SUR
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Je viens, cette année, continuer la tâche que je me suis imposée l'année dernière : j'espère vous démontrer que les doctrines organiciennes, en confondant la lésion avec la maladie, ont détourné l'observation de sa voie naturelle, brisé le lien des affections entre elles, et réduit la thérapeutique à une thérapeutique de symptômes et de tâtonnements.
Déjà, en 183A, dans ma dissertation inaugurale, je m'étais élevé contre les empiétements de l'anatomie pathologique. Je disais à cette époque : « L'anatomie pathologique, cultivée » avec 'tant de soin dans ces dernières années, a sans aucun y> doute enrichi les sciences médicales de découvertes utiles; » mais n'a-l-elle pas été trop loin en prétendant fixer en quel- » que sorte la nature et le siège du plus grand nombre » des maladies? Pourquoi ne s'est-elle pas bornée à signaler » sur le cadavre telle altération organique, sans vouloir que » nécessairement cette altération fût la cause ou le point de
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» départ des phénomènes observés pendant la vie? » Dans ce travail, j'établissais, en outre, par des preuves directes et des recherches expérimentales, la spécificité des lésions pulmonaires des fièvres, et je prouvais par là qu'on avait eu tort de rapporter l'ensemble des symptômes qui caractérisent les lièvres continues typhoïdes à la seule altération de l'intestin.
Ainsi, les principes médicaux que je professe aujourd'hui ne sont pas nouveaux pour moi. Vingt années d'expérience et de pratique n'ont fait que me confirmer dans mes croyances d'alors.
Permettez-moi de vous rappeler en peu de mots ce que j'ai fait l'année dernière, et de vous dire ce que je me propose de faire cette année.
J'ai commencé mon cours, l'année dernière, par une leçon de pathologie générale ; nous n'aurions pu, un seul instant, nous comprendre si je ne vous eusse initiés tout d'abord à la connaissance des termes de la langue médicale. En science comme en toute autre chose, les disputes ne viennent, en général, que parce que l'on ne s'entend pas sur les mots.
J'ai ensuite abordé l'étude de la pathologie cutanée. Sur ce terrain, il m'a été facile de vous convaincre que l'organicisme régnait aujourd'hui en maître absolu.
Les dermatologistes contemporains ont tous plus ou moins fidèlement calqué leur classification dermatographique sur les classifications d'Alibert et de Willan.
Comme la classilication de Willan est celle qui est le plus en honneur à l'hôpital Saint-Louis, je me suis particulièrement attaché à vous montrer les vices de cette classification. Elle est incomplète et insuffisante dans l'état actuel de la science, puisqu'elle ne comprend pas l'hypertrophie cryp-
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teuse, le godet favique, le furoncle, et d'autres lésions cutanées élémentaires primitives. C'est d'ailleurs une classification de lésions, et non une classification de maladies.
Au plan d'étude généralement adopté par les dermatographes modernes, j'ai substitué un nouveau plan en harmonie avec le sens précis que j'ai attaché aux mots maladie, symptôme et lésion.
Il n'y a pas de nosographie cutanée, puisqu'il n'y a pas de maladie de la peau ; mais il y a une symptomatologie cutanée, une anatomie pathologique delà peau, parce qu'il y a des symptômes et des lésions de la peau ; il y a une sémiotique cutanée, parce que ces symptômes et ces lésions peuvent • être convertis en signes.
Dans la sémiotique cutanée, j'ai examiné et parcouru successivement avec vous, les taches, les boutons, les exfoliations, les ulcères, qui sont les quatre grandes formes sous lesquelles se produisent toutes les éruptions tégumentaires, et se traduisent à la peau toutes les maladies tant aiguës que chroniques.
