PARTIE NOSOGRAPHIQUE
la peau prend une teinte plombée ou feuille morte, cette coloration ne se rattache en général qu'à une modification physique toute locale du tégument, à une sorte de flétrissure de la peau dont la vie s'éteint graduellement comme celle de tous les autres systèmes organiques.
Dans la dartre, si les colorations du tégument externe peuvent affecter des variétés infinies, cela tient uniquement à la présence des produits excrétés dont la couleur offre des nuances si multipliées.
Après la température, le volume et la couleur du corps, j'ai encore quelques mots à vous dire de l'état des forces dans la première époque des maladies constitutionnelles.
Il arrive un moment où les forces subissent une dépression sensible dans toutes les maladies constitutionnelles indistinctement. Mais au début, la scrofule est la seule de ces maladies où cette altération des forces soit presque constante. Je l'ai dit déjà plusieurs fois : dès le début de sa maladie, le scrofuleux est apathique et ne demande que le repos. Interrogez la mère, interrogez toutes les personnes préposées au service des scrofuleux... tout le monde vous dira que la paresse est en quelque sorte l'un des plus remarquables attributs de la scrofule, que les scrofuleux ont horreur du travail.
C'est cette atteinte portée aux forces de la vie, et à la force musculaire en particulier, qui se traduit chez le scrofuleux, par un faciès spécial ; à la pâleur des traits se joint l'abattement du regard, un air d'apathie où l'on découvre cependant une expression particulière de souffrance.
Le faciès des scrofuleux n'est pas celui des chloroliques, bien qu'il s'en rapproche souvent et par la pâleur des traits et par la tristesse du regard ; mais il y a quelque chose de plus mélancolique dans l'œil des chlorotiques, et la teinte de
la peau est une décoloration plus prononcée, une pâleur plus morbide que celle des scrofuleux.
Je laisse l'habitude extérieure du corps, pour fixer un instant votre attention sur l'état des principales fondions de l'économie pendant le cours des maladies constitutionnelles.
Insensibilité générale présente cela de remarquable dans la scrofule qu'elle est ordinairement émoussée. Certainement on ne peut pas dire que les affections scrofuleusès sont indolores, mais on peut justement s'étonner de voir toutes ces affections si graves, qui désorganisent si profondément les tissus, être accompagnées de si peu de douleur. Si vous m'objectiez que la tumeur blanche est parfois très douloureuse, je vous répondrais que, dans cette affection, la douleur est en général le produit d'une complication inflammatoire et suppurative, mais que pour cela l'affection n'en est pas moins subordonnée au génie de la maladie.
Les névropathies jorâraftues, qui sont si communes dans le rhumatisme et la goutte, dans la dartre, sont plus rares dans la scrofule.
Chez les scrofuleux, et plus encore chez les scrofuleusès, on observe assez souvent des dyspepsies, des symptômes d'hystérie et d'autres névroses ; mais je crois, ainsi que je vous l'ai déjà dit, que ces accidents ne se rattachent pas essentiellement à la scrofule ; qu'ils n'en sont que des complications.
A moins d'une lésion organique ou d'une affection inflammatoire de l'appareil sensorial, la sensibilité spéciale n'est pas notablement troublée dans la scrofule.
C'est vainement que j'ai cherché à découvrir sur mes scrofuleux albuminuriques, quelques signes de l'amaurosc signalée par M. Landouzy clans la néphrite albumineusc: jusqu'à