MODIFICATIONS 1)KS PRODUITS DU SÉCRÉTION ET D'EXCRÉTION
apparence pavimenteuse ; et les cellules profondes de forme polyédrique, dont l'ensemble constitue le corps muqueux. Dr puis les travaux de Henle et des micrographes modernes, ce sont là des points d'anatomie parfaitement établis.
Aussi n'est-ce pas sans étonnement qu'on lit dans les Leçons de M. Hardy (brochure de 1857) que le corps muqueux dans lequel il place le siège de l'eczéma est chargé de la sécrétion des cellules superficielles de l'épidémie.
Mais, puisqu'il s'agit ici d'erreur anatomique, je ne puis laisser passer sans la signaler celle qui se trouve dans le rapport que M. Devergie a lu, au commencement de cette année, à l'Académie de médecine, sur la dartre tonsurante.
Dans mes leçons sur les maladies parasitaires, j'avais dit qu'il fallait épiler les sycosis, même après la disparition du cryptogame, parce que le poil profondément altéré dans sa structure devenait un véritable séquestre dont la présence entretenait l'irritation du follicule pileux. M. Devergie reconnaît aussi qu'il faut épiler en pareil cas, mais, c'est, dit-il, parce que le poil est enflammé et étranglé.
Mon honorable collègue, pour édifier une théorie dont l'idée lui paraissait neuve, n'a pas craint de méconnaître ainsi les notions les plus élémentaires de Tanatomie.
La dartre et l'arthritis se traduisent surtout par des affections des glandes sudoripares, et la scrofule, ainsi que la syphilis, par des affections des glandes sébacées.
L'augmentation de la sécrétion épidermique produit les squames, qui sont si abondantes dans les dartres sèches dont le psoriasis est le type, etqu'on trouve aussi très souventdans les éruptions syphilitiques. Cette fréquence des formes squameuses dans la syphilis et la dartre, explique la difficulté qu'on éprouve quelquefois pour distinguer entre elles les manifestations de ces deux maladies constitutionnelles.
60 SÉMÉIOTIQUE CUTANÉE.
Faut-il avec la généralité des dermatologistes admettre que ces formes squameuses peuvent, dans la syphilis, se manifester primitivement? Pour moi, je pense qu'elles sont toujours consécutives et qu'on a décrit à tort la roséole de la paume des mains et de la plante des pieds, ainsi que des syphilides tuberculeuses ou papuleuses dont les éléments primitifs se recouvraient d'abondantes exfoliations épidermiques, sous le nom de psoriasis syphilitique. C'est là, d'ailleurs, une question que j'aborderai avec plus de détails dans l'histoire des syphilides en particulier.
Quant au liséré épidermique de Biett, il ne faut pas lui attribuer trop d'importance dans le diagnostic de la syphilis, parce qu'on le rencontre également dans d'autres maladies.
A la diminution des sécrétions pileuse et unguéale se rapportent la chute des cheveux et des ongles, phénomènes qui paraissent avoir été fréquemment observés dans la grande épidémie du xva siècle.
Cependant, il est probable que les auteurs de cette époque ont souvent décrit, sous le nom de pelade syphilitique, de véritables pelades décalvantes.
L'alopécie ne doit être considérée comme se rattachant à la diathèse syphilitique que lorsqu'elle se produit à la suite de syphilides du cuir chevelu, ou bien à la suite des exostoses des os du crâne.
La chute des cheveux n'est pas rare non plus chez les malades dont la constitution est profondément débilitée, et principalement chez les convalescents, des grandes pyrexies.