfaitement que les premières arrivent bien plus vite à parfaite cicatrisation.
Pronostic. — L'écrouelle n'a pas par elle-même, en général, une très grande gravité; si elle a de la gravité, cVst plutôt par sa valeur sémiotique. Cependant, quand les écrouelles sont très multipliées et qu'elles viennent à suppurer, elles jettent le malade dans une faiblesse très grande, entraînent une détérioration générale, bientôt suivie de la mort.
D'autres fois, elles sont encore cause de mort par la compression qu'elles exercent sur des organes essentiels à la vie.
Mais, le plus souvent, ce n'est pas parce qu'elle compromet l'existence que l'écrouelle est fâcheuse, c'est par la difforinii<* qu'elle occasionne, par les cicatrices plus ou moiiis hideusi'v