‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 95 sur 131 · ARTICLE PREMIER. — DE L'ENGORGEMENT SGROFULEUX DES MAMELLES · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER. — DE L'ENGORGEMENT SGROFULEUX DES MAMELLES

Les éruptions eczémateuses ne sont pas rares à la surface des mamelles ; ce serait une erreur de croire qu'elles sont toujours, comme on Ta dit. ou l'effet de la psore ou un signe d'unétat puerpéral, car bien souvent Teczéma des seins n'est qu'âne traduction delà diathèse scrofuleuse ou de la diathèse arthritique.

Mais l'eczéma des mamelles, compliqué ou non d'abcès sous*cutanés, d'engorgements ganglionnaires superficiels, de bubons des aisselles, ne représente que la première période de la scrofule, tandis que les engorgements tuberculeux ou fibro-plastiqueSy les kystes et les tumeurs mixtes des mamelles sont des produits morbides qui doivent être rattachés à la quatrième période de la scrofule.

On trouve aussi parfois, chez les jeunes scrofuleuses affectées d'écrouelles cervicales, des glandes engorgées sur les mamelles ; ce sont là des accidents de transition qu'il ne faut pas confondre avec la scrofule mammaire proprement dite.

Sjnaptémes. — Les tumeurs scrofuleuses des mamelles ont un volume très variable, depuis celui d'un œuf de pigeon

hiO DE LA SCROFULE PARENCHTMATCDSE.

jusqu'à celui d'une tète de fœtus ; elles sont le plus souvent indolores, et ce signe les distingue des tumeurs cancéreuses proprement dites. Leur surface est plus ou moins bosselée et de consistance inégale. Des suppurations partielles peuvent s'y établir, se rapprocher de la peau, l'amincir et la perforer; il se forme à la surface de la tumeur des ulcères par lesquels s^échappe un pus mal lié, mêlé de flocons tuberculeux.

La scrofule mammaire existe seule ou coexiste avec d'autres accidents de la scrofule; sa marche est lente, sa durée indéterminée. Dans la plupart des cas, l'affection est prise pour du cancer, ce qui explique pourquoi certaines amputations du sein ne sont pas suivies de récidive, l'affection scrofuleuse n'étant pas sujette à récidiver comme l'affection cancéreuse.

Caractères de la lésion. — La scrofule mammaire est anatomiquement caractérisée par l'infiltration ou le dépôt en masses de tubercules dans le parenchyme de la glande ; les conduits galactophores sont remplis de matière tuberculeuse et distendus par elle. Dans les tumeurs mixtes on trouve différents produits homœomorphes ou hétéromorphes : de la graisse, du tissu fibreux, du tissu fibro-plastique et même des produits manifestement carcinomateux.

Causes. — C'est entre vingt-cinq et trente-cinq ans que l'on observe plus particulièrement la scrofule mammaire. Avant cette époque, la scrofule de la mamelle est rare, et, après quarante ans, on ne voit guère se fixer sur les seins que les manifestations de la diathèse cancéreuse.

L'eczéma du sein, les abcès de la mamelle, les coups, les chutes et généralement toutes les causes d'excitation locale favorisent le développement de cette affection.

Sémletiqioe. — *ic. — L'écrouelle du sein

ENGORGSMISNT SCROFCLBUX DES MAMELLES. Ail

est d'un diagnostic extrêmement facile. Il n'en est pas de même de la tumeur scrofuleuse des mamelles. Celle-ci est sûQTent confondue avec le cancer.

On évitera Terreur, dans le plus grand nombre des cas, si Ton fait attention que le cancer se montre en général dans uo âge plus avancé, qu'il s'accompagne assez souvent d'une sorte d'atrophie de la glande, de dépression et d'enfoncé* ment du mamelon qui parait comme rentré , de douleurs lancinantes, de l'induration squirrheuse des ganglions de l'aisselle, de la teinte jaune paille, etc. ; tandis que la tumeur scrofuleuse est toujours hypertrophique, indolente, n'offre ni la dureté du squirrhe ni la mollesse élastique de l'encéphalolde, survient plus tôt et s'accompagne souvent d^autres manifestations de la scrofule.

2" Pronostic. — Toujours sérieux , non pas tant à cause de l'affection locale que par la crainte de voir survenir des poussées tuberculeuses sur les viscères de la poitrine et du bas-ventre. Dans la scrofule du sein, l'organe est toujours plus ou moins compromis, et quelquefois la lésion est de nature si maligne, que l'on se voit obligé de faire le sacrifice de l'organe en conseillant l'amputation.

Traitement. — J'ai employé avec un avantage très marqué contre les tumeurs scrofuleuses du sein, la ciguë à doses graduellement croissantes. Je donne, pour commencer, un gramme d'alcoolature matin et soir, dans une tasse de houblon, et de cinq en cinq jours j'augmente d'un gramme par jour la dose quotidienne du médicament, jusqu'à concurrence de 15 i 20 grammes par jour. Les préparations iodurées, le sirop d'iodure de fer, Thuile de morue, sont d'excellents adjuvants de la ciguô.

Il ne faut pas n^ ' n des remèdes externes, qui

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