PUSTULEUSE. 1Z
qui, en tombant, laissent à nu une lacbe violacée, très longue cà disparaître.
On voit donc que les pustules qui appartiennent à cette • variété, bien que se rapprochant par leur forme et leur ombilication de celles de la variole, s'en distinguent par leurs croûtes, qui sont plus larges que dans cette dernière affection, et par leurs cicatrices tout à fait différentes des cicatrices gaufrées de la variole.
B. — Séméiotique.
Nous ne reviendrons pas ici sur le diagnostic différentiel de la sypbilide papuleuse et de la sypbilide pustuleuse.
Il est possible de confondre la sypbilide pustuleuse lenticulaire avec l'acné vulgaire. Mais les pustules de l'acné, plus volumineuses que celles de la sypbilide lenticulaire, présentent une couleur rouge sombre, suppurent lentement, siègent principalement sur la face et le dos, ne s'observent jamais sur les membres inférieurs, et sont suivies de petites cicatrices plissées et allongées ; tandis que celles de la sypbilide ont une teinte cuivrée, suppurent plus rapidement, peuvent se montrer sur les membres, et produisent ces maculatures cicatricielles que nous avons décrites plus haut.
La sypbilide pustuleuse miliaire et la sypbilide pustuleuse pblyzaciée, lorsqu'elles sont précédées de symptômes généraux, pourraient au premier abord être prises la première pour une varioloïde, et la seconde pour une variole ; mais les symptômes généraux dans les lièvres éruptives sont plus graves, et d'ailleurs la marche si différente des affections dans les deux cas ne rendrait pas l'erreur longtemps possible.
L'éruption pustujeuse de la gale qui, d'ailleurs, complique souvent toutes les formes de syphilides, se distingue de la
150 SYPHILIDES K X A N t HËM ATIQUES •
syphilidë j)ustuleuse par les démangeaisons intenses qu'elle détermine, par le siège des pustules, qui occupent surtout le ventre, les fesses, la verge et les mamelons, et surtout parla présence des sillons.
Les larges croûtes jaunâtres, qui recouvrent des surfaces souvent très étendues dans l'impétigo, empêcheront de [(rendre cette dernière affection pour une syphilidë pustuleuse miliaire. Lorsque le favus se dissémine sur le corps, et donne naissance à de petites plaques croùteuses répandues çà et là, on pourrait croire au premier abord qu'il s'agit d'une éruption de syphilidë pustuleuse miliaire, mais on évitera facilement cette erreur si l'on fait attention à la couleur jaune soufré, à la dépression alvéolaire des petites croûtes faveuses, à leur isolement, à l'identité de caractères qu'elles présentent toutes et à la coexistence sur le cuir chevelu d'une éruption de même nature.
§ IV, — Quatrième forme. — Syphilidë vesiculeuse.
De toutes les syphilides exanthématiques la syphilidë vesiculeuse est la plus rare.
Les auteurs décrivent trois variétés de la syphilidë vésiculeuse : l'eczéma, l'herpès et la varicelle syphilitique. De ces trois variétés nous n'en admettons qu'une seule, c'est la varicelle.
En effet, si on lit les descriptions de l'eczéma syphilitique données par les auteurs, on voit qu'il ne s'agit pas réellement d'un eczéma, mais d'une syphilidë papulo-vésiculeuse circonscrite. Quant à l'herpès syphilitique, on l'a distingué en herpès circiné et herpès à grosses vésicules.
Mais l'herpès circiné est constamment de nature parasitaire, et s'il a été décrit comme une affection syphilitique
VÉ81CULGÙSE. 154
dans certains cas, c'est qu'on a donné trop d'importance à la coloration jaune cuivré qu'il peut présenter comme beaucoup d'autres affections cutanées dartreuses ou arthritiques.
Je puis citer à ce propos l'histoire d'un malade dont j'ai déjà parlé dans la première partie de ce livre, qui était affecté d'un herpès circiné du front, dont la couleur cuivrée et les bords arrondis en imposèrent pour une corona veneris. Vidal (de Cassis), dans son Traité des maladies vénériennes , donne le dessin d'un herpès circiné syphilitique du scrotum, qui présente exactement tous les caractères de l'herpès parasitaire.
