‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 9 sur 131 · XXVJ CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

XXVJ CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

les autres dans la nosographie (Aliberl); la plupart dans la lésion cutanée elle-même (Plenck, -Willan); quelques-uns tout à la fois dans la lésion et dans la nosographie ; d^auires dans la marche des affections, etc.

Plenck a admis quatorze ordres de lésions cutanées ; Wilian n'en a admis que huit : à quoi peut tenir cette différence, puisque l'un et l'autre sont partis du même principe de classification?

C'est que plusieurs ordres de Plenck n'en font qu'un pour Willan, qui s'est attaché a prendre la lésion dans sa période d'état ou du plus grand développement, et qui a fait disparaître les croûtes, les ulcères qui constituaient autant d'ordres distincts dans la classification de Plenck. Willan a regardé la croûte et l'ulcération comme des états secondaires^ des évolutions différentes de la même affection qui ne devaient pas constituer des ordres à part.

La pustule variolique est, au début, une tache eianthéinateuse, puis une papule, une papulo-vésiculc, une pustule ombiliquée, et enfin une croûte, par suite de la dessiccation de l'humeur purulente qu'elle renferme. Les états papuleux et croûteux n'appartiennent pas essentiellement à la lésion^ qui est pustuleuse.

Willan a admis huit ordres de lésions cutanées élémentaires :

1* Exanthèmes ; 2° vésicules ; i"* bulles ; A* papules ; â"" pustules; 6* squames; 7° macules; 8' tubercules.

Cette classification des lésions cutanées a été adoptée p9LV Bateman, importée en France par Biett, et acceptée presque sans modifications par ses élèves MM. Cazenave et Gibert. Je veux bien Taccepter aussi comme une classification des lésions cutanées, non sans doute comme une classification de maladies. Mais comprend-elle bien au moins toutes les

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lésions anatomiques élémenlaires de la peau ? Examinons :

i" V hypertrophie eryptetise^ la glande sébacée hyperlro^ phiée, distendue par la matière sébacée, n'a pas de place dans cette classification. Evidemment ce n'est ni une pustule ni un tubercule. Exemple : les ho\i\.oi\%AtY acné varioli forme*

2^ Les tumeurs de la peau grosses comme des tomatt'S, décrites sous le nom de pian, de mycosis fangoldes, et dont nous avons eu dernièrement un si remarquable exemple à la salle Sainte-Foy, ne s'y trouvent pas comprises. Ce ne sont pas des tubercules. Il est dit que la grosseur des tubercules ne dépasse jamais le volume d'un gros pois.

V Le furoncle ne s'y trouve pas non plus; il fait partie de la peau : c'est une inflammation de l'aréole dermique. M. Rayer l'a ajouté aux ordres de Willan dans sa classification.

4' Enfin le godet favique. N'est-ce pas encore une lésion anatomique de la peau ? Quoi qu'on en dise, et dût-on pendant vingt ans encore le répéter sur tous les tons, on ne parviendra jamais à prouver que le champignon sous-épidermique n'est autre chose que du pus ou un produit altéré de sécrétion glandulaire. Si encore il se trouvai ta la surface de l'épiderme sans entraîner par sa présence un changement matériel dans l'orpnisation de la peau, on pourrait le prendre pour une croûte, un produit d'exhalation, une matière concrétée à la surface de la peau ; mais il n'en est rien : ce champignon se développe toujours entre deux lames épidermiques, et audessous de lui la peau est rouge, injectée, congestionnée; plus tard elle s'amincit, se déprime, et peut même se perforer. C'est donc une lésion parfaitement caractérisée.

Vous le voyez, comme classification de lésions, la classification de Willan est imparfaite, insuffisante, incomplète dans l'état actuel de la science.

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Quelques mots sur la classification rivale, celle d*Alibert, tant prônée par ses élèves et regardée par les uns comme supérieure» par les autres comme inrérieure à celle de Wilian.

Nous sommes toujours dans les lésions anatomiques de ia peau, remarquez-le bien.

Le moindre coup d'œil jeté sur la classification d'Alibert suffit pour convaincre les plus incrédules qu'elle ne peut contenir le parallèle avec celle de Wilian : dans toutes les dermatoses, des lésions anatomiques variées, essentiellement différentes ; exemple : dermatoses exanthémaleuses où a côté de la pustule variolique se trouvent les taches de la rougeole et delà scarlatine.

Wilian et Alibert ont tous deux cherché à classer un certain nombre de maladies dans lesquelles existent des lésions plus ou moins profondes deTappareil tégumentaire; mais Wilian est parti de la lésion pour établir ses ordres, il est allé du symptôme à la nosographie ; Alibert est parti de la maladie, de la nosographie pour établir ses dermatoses. Il s'ensuit que le premier a rapproché des maladies très étonnées de se trouver Tune à côté de Tautre, la gale et la varicelle, la variole et l'ecthyma, toutes maladies ou affections qui n*ont de commun qu'un seul caractère analomique ; et que le second a rapproché des maladies qui offrent des lésions cutanées essentiellement différentes, ce qui fait un singulier contraste avec la dénomination dermatoses que ce spirituel auteur a cru devoir leur imposer.

Alibert s'est donné comme le Jussieu de la dermatologie; il n*a eu rien moins que la prétention d'avoir appliqué une méthode naturelle à la classification des maladies de la peau... à la classification d'un certain nombre de maladies, peut-éire; mais de maladies de la peau, assurément non.

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