J'ai étudié toutes les lésions de la peau sous le double point de vue de la description symptomatique et de la valeur sémiotique, c'est-à-dire comme signes dans le diagnostic, le pronostic et le traitement des maladies. Cette étude vous a sans doute paru un peu aride et dépourvue de l'intérêt qui s'attache à tous les faits expérimentaux ou cliniques que l'on peut, en quelque sorte, ou produire à volonté, ou mettre immédiatement sous les yeux de l'élève. C'est un inconvénient attaché à l'étude de toutes les sémiotiques, aussi bien à celle de la peau qu'à celle de tout autre appareil organique.
Mais vous n'avez aucun reproche à m'adi esser ; je vous ai avertis d'avance que l'étude de toute sémiotique supposait la
connaissance antérieure de la nosographie, el que ceux-là seuls qui déjà avaient été à môme d'acquérir des notions plus ou moins étendues sur toutes les maladies, pourraient comprendre l'importance et l'utilité de mes enseignements.
J'ai enfin abordé l'étude des maladies qui sont plus spécialement observées à l'hôpital Saint-Louis. Je vous ai dit que toutes ces maladies pouvaient se réduire à deux classes, les maladies parasitaires et les maladies constitutionnelles ; que toutes les éruptions cutanées observées dans cet hôpital, si variables soient-elles de forme et d'étendue, n'étaient en définitive, dans la plupart des cas, que des symptômes du parasitisme animal ou végétal, ou les symptômes des maladies constitutionnelles.
De plus, j'ai fait l'histoire du parasitisme végétal. Enfin, j'ai donné une description succincte de la maladie constitutionnelle qui s'offre le plus souvent à notre observation, c'està-dire de la scrofule.
Ces leçons ont été publiées, du moins en partie, dans la Gazette des hôpitaux, et par un tirage à part, colligées sous forme de brochure. Je ne saurais trop vous engager à les lire, elles vous faciliteront l'intelligence du cours de cette année.
Voilà ce que j'ai fait Tannée dernière. Voici ce que je me propose de faire cette année :
Revenir avec plus de détails sur la scrofule; attirer d'une manière toute particulière votre attention sur le diagnostic différentiel des maladies constitutionnelles ; — vous faire connaître les analogies et les différences des affections organiques correspondantes dans les périodes successives de ces diverses maladies ; — yous dire, enfin, à quels caractères spécifiques d'une affection quelconque d'un système organique vous reconnaîtrez l'origine ou la source de ces affections.
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Telle esl la lâche que je me suis imposée. Je ne me dissimule en aucune manière les difficultés d'un pareil travail ; mais ce qui me soutient dans celte tâche, c'est que j'ai la ferme conviction qu'en marchant dans celte voie, nous marchons dans la voie du progrès. La maladie n'est pas dans l'organe, elle est dans l'organisme. Ce n'est pas seulement dans la peau, dans les glandes, qu'il faut aller chercher la scrofule, c'est dans tous les systèmes organiques, et c'est partout qu'il faut étudier la spécificité des lésions.
Toutefois ce serait une bien grande erreur de croire qu'il soit toujours facile, à la première vue, de reconnaître, par la spécificité de ses caractères, la nature ou la source d'une affection quelconque de la peau, des muqueuses, du système osseux. Dans un très grand nombre de cas, au début des maladies constitutionnelles, il n'en est pas ainsi ; c'est en interrogeant le malade sur ses antécédents, sur les antécédents de sa famille, sur la marche et l'âge de l'affection, sur les modifications qu'elle a présentées dans son cours, qu'on parvient seulement à découvrir la nature du mal.
Mais ne voyez-vous pas que ce qui se passe ici pour les maladies chroniques, se passe tous les jours pour les maladies aiguës? On vous appelle auprès d'un malade qui est atteint de fièvre, que faites-vous? Vous étudiez les caractères de celte fièvre; vous demandez depuis quand elle existe, comment elle a commencé, de quels prodromes elle a été précédée, etc. ; et bien souvent, après vous être enquis de toutes ces choses, vous restez dans le doute sur la nature de la fièvre dont votre malade est atteint. Vous ne sauriez dire, sans crainte de vous compromettre, s'il a une fièvre éphémère, une synoque, une lièvre typhoïde commençante, une fièvre d'accès, etc. ; et, dans le doute, vous faites de l'ex'pec-
talion. C'est bien aussi ce que vous avez de mieux à faireen présence d'une, éruption cutanée, dont les caractères obscurs ne vous permettent pas d'indiquer immédiatement l'origine.