L'herpès syphilitique à grosses vésicules n'existe pas plus que les autres formes. Je ne l'ai jamais observé pour mon compte, et je suis sûr qu'on a décrit sous ce nom certaines formes aiguës de la dartre ou de l'arthritis.
M. Cazenave a décrit une variété d'herpès syphilitique caractérisé par de très petits cercles squameux qui donnent à la peau un aspect zèbre.
En lisant attentivement la description qu'il donne de ces disques squameux sur lesquels on n'a jamais aperçu de vésicules, on acquiert bientôt la certitude qu'il s'agissait de cercles d'herpès parasitaire, ou de taches de pityriasis circulaire.
L'observation de plaques muqueuses de la peau que nous avons citée dans un des chapitres précédents, montre qu'on les a souvent confondues avec les éléments d'une syphilide vésiculeuse.
On voit donc que de ces trois formes de la syphilide vésiculeuse qu'on trouve signalées dans tous les auteurs, une seule existe réellement comme syphilide exanthématique, c'est la varicelle syphilitique.
SYPHILIDES EXANTHÉMATIQUES.
§ \. — Varicelle syphilitique.
' A. — Nosographie.
La varicelle syphilitique coexiste dans la plupart des cas avec une angine, avec des plaques muqueuses ou des végétations ; elle débute généralement par les parties latérales du thorax, après quelques jours de prodromes, malaise général, anorexie, céphalées, douleurs ostéocopes et mouvement fébrile.
Elle commence par des taches d'une couleur rouge vif et non pas cuivrée, comme le dit M. Cazenave.
Sur chaque tache se développe une petite vésicule ordinairement arrondie, subglobuleuse, dont la sérosité devient purulente au bout de huit à dix jours, et se transforme en croûte. Quelquefois le fluide est résorbé, la vésicule se plisse et disparaît en laissant, une petite desquamation.
L'éruption de la varicelle syphilitique lente, se faisant par poussées successives, dure généralement de trois à quatre septénaires : elle laisse des maculatures cicatricielles moins prononcées toutefois que celles de l'ecthyma.
B. — Sémantique.
1° Diagnostic. — Rien de plus facile que de confondre au début la varicelle syphilitique avec la varicelle même ou avec la variole. Dans les deux cas, il y a des phénomènes généraux prodromiques, et les boutons présentent le même aspect. Mais bientôt la lenteur de la marche de l'éruption, qui coexiste généralement avec d'autres accidents syphilitiques, comme une angine, des plaques muqueuses ou des végétations, vient rendre impossible une plus longue erreur.
2° Pronostic. — Comme affection, la varicelle syphilitiaue
VÉSICULEl'SE. 453 est d'un pronostic très bénin; mais clic est grave, au même titre que les autres syphilides que nous venons de décrire, en ce qu'elle indique que la constitution est sous l'influence diathésique.
Obs. I. — Syphilide èpythémateuse maculée. Taches de roséole squameuse sur la paume des mains [psoriasis palmaria des auteurs).
Langlois (Caroline), âgée de vingt-trois ans, journalière, entrée le 12 février 1858.
Cette malade, d'une bonne santé habituelle et qui ne présente rien d'important à noter au point de vue des antécédents, est accouchée le 29 juin dernier d'un enfant qui n'a vécu que onze jours.
Un mois après sa couche, elle a éprouvé de violentes céphalées qui ont duré une quinzaine de jours, et s'est aperçue en même temps que ses cheveux tombaient. Elle n'a jamais souffert de la gorge, et ne peut préciser l'époque à laquelle ont débuté les taches de roséole dont elle est couverte. Il y a trois mois, elle a vu paraître une petite tumeur sur le bord antérieur du tibia ; indolente jusque-là, cette tumeur est devenue douloureuse depuis trois semaines.
Bien que la malade nie tout antécédent d'accident primitif, on trouve sur la petite lèvre droite une cicatrice manifeste.
Etal actuel. — Engorgement des ganglions de l'aisselle, de l'aine et du cou.
Aucun symptôme du côté de la muqueuse pharyngée.
Sur les cuisses, les fesses, et sur la partie supérieure des jambes sont disséminées des taches irrégulières d'un rouge pâle qui disparaissent sous le doigt, et ne sont pas accompagnées de prurit.
