PLACE DE L’ÉCOLE-DE-MÉDECINE
Tool droit* réirriré».
PRÉFACE
Ce (Tétait pas assez d’avoir fondé un nouvel enseignement de pathologie cutanée, il fallait encore prouver que cet enseignement était supérieur aux autres par les principes et la méthode, par des divisions plus logiques et plus pratiques des affections cutanées.
Le moyen le plus simple et le plus sur en même temps d’arriver à ce but était de comparer nos classifications à celles des auteurs contemporains, de rapprocher nos descriptions de celles que ces mêmes auteurs ont données des affections de la peau.
Mais cette étude comparative ne pouvait avoir lieu qu’en se plaçant sur un terrain commun : de là, pour nous, la nécessité de passer en revue chacune des affections génériques de la peau. En effet, que l’on soit willaniste ou alibertiste, il n’en faut pas moins admettre l’érythème, l’eczéma, le lichen, etc.; jusque-là même tout le monde est d’accord : on ne l’est plus dès que l’on entre dans la description des espèces et des variétés.
PRÉFACE
J’ai donné une signification précise aux mots genre et espèce en pathologie cutanée. Le genre est l’affection commune à plusieurs maladies: l’espèce ne traduit sur la peau qu'une seule entité pathologique, et dans toutes les espèces on doit retrouver les caractères du genre.
Peut-être nous rcprochera-t-on d’avoir reproduit des descriptions que nous avions données déjà dans des publications antérieures; peut-être nous dira-t-on encore que notre méthode expose à de nombreuses répétitions, en ce qu’elle conduit à admettre autant de formes de maladies que ces dernières comptent de causes.
Il est facile de répondre à ces objections, et déjà, dans notre Traité de la scrofule , nous avons réfuté la dernière, en faisant observer que l’on confondait trop souvent cause et nature, et que si, par exemple, il était question de l’urticaire dans quatre ou cinq chapitres de notre livre, cela tenait uniquement à ce que l’urticaire est un symptôme et non une maladie.
Quant aux répétitions, le reproche pourrait être mérité si toutes nos publications ne faisaient qu’un seul ouvrage, mais elles forment autant de livres séparés, et le jour où, les réunissant toutes, nous pourrons offrir au public médical un corps de doctrine, un traité complet de pathologie cutanée, ces imperfections devront disparaître, et l’on pourra se convaincre alors qu’aucune des parties
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de l'ouvrage ne fait double emploi, n’empièle sur les pal lies voisines.
Dans cette étude comparative de nos doctrines avec celles de nos collègues, un grand écueil était à éviter : c'était de ne pas nous laisser entraîner par la passion, de ne pas permettre à notre enseignement oral, ni même à la plume du jeune médecin appelé à recueillir et à rédiger nos leçons, de dépasser les bornes d’une critique sévère, mais juste : au lecteur de décider si nous avons atteint ce but.
En tout cas si, à notre insu, nous avions été assez malheureux pour froisser l’amour-propre de quelqu’un des auteurs cités dans cet ouvrage, notre meilleure excuse serait d’invoquer la bonne foi que personne sans doute ne nous contesterait.
L’examen critique des doctrines professées par les autres dermatologistes doit inévitablement donner lieu à des controverses : ceci nous amène à dire quelques mots des débats scientifiques. Où la lutte doit- elle se passer? — Par qui doit-elle être jugée? Tels sont les points sur lesquels il y a divergence d’opinions.
La seconde question est facile à résoudre : un point plus ou moins litigieux sur un sujet spécial ne peut être bien jugé que par un homme compétent, c’est-à-dire par un médecin versé dans l’étude de la même spécialité.
PRÉFACE. iX
Où la lutte doit-elle se passer ? — Dans le sein d’une
académie, dira-t-on, dans une feuille périodique Je
crois l’un et l’autre terrain mal choisis, et je n’en veux pour preuve que l’échec de notre collègue M. Devergie qui a cru pouvoir m’attaquer, une première fois à la tribune académique, une seconde fois dans un journal de médecine.
