‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofuleChapitre 77 sur 153 · TRAITEMENT DES ÉCROUELLES. 3Z · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES ÉCROUELLES. 3Z

intestinale par l'administration non interrompue de ces préparations.

J'associe assez souvent à la ciguë les préparations d'iode et de fer, sans en augmenter graduellement la dose, comme je le fais des préparations de ciguë. Ainsi, je dépasse rarement 20 à 30 centigrammes par jour de proto-iodure de fer.

S'il survient quelque embarras gastrique pendant le cours de ce traitement, il faut le suspendre momentanément et profiter de cette suspension pour purger le malade, avant de reprendre les moyens ordinaires.

Les premiers effets curatifs du traitement par la ciguë sont sensibles presque immédiatement et frappent l'œil des plus incrédules ; mais bientôt ces effets se ralentissent : il reste un noyau d'induration qui est toujours très long à disparaître.

La ciguë a cet avantage sur beaucoup d'autres préparations, et notamment sur l'huile de foie de morue, qu'elle est d'une administration facile et n'inspire aucune répugnance aux malades, surtout si on leur laisse ignorer le nom du médicament qu'on leur administre. Je donne l'alcoolature dans un julep approprié, que le malade prend par parties en deux ou trois fois dans le courant du jour. La poudre de semences s'emploie sous la forme pilulaire, seule ou associée aux préparations ferrugineuses.

On doit chercher à obtenir la résolution des écrouelles quand elles sont peu volumineuses, quand les glandes lymphatiques ne sont pas infiltrées de produits hétéromorphes, quand elles siègent sur des parties habituellement découvertes, enfin, quand elles affectent des sujets du sexe féminin ou se sont montrées à la suite d'affections cutanées.

On cherche à provoquer la suppuration des écrouelles déjà

anciennes, rebelles aux traitements mis en usage ; de celles qui sont lourdes, volumineuses, manifestement infiltrées de produits héléromorphes, qui existent chez des sujeCs du sexe masculin ou qui ont apparu spontanément sur diverses régions du corps.

On croit généralement que la résolution des écrouelles ne peut avoir lieu que quand elles sont simplement inflammatoires ou hypertrophiques ; c'est une erreur. Par les préparations de ciguë, j'obtiens tous les jours la fonte d'écrouelles évidemment formées par des ganglions farcis de tubercules; il est vrai de dire que la résolution de ces dernières, pour être obtenue, demande beaucoup plus de temps, et que, dans quelques cas, les malades se fatiguent et ne veulent plus continuer leur traitement. Je me propose d'essayer, dans le traitement des écrouelles tuberculeuses, les hypophosphites alcalins, et de comparer les effets obtenus à l'aide de ces agents avec ceux que procure l'usage des préparations de ciguë et de fer.

On a beaucoup vanté, contre les écrouelles, certaines eaux minérales, et particulièrement les eaux alcalines et les eaux sulfureuses ; je pense qu'elles ne méritent pas les éloges qu'en ont faits quelques auteurs. Je donne assez habituellement aux écrouelleux des bains de sulfure de potasse, mais seulement à titre d'excitants généraux. Ce que je puis vous affirmer, c'est que les malades affectés d'écrouelles que j'ai dirigés vers les sources thermales en sont revenus tels qu'ils étaient partis, sans aucun résultat quant à l'affection locale.

Je dois mentionner les crucifères, le houblon, les végétaux antiscorbutiques, qui n'agissent très probablement que par l'iode qu'ils renferment; on les donne comme adjuvants sous forme de tisanes. L'infusion de sommités de houblon est la

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