‹ Leçons théoriques et cliniques sur les syphilidesChapitre 22 sur 51 · MODIFICATIONS DES QUALITÉS PHYSIQUES DE L'ORGANE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DES QUALITÉS PHYSIQUES DE L'ORGANE

Les modifications des qualités physiques de la peau constituent deux ordres de symptômes. Les uns sont communs au système cutané et aux autres systèmes, comme la teinte iclérique, la teinte chlorotique et la cyanose; les autres lui appartiennent exclusivement : telles sont les plicatures, les altérations pigmentaires et les éruptions cutanées.

Je ne m'occuperai que de ces dernières, et seulement au point de vue de la séméiotique.

Mais qu'est-ce donc qu'une éruption cutanée? Pour moi, ce n'est qu'un symptôme par lequel se traduisent sur la peau des états pathologiques très divers. Aussi voit-on qu'il y a loin de ma manière de voir à celle des willanistes, et que l'eczéma, le lichen, l'impétigo, etc., ne constituent pas pour moi, comme pour eux, des maladies de la peau, c'est-àtdire des essentialilés morbides, mais seulement des manifestations sur l'appareil légumenlaire d'unités pathologiques , scrofule, syphilis, dartre, etc.

Les différences que présentent entre elles les éruptions cutanées étudiées sous le rapport séméiotique sont relatives :

1° Au siège analomique -,

2° Au mode pathogénique ;

3° A la dialhèse.

1° Siège analomique. — Lorsque le siège analomique est bien connu, il suffit à lui seul pour caractériser le genre; c'est ce qui a lieu, par exemple, pour l'acné que tout le monde s'accorde à placer dans les follicules sébacés, pour la mentagre ou le sycosis qui n'est que l'inflammation des follicules pileux.

62 SÉMÊI0T1QUE CUTANÉE.

Mais il est loin d'en être ainsi pour la plupart des affections cutanées, et leur siège est encore un sujet de discussion parmi les dermatologistes.

Ainsi, à M. Cazenave, qui place l'eczéma dans les glandes sudoripares, M. Hardy, qui veut en faire une affection du corps muqueux, objecte que les produits de l'eczéma ne sont pas formés par la sueur mais par des squames épi dermiques qui résultent de l'augmentation de Iasécrétion de Tépiderme, et qu'il est impossible d'apercevoir sur les parties malades les orifices des glandes sudoripares.

Mais depuis quand les produits morbides ressemblent-ils aux produits physiologiques? et d'ailleurs les squames deleczéma ne sont pas formées seulement d'épidémie mais encore de pus, de sérosité etc.; et puis voyez la suelte dans laquelle on ne peut nier certes que les glandes sudoripares ne soient atteintes: l'éruption qui l'accompagne est caractérisée par de petites papules sur lesquelles se développent des vésicules, mais jamais il n'est possible d'apercevoir l'orifice d'un seul conduit excréteur des glandes sudoripares.

M. Cazenave a donc fait une hypothèse, c'estvrai, mais une hypothèse parfaitement admissible.

2° Mode pathogénique. — A défaut du siège anatomique, l'identité du mode pathogénique peut servir à déterminer l'élément cutané morbide. Exemple : les vésicules et les pustules.

3° Maladie. — La maladie donne aux affections par lesquelles elle se traduit un cachet particulier.

Tantôt c'est d'une manière exclusive qu'elle leur imprime ce cachet; ainsi le godet favique caractérise la teigne faveuse, et ne caractérise qu'elle; la plaque muqueuse, rangée à tort parmi les syphilitles papuleuses, n'appartient qu'à la syphilis.

Tantôt, outre les caractères propres qui dépendent de la

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maladie, les affections présentent des caractères communs parfaitement indépendants de celle-ci. Ces caractères communs se tirent du siège anatomique et du mode pathogénique.

Le mode pathogénique est inflammatoire, hypertrophique, homœomorpheou hétéromorphe. La séméiotique a pour objet de prendre individuellement chaque caractère tiré du siège, de la forme, du volume, etc.,deles réunir deuxàdeux, trois à trois, etc., pour en constituer les genres.

Elle apprécie la valeur absolue des caractères généraux et la valeur relative des genres Aller plus loin c'est entrer dans le domaine de la nosographie.

C'est en me plaçant au point de vue de la séméiotique que j'ai divisé, en 1855, les allèctions de la peau en quatre ordres: taches, boutons, ex foliations , ulcères. Cette division me paraît exacte et propre à faciliter l'étude du diagnostic; je la maintiens, n'en ayant pas de meilleure à vous proposer. J'examinerai donc successivement chacun de ces ordres, puis je terminerai cette partie importante de notre cours par l'étude des cicatrices, modifications de l'état normal de la peau que ces quatre ordres de symptômes peuvent amener à leur suite.

Je ne saurais trop vous rappeler que l'affection de la peau envisagée de cette manière, diffère essentiellement de l'affection correspondante des willanistes. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, l'eczéma pour les auteurs est une affection qui débute par une rougeur érythémateuse bientôt suivie de vésicules, à la rupture desquelles on voit se former des squames ou des croûtes, molles, verdâtres, etc. ; pour moi, l'eczéma est tout simplement un boulon vésiculeux qui, dès qu'il est rompu, n'appartient plus à l'ordre des boutons, mais à Tordre des squames.

S KM ÉIOTIQUE CUTANÉE.

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