PARTIE ÉTIOLOGIQUE. 0J
Je mentionnerai enfin les causes mécaniques et les causes pathologiques. Comme exemples de l'influence des causes mécaniques, je vous citerai les suivants : Au n° 55 de notre pavillon , se trouve un jeune homme atteint de tumeur blanche : c'est une chute sur le genou qui à provoqué chez lui cette traduction locale de la scrofule. Vendredi dernier, quelques-uns de vous ont été à môme d'observer, à notre consultation, une éruption papuleuse, dénature évidemment syphilitique, que le militaire, sur la nuque duquel elle s'était développée, attribuait au frottement du collet de son habit. Assurément, le frottement tout mécanique d'un collet d'habit ne saurait engendrer la syphilis; mais il peut très bien favoriser, sur un point déterminé du corps, la sortie d'une éruption spécifique.
Il y a quelques mois à peine, en parcourant les salles de notre collègue M. Gibert, nous avons pu voir un malade portant de belles plaques psoriasiques, qui étaient précisément apparues sur les places où peu de temps auparavant avaient été apposées des ventouses scarifiées. Dans tous ces cas, on est obligé d'admettre l'influence d'une cause mécanique, toute physique, sur la détermination des affections internes.
Parmi les causes pathologiques, il en est qui agissent, pour ainsi dire, chirurgicalement, à la manière des agents physiques : tels sont les parasites de l'ordre animal et de l'ordre végétal. D'autres ne provoquent le développement des maladies constitutionnelles qu'en imprimant, soit à l'organisme en totalité, soit à quelqu'une de ses parties, une secousse plus ou moins violente : comme exemple du premier cas, vous avez les fièvres éruptives à la suite desquelles on voit éclater parfois les affections diathésiques, et, comme exemple du second
cas, une arthrite rhumatismale qui se transforme en une véritable tumeur blanche.
Parmi les causes des maladies, il en est une qu'il ne nous sera jamais donné de connaître : c'est la cause première ou la nature des étals morbifiques. La science ancienne travaillait avec ardeur à la recherche de la nature des essences-, la science moderne a tout à fait abandonné cette voie fausse et stérile, pour ne s'occuper que des rapports des choses entre elles : aussi toutes les questions de nature se réduisentelles aujourd'hui à des questions de limitation et de classification des unités pathologiques.
La scrofule et la syphilis ont été l'objet d'une étude si générale et si répétée; elles se correspondent si bien dans les quatre périodes que nous avons établies, que leur existence, comme unités pathologiques, ne saurait être mise un seul instant en doute par un observateur quelque peu exercé. 11 n'en est plus de môme de l'arthritis et de la dartre. Combien de médecins, qui ne sont pas tous, cependant, des esprits vulgaires , vous diront que l'arlhritis est une maladie des articulations, que la dartre est une maladie de la peau !
Avant tout, il faut donc prouver l'existence, comme maladies constitutionnelles, de l'arthritis et de la dartre.
On peut nous objecter tout d'abord que des hommes de mérite, de grands penseurs, des partisans de nos doctrines, ont supprimé la dartre comme maladie, la rattachant soit à la scrofule, soit à l'arthritis; mais cela ne prouve qu'une chose : c'est que ces observateurs n'ont pas assez observé le malade, ni avant ni après la dartre, ni comment elle vient ni comment elle se termine. Leur opinion prouve encore les rapports de la dartre et de l'arthritis entre elles, les rapports