PARTIE SÉMIOTIQUE. /J
l'aiihropalhie ou la myodynie rhumatismales. L'eczéma scrofuleux précédera le développement des écrouelles ou de l'arthropalhie scrofuleuse, tandis que l'eczéma darlreux coexistera avec les affections scrofuleuses, sans exercer sur elles une influence appréciable.
Pronostic. — Les maladies constitutionnelles dont nous nous occupons ne sont pas toutes également graves. Sous le rapport de la gravité, on peut, je crois, les placer dans l'ordre suivant :
Scrofule, Syphilis, Arthritis, Dartre.
Personne ne sera tenté sans doute de contester à la scrofule la première place. La mortalité est grande dans le service des scrofuleux, et, chez les sujets guéris de cette affreuse maladie, que d'infirmités, de mutilations, qui les mettent dans l'impossibilité de travailler pour vivre !
Il n'en est pas de même, me dira-t-on, de la syphilis, qui a son spécifique dans le mercure, et qui guérit toujours lorsqu'elle est convenablement traitée. Pourquoi la placer immédiatement après la scrofule et avant l'ai thritis, qui, à l'état de rhumatisme articulaire aigu, fait tant de victimes dans nos hôpitaux, et, à l'état de goutte, condamne à l'impotence tant de gens de la classe aisée?
A cette objection, voici ma réponse :
Le rhumatisme articulaire aigu, abandonné à lui-même, se termine par la guérison dans l'immense majorité des cas; s'il fait tant de victimes dans nos hôpitaux, s'il se complique si souvent d'endo-péricardite, de pleurésies doubles, de méningites, il faut en accuser beaucoup moins la maladie elle-
ou des maladies constitutionnelles en général. même qu'une thérapeutique violente, éminemment perturbatrice. Vous voyez que, du même coup, je condamne les saignées trop copieuses, le tartre stibié à hautes doses, le sulfate de quinine à hautes doses, la vératrine, etc. Quant à la goutte, je vous dirai que le nombre des goutteux asthmatiques ou condamnés à l'impotence n'est rien en comparaison du nombre considérable (le rhumatisants qu'on rencontre dans le monde, et dont la santé n'est que momentanément troublée par les fraîcheurs, les démangeaisons et les catarrhes.
Dans vos recherches sur la gravité relative des maladies constitutionnelles, vous aurez bien soin de tenir compte des périodes pour établir la comparaison. C'est ainsi qu'il ne faut pas prendre la goutte à sa troisième ou à sa quatrième période (goutte articulaire fixe et goutte viscérale) pour la mettre en regard de la syphilis secondaire. C'est avec la syphilis tertiaire et quaternaire qu'il faut la comparer. Or, la splanchnopathie syphilitique est beaucoup plus commune qu'on ne le pense généralement; il est un très grand nombre de ramollissements des centres nerveux, de néphrites albumineuses, d'affections organiques du foie, qui ne reconnaissent pas d'autre cause que la vérole. Je suis sûr d'être au-dessous de la vérité en disant que les deux tiers des paraplégies sont de nature syphilitique.
Les maladies constitutionnelles sont toutes graves, parce que toutes elles peuvent amener la mort, soit par le seul effet de leur évolution, qui entraîne fatalement la cachexie, soit par des complications qui surgissent à une époque plus ou moins éloignée du début.
D'un autre côté, la guérison radicale de ces maladies ne saurait être révoquée en doute. On peut dire, il est vrai,