‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofuleChapitre 6 sur 153 · II · texte numérisé non relu

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CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES. XXX11J

J'ai pris pour base de ma classification la nature ou la cause des affections; de là ma division en affectionsde cause externe et affections de cause interne. C'est, a-t-on dit, la division de Lorry, erreur très grande : le célèbre auteur du traité De morbis cutaneis divise, il est vrai, les maladies de la peau en deux classes : la première, renfermant celles cjui tirent leur origine d'un vice intérieur, et ne souillent la peau que consécutivement; la deuxième, celles qui prennent naissance dans la peau elle-même. Les unes et les autres sont répandues sur toute la surface du corps, ou bornées à l'une de ses parties.

Mais Lorry, imbu des doctrines galéniques, fait reposer sa division sur les causes prochaines, tandis que la nôtre est établie sur les causes éloignées, ce qui est bien différent.

On peut juger delà différence des doctrines par ce passage du livre où l'auteur explique lui-même sa division. « In illis junctus perspiratorio humori vitiosus humor exitum molitur etdeturpat or garnira secretorium. Eîc ipsius cutis substantiavitium suscepit, susceptum alit et enutrit. Unde cutis functiones vitiatœ reliquo corpori labem inferunt (1) .

Pour le classement des groupes d'affections propres à une maladie déterminée, j'ai, autant que possible, suivi l'ordre de l'évolution naturelle ou chronologique des affections et lésai désignés par le caractère le plus saillant des affections qui les composent.

Enfin, c'est la forme willanique qui m'a servi à classer les affections de chaque groupe.

Je cite un exemple pour me faire mieux comprendre. Dans les affections de cause interne se trouvent les syphi-

(I) Lorry, Traclalus de morbis culaneis, p. 479.

XXXIV CONSIDÉRATIONS lMŒMMINAlttES.

lidesqui sont partagées en trois groupes correspondant à trois phases successives d'évolution de la syphilis secondaire.

1° Syphilides exanthématiqucs ;

2° Syphilides circonscrites ;

3° Syphilides ulcéreuses.

Chacun de ces groupes est constitué [par un certain nombre de formes génériques dont la désignation est empruntée à la terminologie willanique, ainsi, les syphilides exanthématiques se composent des syphilides érythémateuse, papulotuberculeuse, pustuleuse et vésiculeuse.

Il suit de tout ce que nous venons de dire qu'en face d'une affection quelconque de la peau, le dermalologiste a trois questions à résoudre au point de vue du diagnostic : 1° déterminer la lésion primitive ; 2° établir le diagnostic de l'affection générique; 3° faire connaître la nature de l'affection, ou, ce qui revient au même, indiquer ta maladie à laquelle elle doit être rattachée.

Telle est la classification que nous avons déjà fait connaître au public médical dans différentes brochures (voir Leçons sur les aff ections parasitaires, sur les syphilides, et celles de l'année dernière sur les arthritides et les herpétides).

Elle a donné lieu de la part des critiques, à des objections dont la plupart n'ont aucune valeur à mes yeux : je me crois, pour cette raison, dispensé d'en parler. Un seul argument plus spécieux que solide, mérite d'être réfuté, le voici : vous établissez, me dit-on, autant d'espèces dans une affection que celle-ci compte de causes, et le plus grand vice d'une pareille classification, c'est de distribuer l'histoire symptomatologiqued'unemôme affection dans vingt chapitres différents. Voyez l'urticaire, n'en parlez-vous pas dans les pseudo-exanthèmes, dans les arthritides pseudo-exanthématiques, et les

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arthritides sèches, et dans les mômes groupes d'herpétides? Cela est vrai, mais il faut réduire cet argument à sa juste valeur. L'inconvénient que vous signalez est plutôt apparent que réel, et ce qui fait que nous n'apprécions pas les choses de la môme manière, c'est que vous considérez l'urticaire comme une maladie, tandis que pour moi l'urticaire n'est qu'un symplôme.

Ne traite-t-on pas du vomissement idiopathique dans les maladies nerveuses, et du vomissement symplomatique à propos de chacune des maladies dans lesquelles on le rencontre? n'en est-il pas de même de l'hémorrhagie du tégument externe, et de toutes les affections qui peuvent être à la fois et maladie et symptôme?

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