Leshommes qui aujourd'hui sont à la lôte de l'enseignement officiel n'admettent une origine commune aux affections que dans une seule maladie constitutionnelle, la syphilis, parce que cette dernière, suivant eux, est produite par un virus qui circule dans tous les organes, et porte partout avec lui la spécificité-, mais ce virus est une hypothèse, et la prédisposition n'est-elle pas aussi une autre sorte de virus, au moins aussi clairement démontré que le virus syphilitique, et ne peut-elle pas partout engendrer la spécificité dans les différentes affections qu'elle produit?
Si les anciens avaient tort d'admettre des virus pour toutes les maladies constitutionnelles , cette hypothèse avait du moins un avantage ; elle leur servait à conserver l'unité de la maladie, et à relier entre elles les affections qui découlaient d'une source commune. Les modernes ont , avec raison, abandonné comme fausse l'hypothèse des virus , mais ils n'ont su que mettre à la place, et se sont ainsi trouvés dans la nécessité de démembrer les maladies constitutionnelles, et de faire de toutes leurs affections autant de maladies idiopathiques.
La médecine moderne a purifié et enrichi la science, nous nous plaisons à le reconnaître, en la débarrassant des théories humorales : ces théories fausses conduisaient h une thérapeutique fausse et dangereuse. Mais nous ne pouvons lui adresser le môme éloge pour avoir transformé les affections des maladies constitutionnelles en autant de maladies idiopathiques. En s'écartant ainsi de la tradition, elle a perdu la
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voie de l'observation médicale, elle s'est égarée : le médecin s'est fait physiologiste. Il a accordé une grande prééminence aux SGiences accessoires. Et, je puis le dire sans crainte d'être démenti par les hommes qui ont sérieusement réfléchi aux conséquences pratiques des systèmes en médecine, les sciences accessoires , par la fausse application qu'on en a faite à la science médicale, ont été plus nuisibles qu'utiles.
D'ailleurs, à l'œuvre on connaît l'ouvrier Qu'ont produit les doctrines organopathiques depuis cinquante ans qu'elles sont enseignées dans nos facultés? Rien, si ce n'est l'anarchie la plus complète dans le corps médical, une incrédulité absolue et les voies admirablement préparées pour le mysticisme, qui menace de nous envahir de toutes parts.
Mais laissons ces tristes réflexions pour en venir à l'objet principal de notre leçon, l'étude corrélative des maladies constitutionnelles.
Avant tout, il est nécessaire de vous préciser le sens des mots, de vous dire ce que j'entends par maladie constitutionnelle, et quelle différence j'établis entre une maladie chronique, une maladie constitutionnelle et une diathèse.
Par maladie chronique on entend généralement une maladie d'une longue durée, à marche lente, le plus souvent apyrétique ; mais il est évident que le type et la marche des maladies ne sauraient en modifier la nature. La scrofule a le plus souvent une marche lente ; mais, dans quelques cas, sa marche est aussi rapide que celle des maladies les plus aiguës. Il en est de même de la phthisie essentielle, qui le plus souvent lente dans sa marche, est quelquefois galopante, et se termine dans l'espace d'un mois ou de six semaines.
Une maladie constitutionnelle est une maladie aiguë ou
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chronique, pyrétique ou apyrétique, con'tinue ou inlermittenle, ordinairement à longues périodes, contagieuse ou non contagieuse, caractérisée par un ensemble de produits morbides et d'affections très variées, sévissant indistinctement sur tous les systèmes organiques.