Sur la paume des mains on trouve des taches d'un rouge pâle tirant un peu sur le jaune, les unes ronde.;, les autres irrégulières; les unes purement maculeuses, les autres recouvertes de squames d'un blanc grisâtre, peu abondantes et très adhérentes.
Sur la partie antérieure du tibia du côté gauche, il existe deux larges plaques de couleur rouge sombre, saillantes, tuméfiées et douloureuses qui rappellent tout à fait l'aspect de Ycrylhema nodosum, et au-dessous desquelles on sent la tumeur formée par l'exoslose tibiale.
Sur la jambe droite, autre plaque offrant les mêmes caractères et recouvrant aussi une tuméfaction osseuse.
Traitement. — Tisane de salsepareille édulcorée avec le sirop sudo-
154 SYPHILIDES EXANTHÉMATIQUES.
rifique; chaque jour une pilule de prolo-iodure de 0,025. Trois bains simples par semaine.
Sortie le 26 février 1858.
Sur les parlies précédemment énumérées, il n'y a plus que quelques taches dont la couleur est maintenant brunâtre.
Celles de la paume de la main sont moins nombreuses et ne présentent plus que quelques squames à leur surface.
Obs. II. — Syphiiide érythémateuse maculée. Chancre induré de la
lèvre inférieure.
Jobert (Louise), âgée de quarante ans, couturière, entrée le 26 mars
Il y a deux mois, cette malade a vu paraître dans le sillon qui sépare la lèvre inférieure du menton un bouton à sommet blanchâtre qui s'est bientôt ulcéré : ce bouton est survenu six ou sept jours après la contagion dont elle avoue toutes les circonstances.
Depuis quinze jours, elle ressent des douleurs lancinantes très vives dans la tête; douleurs qui se montrent par accès violents tous les deux jours.
Etat actuel. — Au niveau du sillon qui sépare la lèvre inférieure du menton, on trouve un ulcère arrondi un peu plus large qu'une pièce de 50 centimes, recouvert dans une grande partie de sa surface par une croûte brunâtre, et laissant voir latéralement un fond gris jaunâtre.
L'ulcère est entouré d'une auréole d'un rouge cuivré et repose sur un noyau d'induration fibro-plastique très manifeste.
Bubon sous-maxillaire, engorgement des ganglions lymphatiques du cou, de l'aine et de l'épitrochlée, et, le long de la partie antérieure et interne des avant-bras, cordons formés par les vaisseaux lymphatiques augmentés de volume.
Le tronc est couvert de taches irrégulières, de couleur rouge sombre, un peu violacée et n'occasionnant ni prurit, ni démangeaison. Cette éruption très discrète sur l'abdomen, plus confluente sur la poitrine, l'est encore davantage dans le dos.
A l'examen des parlies génitales, on constate l'existence de plaques muqueuses sur les grandes lèvres, et en explorant la gorge on voit sur les amygdales des plaques à bords soulevés, dont le centre est ulcéré et blanchâtre ; le fond du pharynx présente une rougeur granulée.
Traitement. — \ pilule, puis 2 pilules de proto-iodure de 0,025. Bains simples et applications de compresses trempées dans l'eau sédative sur la tête.
Sortie le i juin.
Après avoir persisté avec opiniâtreté, les céphalées ont disparu il y a huit jours. Le chancre est transformé en une plaque blanche cicatricielle, arrondie, déprimée et entourée d'une auréole violacée. L'induration a disparu complètement. Les taches du tronc ne présentent plus que des maculatures grisâtres dont la teinte tranche à peine sur celle des téguments voisins. Les plaques muqueuses de la vulve ont disparu.
Obs. III. — Syphilide érythémaleuse granulée,
Faveret (François), cinquante-deux ans, employé des prisons, entré le 26 novembre 1 858.
Vers la fin du mois d'août, ce malade a vu paraître à la partie inférieure du repli préputial un petit bouton qui, dit-il, était gros comme une tête d'épingle ; ce petit bouton, qui donnait lieu à quelques démangeaisons, s'est excorié au bout de quelques jours, et s'est transformé en un ulcère allongé qui ne s'est complètement cicatrisé que depuis une quinzaine.
