PARTIE NOSOGIUPHIQUE
une dépression des forces, el considérer comme une conséquence immédiate de la diathèse dartreuse ou arthritique.
B. Étude des 'phénomènes communs -pendant la seconde époque des maladies constitutionnelles. — On donne à cette seconde époque le nom de cachexie. C'est la période terminale et fatale des maladies constitutionnelles : c'est l'ensemble des phénomènes communs caractérisant la dernière période des maladies constitutionnelles et diathésiques, qui ont suivi leur cours régulier, dont la marche n'a pas été entravée par des phlegmasies ou par d'autres maladies accidentelles.
Les formes bénignes des maladies constitutionnelles ne sont pas suivies de cachexie. Les formes maligne et phagédénique de la scrofule et de la syphilis, la forme fixe primitive de la scrofule, sont au contraire très souvent suivies de cachexie.
La cachexie est le syndrome de la maladie et non d'une affection en particulier; tous les phénomènes qui la composent et constituent entre eux une sorte d'équilibre, un balancement qui fait augmenter l'un quand l'autre diminue, sont l'expression directe de la maladie parvenue à son dernier période. Elle n'est pas plus l'expression symptomatique d'une lésion du sang qu'elle n'est la traduction symptomatique d'une altération d'organes ou d'un système d'organes. Dans la cachexie, toutes les fonctions contribuent synergiquement, chacune dans la mesure qui lui a été assignée, à la destruction progressive de l'individu.
On comprend que beaucoup de causes différentes peuvent hâter l'apparition de la cachexie dans les maladies : telles que la misère, une alimentation insuffisante ou de mauvaise qualité, les chagrins, le séjour dans des foyers d'infection
»a DES MALADIES CONSTITUTIONNELLES EN GÉNÉRAL.
putride, dans les prisons, les salles d'hôpitaux, les ambulances, etc.
Les cachexies ont de tout temps fixé l'attention des observateurs, et plus encore dans les temps anciens que de nos jours, où l'anatomie pathologique nous a quelque peu éloignés de l'étude approfondie du malade.
Je ne puis cependant vous parler des cachexies sans recommander la lecture de l'excellente thèse de M. Auguste Dumoulin sur la cachexie syphilitique, et de son travail sur les cachexies en général, qui fait partie de la brochure intitulée : De quelques lésions tardives de la scrofule chez le vieillard.
La cachexie se modifie selon qu'on l'observe dans telle ou telle diathèse, dans telle ou telle maladie constitutionnelle.
Mais voyons d'abord quels sont les phénomènes dont elle se compose d'une manière générale.
Voici ces phénomènes pris successivement dans les fonctions animales, vitales et naturelles, puis dans l'habitude extérieure du corps :
1° Intégrité des fonctions intellectuelles;
2° Etat très variable des fonctions respiratoires et circulatoires ;
3° Diminution graduelle de l'appétit, — diarrhée, — lien ter ie;
h° Sécheresse de la peau ou sueurs colliquatives; 5° Altération constante et plus ou moins prononcée de l'urine ;
6° Amaigrissement, atrophie progressive, — émaciation, marasme ou infiltration séreuse, générale ou partielle ; 7° Etat de souffrance et d'anxiété plus ou moins grandes ; 8° Dépression considérable des forces ;
PAHT1E NOSOGKAPHIQUE.
9° Fièvre hectique -,
10° Faciès plus ou moins hippocratique-, 11° Mode particulier d'agonie.
Comment se comporte, se diversifie cet ensemble de symptômes dans les maladies constitutionnelles et les diathèses?
La cachexie scrofuleuse se caractérise par l'infiltration séreuse ; le faciès pâle, décoloré ; l'absence de fièvre et de sueurs colliquatives, ou par une fièvre hectique peu prononcée; et enfin par le genre de mort, qui, le plus souvent, a lieu par syncope. Dans la scrofule pectorale, l'agonie asphyxique est toujours moins longue que dans la phthisie essentielle.
Quant à la souffrance et à l'anxiété, ces symptômes ont des proportions généralement moins grandes dans la scrofule que dans d'autres maladies constitutionnelles ou diathésiques, telles que la syphilis et la diathèse cancéreuse. Il faut, bien entendu, faire abstraction des complications inflammatoires ultimes de la scrofule.
Dans la cachexie syphilitique, la souffrance est généralement très vive; — l'émaciation est extrême; — il n'y a pas d'infiltration séreuse. Le faciès est pâle, terne, et exprime un état tout particulier de malaise et d'anxiété. L'hectique est tardive et peu marquée. Comme dans la scrofule, l'urine est parfois albumineuse. Enfin, la mort a lieu aussi le plus souvent par la syncope.
Dans la cachexie arthritique, la dyspnée progressive est un symptôme à peu près constant. L'urine est rare et sédimenteuse. Les crises rhumatiques ou goutteuses sont parfois des plus violentes, et jettent le malade dans un état d'anxiété extrême. Le corps est le plus souvent infiltré; les cavités splanchniques sont remplies de liquide. La fièvre hectique
est peu marquée, et la mort a lieu communément par le cerveau ou par le poumon.
La cachexie dartreuse est prématurée ou arrive à son terme. Dans le premier cas, il se peut qu'il n'y ait aucune éruption à la surface du corps : c'est ce qui arrive quand la dartre marche avec rapidité et envahit de bonne heure les organes des cavités splanchniques. Dans le second cas, le corps est couvert de la tête aux pieds d'une éruption croûteuse ou d'une exfoliation épidermique etséro-albumineuse, au travers de laquelle il est souvent assez difficile de reconnaître quel a été l'élément primitif de l'éruption cutanée. Rien de plus ordinaire que de voir, à cette époque ultime de la maladie, la dartre humide se confondre avec la dartre sèche, l'eczéma avec le lichen, le pemphigus avec le psoriasis.
'Dans la cachexie dartreuse, l'amaigrissement est extrême, à moins qu'il n'y ait une infiltration séreuse générale qui masque l'émaciation, infiltration qui se produit toujours quand l'exhalation morbide de la peau vient tout à coup à se supprimer. Les urines sont jumenteuses, troubles, blanchâtres, chargées de mucus et de sels calcaires. L'appétit se conserve quelquefois, même alors que le malade est déjà dans un état avancé de cachexie. La diarrhée n'est pas constante ; l'exhalation cutanée semble remplacer celle de l'intestin. Si la souffrance n'est pas aussi vive, aussi violente que dans quelques autres cachexies, elle est répandue sur une plus grande surface.
La lièvre hecticrue, dans la cachexie dartreuse, offre cela de bien remarquable, qu'elle peut se montrer sous presque tous les types de la lièvre d'accès : tierce, quarte ou quotidienne, double tierce; dans les derniers jours elle devient