Ainsi, on trouve dans les maladies constitutionnelles tous les produits ordinaires de Tinflammation, lymphe plastique, globules granuleux, globules pyoïdes, globules de pus, etc. ; les produits morbides bomœomorphes, la graisse, les tissus fibreux et osseux, le cartilage; les produits hétéromorphes, tissu fibro-plastique, tubercule, encéphaloïde, etc. Les afîections constitutionnelles peuvent siéger indistinctement sur la peau, le tissu sous-cutané, les systèmes fibreux et osseux, les viscères.
Une diathèse est une maladie aiguë 'ou chronique, pyrétique ou apyrétique, continue ou intermittente, le plus souvent continue, contagieuse ou non contagieuse, caractérisée par la formation d'un seul produit morbide qui peut avoir son siège indistinctement dans tous les systèmes organiques. Exemple : les diathèses purulente, chondromateuse, tuberculeuse, etc.
Comment, classerons-nous les maladies constitutionnelles et les diathèses ?
J'admets trois groupes de maladies constitutionnelles : 1er groupe : la scrofule, la syphilis, l'arthritis; 2e groupe : la lèpre, la dartre (1); 3e groupe : le scorbut, le rachitisme.
Dans le premier groupe , les lésions sont très multipliées, les
(I) Dans la première édition, ce groupe renfermait aussi la pellagre; mais les recherches du docteur Coslallat ont démontré que cette maladie n'était autre chose qu'un empoisonnement produit par l'ergot du mais.
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produits morbides sont très variés. On y trouve, comme affections, des inflammations, des hémorrhagies, des hydropisies,dcs catarrhes, des névroses, etc. La scrofule occupe le premier rang; viennent après la syphilis, puis Tarthritis. La névrosé, affection purement dynamique, est rare dans la scrofule, moins rare dans la syphilis, et très ordinaire dan3 l'arthritis.
Dans le deuxième groupe, les affections sont moins nombreuses, moins variées; les produits morbides sont aussi' moins nombreux.
Dans le troisième groupe, le nombre des lésions est encore plus restreint. Tout se réduit presque au phénomène hémorrhagie dans le scorbut, à Yostéomalacie dans le rachitisme. Ce groupe sert évidemment de passligë des maladies constitutionnelles aux maladies diathésiques.
Je partage également les dialhèses en plusieurs groupes : Premier groupe, constitué par des produits analogues aux produits normaux. — Diathèses hémorrhagique , séreuse, saccharique , calculeuse, etc.
Deuxième groupe. Produits analogues aux produits ordinaires de l'inflammation. — Diathèses purulente, pseudomembraneuse, gangréneusè.
Troisième groupe. Produits analogues aux tissus homeeomorphes. — Diathèses graisseuse, fibreuse, chondromateuse, etc.
Quatrième groupe. Produits analogues aux tissus héléromorphes. — Diathèses tuberculeuse, cancéreuse.
Parmi ces diathèses, il en est beaucoup qui se rapprochent, ou par leur lésion, on par leurs symptômes, des maladies constitutionnelles que nous devons particulièrement étudier. Il est important de ne pas confondre entre elles des maladies
qui, dans un cadre nosologique, appartiennenl à deux ordres essentiellement différents. Ainsi l'hémorrhagie est la lésion qui caractérise essentiellement le scorbut et le rapproche de certaines formes de la scrofule, où l'on rencontre aussi la même affection. Rien de plus ordinaire, chez certains scrofuleux, que l'épislaxis, l'hémoptysie. Vous ne confondrez pas cependant la scrofule avec le scorbut. Le raccourcissement des membres, les déviations de la colonne vertébrale, sont des symptômes communs au rachitisme et à la scrofule. Ce n'est pas une raison pour confondre ces deux maladies dans une seule unité pathologique.
Le tubercule est un produit morbide commun à la phthisie essentielle et à la scrofule. Au point de vue pratique, comme au point de vue théorique, on ne peut faire de ces deux maladies une seule unité pathologique.