Depuis le début de cet accident primitif, le malade n'a éprouvé ni céphalées, ni douleurs ostéocopes; il ne se plaint que d'un peu de gêne dans la déglutition. L'éruption pour laquelle il entre à l'hôpital a débuté il y a un mois par les bourses, et s'est ensuite étendue à la partie supérieure des cuisses, et n'a envahi le tronc et les bras que depuis quinze jours.
État actuel. — La partie inférieure du repli préputial forme une petite tumeur rouge, recouverte de squames grisâtres, qui présente à son centre un noyau induré et sur ses parties latérales un tissu cicatriciel blanchâtre. Les bourses et la verge sont le siège de taches de roséole rouges, exfoliées, qui, à cause de l'humidité de ces parties, se sont irritées et ont donné lieu à une complication eczémateuse, laquelle a pu même faire méconnaître leur nature par quelques médecins présents à notre visite.
Sur le tronc, on trouve des marbrures de roséole maculée, et au milieu d'elles, de très petits points papuleux ayant une teinte un peu jaunâtre, qui se réunissent dans certains endroits pour former des taches saillantes, irrégulières et dont l'aspect granuleux montre bien qu'elles résultent de la réunion de ces petites papules ; une légère des-
156 SYPHILIDES EK.VN THÉMATIQUES.
quamation revêt ces lâches granuleuses qui sont plus nombreuses au niveau de la partie inférieure de l'abdomen. Une d'entre elles, située au niveau de la région épigastrique, repose sur une induration qui indique une tendance à la transformation en syphilide merisée.
Les membres supérieurs et inférieurs sont aussi couverts de marbrures de roséole, de ces petits points papuleux dont nous avons parlé précédemment, et de taches granuleuses. Ces dernières se remarquent principalement à leur partie supérieure et interne.
L'éruption, qui a dans son ensemble une nuance jaunâtre, ne provoque pas de démangeaisons, excepté au scrotum et à la verge.
Engorgement des ganglions du cou, de l'aine et de l'épitrochlée ; le doigt, légèrement promené sur la face interne des avant-bras et des cuisses, fait reconnaître la présence de petits cordons lymphatiques.
Traitement. — 1 pilule de prolo-iodure de 0,025, tisane de salsepareille, bains simples.
Le 20 novembre, toutes les petites papules ainsi que les taches granuleuses, sont remplacées par des maculalures jaunâtres. Les marbrures de la roséole ne forment plus qu'une empreinte grisâtre très peu apparente. La verge et le scrotum ne présentent presque plus de rougeur. L'induration du prépuce a disparu , mais celui-ci est encore rouge et œdématié.
Obs, IV. — Syphilide érytliémateusc maculée el populeuse [roséole maculée et roséole populeuse ).
Blesson (Charles), vingt-trois ans, cuisinier, entré le 21 mai 1858.
Santé habituelle excellente ; n'a jamais eu de maladie grave.
A dix-sept ans, il a contracté une blennorrhagie et a conservé pendant six ans un suintement habituel qui, tous les ans au mois de. janvier, s'exaspérait et persistait ainsi pendant trois mois avec une nouvelle intensité.
Il a eu un chancre il y a quatre mois, et deux mois après l'apparition de cet accident primitif, il est resté au lit pendant quinze jours, avec des accès de fièvre qui revenaient irrégulièrement, en proie à une courbature générale el éprouvant de violents maux de tète caractérisés par une douleur gravative continuelle, et des élancements intermittents dans les régions temporales.
Lorsque ces phénomènes généraux ont disparu, l'éruption que nous allons décrire a débuté par les parois abdominales et a envahi le tronc les membres et la face dans l'espace de huit jours.
observations. 15 7
Étal actuel. — A la partie inférieure du sillon prépulial se trouve un petit ulcère à base indurée, recouvert d'une croûte jaunâtre et entouré d'une auréole violacée. Engorgement des ganglions de l'aine, de l'aisselle, du cou et de l'épitrochlée.
Sur la partie antérieure de la poitrine et sur la paroi abdominale, on voit un grand nombre de petites taches un peu violacées ressemblant à des marbrures. Au milieu de ces taches, on en trouve d'autres qui sont arroudies, saillantes; les unes complètement jaunâtres, les autres d'un rouge sombre au centre et jaunâtres au pourtour.
