PARTIE ÉTI0L0G1QUE
affections. Los micrographes vous diront que l'une est une affection tuberculeuse, que l'autre est une aiïection fibroplastique, et que ce sont deux maladies essentiellement différentes. Depuis longues années, un père est atteint de dartres ; sa fille éprouve des migraines et des coryzas périodiques : il n'y a pas là d'hérédité. Quel rapport, nous dira-t-on, voulez-vous établir entre la migraine et la dartre?
D'un autre côté, on s'est exagéré l'influence de l'hérédité, en lui reconnaissant le pouvoir de transformer les maladies. C'est une erreur de croire que la syphilis peut engendrer la scrofule; je dirai plus, c'est une erreur de croire que la goutte puisse devenir rhumatisme par voie d'hérédité (1)-. Les unités pathologiques ne s'altèrent ni ne se transforment pas plus par l'hérédité qu'elles ne s'altèrent ni ne se transforment avec le temps.
Je passe actuellement aux causes provocatrices. De nos quatre maladies constitutionnelles, il n'y en a qu'une, la syphilis, où nous ayons à noter une cause déterminante spécifique, la contagion.
La scrofule n'est pas contagieuse; l'arlhritis et la dartre ne le sont pas non plus.
Une erreur de diagnostic a pu seule faire dire aux auteur? que la dartre était une maladie contagieuse : ils ont, comme les gens du monde qui ne jugent que par la ressemblance, pris une affection parasitaire pour une afFeclion dartreuse. Ne savez-vous pas que la gale est journellement confondue avec la dartre, et qu'il n'est donné qu'à un très petit nombre de médecins de savoir distinguer la mentagre, l'herpès cir-
(1) Cette dernière proposition me paraît aujourd'hui très hasardée. Depuis quelques années j'ai recueilli nombre de faits qui semblent l'infirmer.
ciné, le lichen circonscrit, parasitaires et contagieux, des affections cutanées qui ne reconnaissent d'autre cause que l'existence d'un principe herpétique?
Parmi les causes occasionnelles, vous noterez surtout l'influence des agents physiques, du froid, du grand air, de l'insolation. Si cette influence est peu appréciable dans la syphilis, où existe une cause déterminante spécifique, elle est communément observée dans les autres maladies constitutionnelles. Kien de plus ordinaire qu'une ophthalmie scrofuleuse née sous l'influence d'un courant d'air: mais nulle part cette influence n'a plus d'action que dans l'arthritis, où la simple impression du grand air suffit quelquefois pour provoquer la manifestation de rhumatalgies ou d'éruptions sur les parties découvertes, disparaissant souvent et se reproduisant alternativement avec l'éloignement et le retour de la cause qui les a une première fois éveillées. Par contre, la privation d'air, de soleil, de mouvement, longtemps continuée, contribue puissamment au développement de la scrofule.
Dans les influences hygiéniques, vous ferez la part encore du genre d'alimentation. L'insuffisance et la mauvaise qualité des denrées de première nécessité sont une cause de scrofule. Le régime, presque exclusivement azoté, favorise le développement des affections arthritiques. Certains aliments provoquent les manifestations dartreuses : il suffira de vous citer, par exemple, les moules, les écrevisses, le homard, qui ont quelquefois pour effet de déterminer de la roséole, de l'érythème et de l'urticaire ; en un mot, toutes les manifestations
de la dartre aiguë.
Les causes morales ont une action évidente dans la dartre, beaucoup plus sujette à contestation dans les autres maladies constitutionnelles.