Peut-être trouverez-vous qu'il est irrationnel de rapporter à la scrofule certaines maladies, telles que celles qui ont été décrites sous le nom de diathèses tuberculeuses générales, et qui, pour moi, sont tout simplement des formes de la scrofule larvée : de les rapporter, dis-je, à la scrofule, tandis que nous en écartons la phthisie essentielle. Y pensez-vous ! me dira-t-on ! Comment, voici un sujet sur lequel vous trouvez partout du tubercule, sur les plèvres, sur le péritoine, dans les centres nerveux, et vous ne voulez pas qu'il ait été affecté de diathèse tuberculeuse. A cela je réponds : Dans la diathèse tuberculeuse le siège' est invariable; le poumon est toujours l'organe particulièrement affecté; après lui vient l'intestin, puis le larynx. Dans votre prétendue diathèse tuberculeuse générale, il n'y a pas de tubercules dans l'intestin ; il n'y en a pas, ou il y en a à peine dans le poumon. Dans le cas de diathèse tuberculeuse générale, les antécédents du sujet sont
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scrofuleux, vï le sujet lui-frnèrne présente ions les caractères de la constitution écrouelleuse.
Les symptômes de chloro-anémie peuvent se rencontrer chez les scrofuleux ; néanmoins, pour cette raison, vous n'irez pas confondre la scrofule avec la chlorose.
On voit chez quelques scrofuleux se former avec une très grande rapidité, sur diverses régions du corps, des abcès qui arrivent très promptement à complète maturité : est-ce que, pour cela, vous seriez tentés de croire ces malades sous le coup de l'infection purulente? Assurément non. Dans la plupart des cas, votre scrofuleux guérira, tandis que le sujet atteint de diathèse purulente meurt presque inévitablement.
J'ai pensé qu'il était inutile de nous occuper des maladies exotiques, telles que la lèpre, le bouton d'Alep, etc. La pellagre est rare dans nos contrées ; le scorbut n'est pas d'une observation journalière; ses affections, quoique nombreuses et variées, se caractérisent toutes par un phénomène commun, la diathèse hémorrhagique, et s'éloignent, à cause de cela, de la symptomatologie si protéiforme des autres maladies constitutionnelles. Je ne vous en parlerai que très accessoirement.
Sous le nom à'arthritis, je comprends le rhumatisme et la goutte; non pas que je croie avec M. Chomel à l'identité de ces deux maladies. Le rhumatisme et la goutte sont deux entités distinctes (1) : on a eu très grand tort de les confondre ; mais dans le cadre nosologique, ces deux entités doivent être placées l'une à côté de l'autre sans intermédiaire, et n'ayant à vous parler que du diagnostic différentiel, vous me
(1) Aujourd'hui, je les considère comme deux formes de la même maladie.
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permettrez de les confondre sous la dénomination commune d'arthritis.
Si parfois, dans le cours de ces leçons, il m'arrive de me servir de ces expressions vieillies et fausses à tous les poinls de vue : vices ou virus arthritique, scrofulcux, dartreux ou herpétique, je vous préviens d'avance que je n'attache aucune importance à ces mots, et que si je m'en sers, c'est uniquement pour vous faire mieux comprendre l'unité pathologique.
Il me reste donc quatre maladies constitutionnelles à étudier, dans les rapports que peuvent présenter entre elles les différentes affections dont elles se composent : la scrofule, la syphilis, la dartre et Yarthritis.
C'est à dessein que je dis la scrofule et la dartre et non pas : les scrofules et les dartres. En me servant du singulier, j'exprime l'unité essentielle, indivisible de la maladie. Le pluriel s'applique aux affections.
On dit au contraire la fièvre, au singulier, pour désigner le symptôme, et les fièvres, au pluriel, pour désigner un groupe de maladies qui se compose d'espèces morbides fort différentes.