Parmi ces dernières, on en remarque surtout une de la largeur d'une pièce de deux francs, située à droite et en haut de l'ombilic.
Sur la partie latérale droite du front, plusieurs taches jaunâtres, papuleuses, presque arrondies, plus larges qu'une pièce d'un franc, et recouvertes d'une desquamation épidermique très légère, se réunissent pour former un groupe allongé, et dirigé en bas et en dehors. Du reste, l'éruption ne donne lieu à aucune démangeaison.
Traitement. — I pilule de proto-iodure de 0,025, tisane de salsepareille, bains simples.
Sortie le 25 juin «858.
Les marbrures n'ont pas complètement disparu ; mais, à la place des taches papuleuses, il reste des maculatures jaunâtres.
Obs. V. — Syphilide papuleuse lenticulaire. Chancre induré de
la lèvre.
Besomb (Julienne), âgée de dix-neuf ans, couturière, entrée le 19 mars 1858.
Cette malade a vu paraître, il y a un mois et demi, au niveau du bord libre de la lèvre inférieure un petit bouton dont le sommet blanchâtre s'est bientôt excorié et recouvert d'une croûte brunâtre. Ce boulon ulcéré a acquis, au bout de quinze jours, l'étendue d'une pièce d'un franc qu'il a encore maintenant, sans déterminer ni prurit ni douleur.
Depuis la manifestation de cet accident primitif, la malade n'a éprouvé ni douleurs ostéocopes, ni maux de gorge.
L'éruption pour laquelle elle vient se faire traiter dans nos salles a débuté il y a huit jours.
État actuel. — Sur le bord libre de la lèvre inférieure se trouve une croûte brunâtre très épaisse de la largueur indiquée plus haut. Bubon sous-maxillaire; engorgement des ganglions du cou, de l'aine et de
158 SYPHILIDES EXANTHÉMATIQUES.
l'épitrochlée ; la pulpe des doigts, promenée légèrement sur la face interne des avant-bras, permet de reconnaître l'existence des cordons formés par les lymphatiques engorgés.
Le tronc, principalement au niveau de la paroi abdominale de la partie antérieure de la poitrine, ainsi que les membres, surtout du côté de la flexion, sont couverts d'une éruption de petits boutons papuleux, d'un rouge jaunâtre, disséminés, dont quelques-uns sont recouverts de débris épidermiques, et d'autres entourés d'un liséré épidermique, et qui n'est pas accompagné de prurit. L'examen au spéculum n'afait reconnaître qu'un catarrhe utérin abondant ; pas de plaques muqueuses.
Traitement. — Tisane de salsepareille, <l pilule de proto-iodure de 0,025, bains simples. Sortie le 1 9 avril.
L'ulcère est cicatrisé, mais il y a encore de l'induration; il ne reste plus que quelques boutons papuleux ; les autres ont disparu ne laissant que des maculatures grisâtres.
Obs. VI. — Syphilide papulo- tuberculeuse [syphilide merisèe d'Alibert, syphilide tuberculeuse disséminée des ivillanistes) .
Mathis (Marguerite), âgée de cinquante ans, cuisinière, entrée le 2 avril 1858.
Cette malade est d'une bonne santé habituelle et n'a jamais eu de maladie grave; elle nie tout antécédent primitif, et cependant, en examinant les parties génitales, on trouve des condylomes à l'anus, et l'on découvre, au moyen du spéculum, une ulcération grisâtre assez profonde, à bords arrondis et violacés, siégeant sur la lèvre antérieure du col.
Sans avoir été précédée de céphalées ni de douleurs ostéocopes, l'éruption boutonneuse a débuté par la partie antérieure des avanl-bras, il y a six semaines, et huit jours après s'est montrée sur les cuisses, puis au bout d'un temps très court, mais que la malade ne peut préciser, elle a envahi le tronc.