Je reconnais sans peine que ce médecin distingué possède une tactique habile : diriger ses coups sur deux de ses collègues qui, sous sa plume, se trouvent toujours inséparablement unis; tel lui a paru, sans doute, le moyen le plus commode de les accabler tous deux. L’anathème est lancé sur le couple opposant, mais un seul adversaire est attaqué dans les généralités aussi bien que dans les détails. On promet, il est vrai, d’attaquer le second, mais on ajourne indéfiniment cette attaque, et le but est atteint, parce que l’on s’imagine que les projectiles qui ont frappé le premier ont quelque peu rejailli sur la tête du second.
Loin de moi la pensée de regretter le rapprochement qui a été fait de mon nom et de celui de mon savant collègue et ami le docteur Hardy : bien au contraire, je ne puis qu’être honoré d’une telle communauté ; je dirai même que j’ai lu avec une grande satisfaction, la réponse habile que ce dernier s’est chargé de faire, dans un intérêt commun, aux attaques de M. Devergie.
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Mais je n’étonnerai personne en affirmant que cette lutte avortée n’a produit aucun résultat. Les deux champions, craignant autant l’un que l’autre d’en venir aux mains, ont pris un soin égal d’éviter la rencontre, et le feu engagé par l’un dans la plaine de Grenelle ne pouvait guère atteindre l’autre qui livrait sa bataille dans la plaine Saint-Denis.
M. Devergie a signalé, avec celte justesse qui porte la conviction dans tous les esprits, les défauts des doctrines de M. Hardy. Avec un talent non moins remarquable d’exposition, M. Hardy a fait toucher du doigt les imperfections, je dirai plus, les excentricités des doctrines dermatologiques de M. Devergie, mais il n’a réfuté aucune des objections que lui avait adressées son redoutable antagoniste.
Les abonnés du journal dans lequel ces attaques ont eu lieu attendent toujours, et probablement attendront longtemps encore la suite du débat : on se rappelle que M. Devergie a annoncé une deuxième attaque, que M. Hardy a promis une seconde lettre.... Vaincs promesses qui, sans doute, ne se réaliseront jamais. On en sera quitte pour dire au public que le rédacteur de la feuille est intervenu pour clore un débat qui commençait à fatiguer ses lecteurs.
A la tribune académique, je l’ai déjà dit, une lutte
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sérieuse ne peut pas s’engager, à moins que les deux adversaires ne fassent tous deux partie de la docte assemblée, sans quoi les chances ne seraient pas égales, et d’un autre côté il est trop clair que les juges sont tout à fait incompétents dans des questions aussi spéciales.
Concluons donc que la critique n’a des allures franches et libres que dans les livres, et que là seulement elle peut se faire avec cette pleine indépendance et cette liberté absolue qu’exigent les discussions scientifiques.
Concluons aussi que le jugement de cette critique appartient exclusivement au public compétent, c’est-à-dire à ce public médical qui achète et lit les traités spéciaux, précisément parce qu’il veut se tenir au courant de la science.
Aussi, j’adjure ceux de mes confrères qui, ne partageant pas mes doctrines, se sentiraient disposés à m’attaquer, à le faire en champ clos dans des livres ou dans des brochures, où ils pourront donner libre carrière à leurs attaques, avec tous les développements nécessaires à leur argumentation : je serai toujours prêt à relever le gant et à combattre à armes égales, acceptant à l’avance toutes les changes de celle lutte scientifique.
Je ne puis terminer sans adresser tous mes remcrcîments à M. Baudot. La rédaction de ces leçons ne pouvait
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être mieux confiée qu’à la plume intelligente du médecin distingué qui a pris pour sujet de thèse les doctrines médicales de l'hôpital Saint -Louis en 1 8t> I , sujet qu'il a traité avec une grande supériorité de talent et une lucidité remarquable.
Je laisse à ce jeune confrère tout le mérite de la rédaction, mais j’assume sur moi la responsabilité des opinions émises, et si, comme j’en ai l’espoir, mes doctrines dermatologiques se vulgarisent, nul plus que lui n’aura droit à réclamer une large part dans les résultats obtenus.
15 avril 1802.