DEUXIÈME PARTIE
SÊMÉIOTIQUE CUTANÉE.
II me paraît nécessaire de faire précéder l'histoire des sypbilides de quelques études de séméiotique cutanée.
Si je reprends un sujet que j'ai déjà traité, c'est à cause de son importance extrême, et parce que j'ai besoin de développer de nouveau des idées encore mal comprises et du reste incomplètement reproduites dans les leçons de 1855.
La séméiotique est la pierre angulaire de mes doctrines dermatologiques, et sans elle nul enseignement ne saurait être fécond.
Un exemple pris au hasard fera ressortir facilement et son rôle et son utilité.
Supposons qu'en ait à décrire la syphilide tuberculeuse; on devra non-seulement suivre le tubercule depuis sa naissance jusqu'à sa disparition complète dans toutes ses périodes, mais encore le prendre à un moment donné de son évolution, et le considérer comme un symptôme dont il faut apprécier la valeur absolue et relative. Au début, c'est une tache qui a une valeur absolue par son siège, son étendue, sa disposition, etc., et une valeur relative par ses caractères objectifs : tache érythémateuse et non inllammatoire, vasculaire et non purement pigmentaire. — Plus tard c'est un bouton qui de môme à une valeur absolue par son siège, sa forme, sa disposition, etc., et une valeur relative par son espèce ; c'est un tubercule; or, le tubercule exclut la dartre et l'arthrilis, tandis qu'il se rencontre dans la scrofule et la