Etal actuel. — Les parties que nous venons d'énumérer sont le siège d'une éruption dans laquelle on doit distinguer plusieurs éléments : d'abord, des boutons dont la teinte rouge cuivré est très prononcée, les uns, recouverts de quelques débris squameux, ou entourés d'une collerette épidermique, ne dépassant pas le volume d une lentille, les autres, véritablement tuberculeux ; puis des taches, les unes saillantes, les
autres simplement maculeuses ; les unes d'un jaune cuivré, les autres présentant une teinte violacée et qui sont le dernier terme de l'évolution des boutons dont nous venons de parler.
Cette éruption, qui ne provoque aucune démangeaison, est plus contluente à la face interne des membres qu'à leur face externe, sur les cuisses que sur les jambes, et sur les membres que sur le tronc : il faut remarquer que la face interne des cuisses présente surtout des taches et peu de boutons.
La malade ne se plaint ni de céphalées, ni de douleurs ostéocopes, ni de maux de gorge; la palpation permet de constater la présence de ganglions engorgés au cou, dans l'aine et à l'épitrochlée, ainsi que l'existence des cordons lymphatiques augmentés de volume le long des avant-bras.
Traitement. — Tisane de salsepareille, 1 pilule de proto-iodure de 0,025, bains simples, cautérisation du col avec la solution de nitrate d'argent.
Sortie le 30 avril.
Il n'y a plus de tubercules, l'éruption ne présente plus que des maculatures jaunâtres et quelques boutons papuleux. Les condylomes de l'anus sont considérablement affaissés , et l'ulcération du col est cicatrisée.
Obs. VII. — Sijphilide papuleuse miliaire [miliaire syphilitique).
Robin (Amélie), vingt-huit ans, domestique, entrée le 8 avril 1858.
Cette malade, grande, brune, fortement constituée, ne présente aucun antécédent de scrofule ni d'aucune autre maladie constitutionnelle. Elle s'est aperçue, il y a deux mois, qu'elle avait sur la partie interne de la grande lèvre droite un ulcère qui ne déterminait ni prurit, ni douleur, et dont la base était indurée.
Cet accident primitif, pour lequel la malade n'a pas consulté de médecin, a disparu au bout de quinze jours, et, depuis cette époque, elle est sujette à des maux de tête caractérisés par des élancements intermittents qui se montrent principalement le soir.
Elle n'a jamais éprouvé ni douleur à la gorge, ni gène de la déglutition, et n'a pas remarqué qu'elle perdît ses cheveux : ce n'est qu'il y a quinze jours, que des boulons se sont montrés sur la jambe droite, puis se sont successivement étendus aux membres supérieurs et au tronc.
Étal actuel. — Plaques muqueuses sur les grandes lèvres ; sur le
J 60 SYJ'HILIDES ÈÎÀNTHÉMATIQUES.
col, large ulcération à bords taillés à pic, à fond grisâtre. Le tronc est couvert d'une éruption confluenle de très petits boulons du volume d*une tête d'épingle, d'un rouge jaunâtre; h s uns isolés, les autres réunis en groupes irréguliers ou en arcs de cercles et recouverts de petites squames grisâtres. Au milieu de ces boutons, on voit des taches, les unes petites, les autres très larges, d'un rouge sombre dont le pourtour est jaunâtre, et paraissant formées par la réunion de ces boulons.
Sur les membres supérieurs et inférieurs, l'éruption présente les mêmes caractères et la même confluence; seulement aux jambes les boutons confluents ont formé de très larges taches d'un rouge cuivré que recouvre une desquamation abondante.
Traitement. — Tisane de salsepareile, I pilule de prolo-iodure de 0,025, bains simples; cautérisation tous les huit jours de l'ulcère du col avec la solution de nitrate d'argent
Sortie le i juin.
L'ulcère du col est cicatrisé ; il n'y a plus de plaques muqueuses à la vulve. Quant aux boulons, il n'en reste presque plus; à leur place, on ne voit plus que des maculatures jaunâtres plus ou moins étendues.
Obs. VIII. — Syphilide populeuse miliairc [miliaire syphilitique).
Lafontaine (Lise), vingt trois ans, couturière, entrée le 10 décembre
Cette malade a eu dans son enfance des accidents scrofuleux , ophthalmies longues et rebelles, glandes ulcérées au cou, et elle porte en ce moment une cicatrice au-dessous de la base de la mâchoire du côté gauche.
