‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofuleChapitre 21 sur 153 · PARTIE NOSOGIUPHIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE NOSOGIUPHIQUE

peau, chez les scrofuleux : elle contribue pour sa part à la beauté scrofuleuse. Mais ce caractère est loin d'être constant, et le plus communément quand il existe, il n'est point un signe de la scrofule confirmée, mais seulement un signe de la constitution scrofuleuse.

En général, le teint propre des scrofuleux est un teint pâle, anémique, et cette décoloration tégumentaire, cette pâleur des traits, jointe à une sorte de tuméfaction, de bouffissure, de mauvaise graisse (passez-moi cette expression) se conservent en se prononçant chaque jour davantage jusque dans la cachexie scrofuleuse la plus avancée. Toutefois le genre de lésions imprime au teint quelques modifications particulières.

Dans les derniers temps de la scrofule pectorale, le faciès des malades se rapproche quelque peu de celui des phthisiques à la dernière période. Les pommettes se colorent légèrement, par intervalles, puis se couvrent d'une faible sueur. Après les crises, la peau de la face se ternit et reprend sa pâleur accoutumée.

Dans les derniers temps de la scrofule abdominale, le faciès, s'il ne se trouve pas modifié par l'état d'infiltration du tissu sous-cutané de la face, et notamment par la bouffissure des paupières, offre une teinte blême, bistrée, caractéristique, qui se rapproche plus ou moins de la teinte jaune paille des affections cancéreuses, du masque des femmes enceintes, ou mieux encore, de la coloration propre aux sujets, qui depuis un temps plus ou moins long, se trouvent sous le coup de la fièvre paludéenne.

On parle beaucoup en ce moment de la teinte bronzée qu'un médecin anglais, Addison, a voulu rattacher à une altération des capsules surrénales; mais cette teinte bronzée, enfumée, ne serait-elle autre chose qu'une variété particu*

llô DES MALADIES CONSTITUTIONNELLES EN GÉNÉttAL.

Jière de noire teinte bistrée ? En tûps cas, il est certain qu'il n'y a pas de rapport nécessaire et constant entre les lésions organiques des capsules surrénales, et cette modification spéciale de la couleur de la peau. Il y a quelques jours, vous avez pu voir, dans nos salles, un scrofuleux qui ne nous offrait aucune teinte particulière de la peau, et à l'autopsie duquel on a trouvé les capsules surrénales complètement transformées en masses tuberculeuses. Je suis assez disposé à croire que dans le plus grand nombre des cas, les maladies de Bright, de Budd et d'Addison ne sont autre ebose que des manifestations variées de la scrofule abdominale.

Dans la syphilis, la dartre et l'arthritis,la couleur du tégument externe, sans nous présenter le môme intérêt que dans la scrofule, mérite cependant de fixer quelque peu notre attention. MM. Pillon et Hardy ont décrit sous le nom de syphilide pigmentaire, un vitiligo que l'on observe très fréquemment pendant le cours de la syphilis, notamment sur le cou, et plus souvent chez la femme que chez l'homme. J'ai déjà dit que je ne pouvais considérer cette affection dyschromateuse comme une syphilide, parce qu'elle apparaît indistinctement dans toutes les périodes de la maladie, et ne subit aucune influence de la part des préparations mercurielles ; ce qui ne veut pas dire que je nie le fait en lui-même, ainsi qu'on l'a avancé à tort. J'ai maintes fois, comme MM. Pillon et Hardy, observé cette dyschromie des sujets atteints de syphilis, mais je donne de ce fait une autre interprétation.

Un semblable vitiligo se présente fréquemment à l'observation chez les arthritiques: on le remarque plus particulièrement sur la face, les parties sexuelles, le dos des mains. C'est un simple accident et non une affection propre de l'arlhrilis cutanée. Dans le dernières périodes de la syphilis,

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