‹ Leçons théoriques et cliniques sur les affections génériques de la peau professés par le Docteur Bazin, médecin de l'ĥopital de SaintLouisChapitre 3 sur 27 · LEÇONS · texte numérisé non relu

LEÇONS

Sim LES

Messieurs,

En 1855, j'ai inauguré, dans l'enceinte où nous nous trouvons aujourd’hui réunis, un nouvel enseignement de pathologie cutanée, et, depuis celle époque jusqu'à ce jour, j’ai parcouru et minutieusement exploré toute l’étendue du domaine pathologique dont je vous avais assigné les limites et qui constitue une partie si importante de la nosographie.

Appliquant à l’élude de la dermatologie les doctrines médicales traditionnelles ; m’aidant des progrès immenses

lUm. <

réalisés dans les sciences physiques, chimiques et naturelles ; mettant en usage les nombreux moyens d’investigation que le génie humain découvre chaque jour dans sa noble ardeur de reculer les bornes de la science, je pus sans peine diriger victorieusement mes attaques contre les travaux des médecins qui m’ont précédé dans la carrière ou la parcourent avec moi.

Aucune classification ne trouva grâce devant mes yeux : celle de W'illan comme celle d’Alibert, celle de M. Rayer comme celles de mes collègues, toutes durent passer au crible d’une critique justement sévère et se voir successivement renversées, parce que toutes reposent sur des bases instables, sont entachées d’un vice radical, offrent en un mot la confusion delà maladie, l'affection, la lésion et lesymptôme.

Je n’ai pas la prétention de passer en revue toutes les classifications qui, depuis Mercuriali jusqu’à M. Devergie, ont été successivement mises au jour par les médecins dont la plume s’est exercée sur la pathologie cutanée ; le temps ne me le permet pas , et d’ailleurs cette revue rétrospective, si elle n’était fastidieuse, serait au moins inutile, puisque toutes ces classifications peuvent être rattachées à trois classifications mères : celle de Willan, celle de M. Rayer, celle d’Alibert. Seules, ces classifications seront donc de notre part l’objet de quelque attention, et j’espére facilement vous démontrer la supériorité de celle que nous avons établie sur toutes ses aînées et ses contemporaines.

Classification sémiotique. — Willan s’engageant dans la voie que Plenk avait préparée dans son traité intitulé : Doctrina demorbis cutaneis, qud là in suas classes, généra et species, rediguntur , 1783, prit pour base de sa classification

CLASSIFICATIONS DERMATOLOGIQUES. S

la lésion élémentaire à sa période d’état, et admit les huit classes suivantes : affections papuleuses, squameuses, exanthématiques, bulleuses, pustuleuses, vésiculeuses, tuberculeuses, maculeuses.

Cette classification du médecin anglais constitua un progrès évident au temps où elle fut émise, et présente aujourd’hui même une utilité incontestable pour l’étude des affections cutanées : aussi l’ai-je conservée, mais en la modifiant et en augmentant le nombre insuffisant de ses éléments, par l’addition de l’hypertrophie crypteuse, des tumeurs de la peau désignées sous les noms de pian , mycosis fou y aide s, du furoncle, et enfin du godet favique, éléments dont Willan n’avait pas fait mention dans sa classification. Toutefois, je me suis gardé, en l’acceptant, de tomber dans l’erreur de ce dermatologiste et d'un grand nombre de médecins : je ne l’ai pas considérée comme une classification des maladies de la peau, mais seulement des lésions cutanées élémentaires, et, si je vous conseille de graver dans votre mémoire le tableau de notre classification qui comprend ces lésions cutanées, et de rechercher toujours, en présence d’une affection de la peau, quel est l’élément primitif par lequel elle a débuté, je ne saurais trop vous engager aussi à ne pas vous satisfaire de ce diagnostic élémentaire, et à rechercher, en outre, elle genre et la nature de cette affection.

Nous avons remplacé les divisions willaniques, par une classification des lésions cutanées élémentaires et des affections génériques de la peau, qui a l’avantage de comprendre toutes les lésions cutanées; la voici :

Classification sémiotique des lésions cutanées élémentaires et des affections génériques de la peau.

PREMIER ORDRE. — Taches.

Page 1