PARTIE SÉMIOTtQUE
tions sur les muqueuses et la peau, reviennent aux articulations pour s'y fixer délinitivement; puis elles attaquent les viscères, le cœur et le poumon en particulier.
Enfin elles donnent lieu à un produit morbide spécial, le tophus.
Les maladies constitutionnelles peuvent être confondues entre elles ou avec les diathèses qui s'en rapprochent, par la communauté des produits morbides (diathèses tuberculeuse, cancéreuse, etc.). On peut aussi les confondre avec la plupart des maladies qui présentent dans leurs manifestations pathologiques, anatomiques ousymptomatiques, des points de contact avec elles, comme les phlegmasies, les hémorrhagies, les hydropisies, les catarrhes, etc.; et il faut avouer que, dans bien des cas, l'erreur est difficile à éviter.
Ainsi, vous nous voyez, chaque jour, hésiter en présence d'une affection, soit de la peau, soit de systèmes plus profondément situés, des os ou des viscères : l'affection est-elle scrofuleuse ou syphilitique, dartreuse ou arthritique? Nous restons dans le doute.
Ce qui rend bien souvent le diagnostic obscur, c'est la réunion, sur le môme sujet, de plusieurs maladies constitutionnelles. Les complications sont difficiles à reconnaître, parce que, dans toutes les maladies constitutionnelles, il y a des affections du même système organique, presque identiques dans leurs manifestations symptomatiques, et dont les caractères spéciaux échappent même à l'examen le mieux fait, le plus approfondi.
Prenez pour exemple un sujet atteint de scrofule, qui a eu de la scrofule primitive, des gourmes et de l'ophlbalmie, qui est encore actuellement sous l'empire d'une poussée gan-
glionnaire en suppuration; s'il survient sur le tronc une éruption squameuse ou pustuleuse, vous pourrez avoir rf, faire a une lésion tardive de la première période de la scrofule, ou bien à une éruption de nature syphilitique ou dartreuse....En l'absence de caractères spéciaux bien déterminés, il vous sera difficile de vous prononcer. C'est alors que, pour établir votre diagnostic, vous serez réduits à interroger la vie du malade, à vous informer des maladies qui ont régné dans la famille, afin de rattacher, s'il est possible cette éruption nouvelle aux affections anciennes. Toute maladie constitutionnelle représente une progression arithmétique ; l'affection actuelle est le terme connu : il faut partir de ce terme pour aller à la recherche des termes inconnus.
N'oubliez pas que beaucoup d'enfants reçoivent en héritage : de l'un des parents, la scrofule; de l'autre, la syphilis; de l'un des parents, la goutte, et de l'autre, la dartre, et que, sous l'influence variable des agents physiques, les vices intérieurs, les diathèses, éclatent ou simultanément ou successivement; que les affections morbides qui en résultent marchent ensemble ou séparément, sévissant indistinctement sur'tous les appareils organiques ; qu'aucune modalité pathogénique n'appartient en propre à-telle ou telle maladie constitutionnelle, et vous comprendrez pourquoi le diagnostic est si souvent hérissé de difficultés.
Vous distinguerez les affections propres de telle maladie constitutionnelle sur un système organique par leurs rapports avec les autres affections de la môme maladie. C'est ainsi, par exemple, que l'éruption cutanée, de nature arthritique, alternera avec les rhumatalgies, tandis qu'une dartre essentielle sur un rhumatisant n'aura aucune influence sur