Elle nie tout antécédent vénérien ; cependant en examinant les parties génitales, on constate la présence de plaques muqueuses sur la partie interne des grandes lèvres.
Elle est accouchée, il y a huit mois, d'un enfant qui n'a vécu que deux mois; mais comme cet enfant était en dépôt, elle ignore à quels accidents il a succombé. Jamais elle n'a eu de maux de gorge, ni éprouvé de céphalées, ni de douleurs ostéocopes. Quelque temps avant son accouchement, cette malade a vu paraître sur le devant de sa poitrine quelques petits boulons qui ont disparu assez rapidement. Mais, trois mois après, elle a ressenti, dans le genou gauche, des douleurs lancinantes qui s'exaspéraient par la marche ; sa jambe gauche s'est recouverte de boutons qui se sont étendus par poussées successives, et depu's deux mois occupent à la fois le tronc et les membres.
Etat actuel. — Lo tronc est couvert d une éruption confluento formée par de très petits boutons à peine un peu plus gros qu'une tête d'épingle, de couleur rouge cuivré ; les uns isolés, les autres formant, par leur réunion, des arcs de cercle, les autres irrégulièrement groupés et donnant naissance dans plusieurs points, par leur groupement, à des plaques de couleur violacée. Ces boulons et ces plaques sont couverts de petites squames grisâtres.
Sur les membres supérieurs et inférieurs l'éruption présente les mêmes caractères ; seulement on remarque que sur les membres thoraciques elle est moins confluente, et que sur les jambes les boutons se sont réunis pour former de très larges plaques violacées au centre, jaunâtres à leur pourtour et recouvertes de larges squames blanchâtres au milieu desquelles on trouve quelques croûtes ; ces croûtes sont dues à une irritation eczémateuse des surfaces malades, provoquée par les fatigues qu'a supportées la malade avant son entrée à l'hôpital. Il en résulte que l'éruption des membres inférieurs est modifiée dans ses caractères qui ne sont bien tranchés que sur le tronc.
Obs. IX. — Syphilide pustuleuse lenticulaire (acné syphilitique).
Falectrer, âgé de trente ans, couvreur, entré le 8 janvier 1858.
Ce malade de petite taille, blond, d'apparence assez chélive, a été maladif jusqu'à l'âge de huit ans. Il a eu des gourmes, des maux d'yeux et a fait une très longue maladie pour laquelle il est resté huit mois au lit. Sans pouvoir préciser nettement le mal dont il était atteint, il se rappelle seulement qu'il toussait beaucoup, et avait tous les jours, dans l'après-midi, des accès de fièvre.
Depuis l âge de huit ans, il n'a plus été malade. Au mois de décembre \ 848, il a eu sur le gland un petit bouton rouge qui s'est recouvert d'une croûte le lendemain de son apparition et a disparu trois jours après; il assure n'avoir pas eu d'autre accident primitif.
C'est dans les derniers jours du mois d'août qu'a débuté l'éruption que nous allons décrire.
Le malade n'a jamais souffert, dit-il, ni de mal à la gorge, ni de céphalées, ni de douleurs ostéocopes.
État actuel. -— Sur le front, il existe trois groupes principaux de boutons de couleur rouge cuivré, à base indurée, et dont le sommet est couvert d'une croûte jaunâtre.
Un groupe central occupe la partie médiane du front, et deux groupes latéraux sont situés au-dessus des sourcils sur un plan inférieur à celui du groupe central,
162 SYPHILIDES EXANTHÉMATIQUES .
Dans la chevelure on trouve quelques croûtes jaunâtres, disséminées.
Dans le dos, on voit des maculatures grisâtres et des boutons qui présentent les caractères que nous avons signalés plus haut ; en arrière de l'omoplate du côlé droit et sur la partie latérale gauche de la colonne vertébrale, entre celle-ci et le bord spinal du scapulum, plusieurs boutons se sont réunis pour former une petite tumeur de la largeur à peu près d'une pièce de deux francs, engorgée à sa base, et présentant à sa surface libre une croûte brunâtre entourée d'une auréole sombre.
Les bras, principalement du côté de la flexion, sont le siège d'une éruption de boutons disséminés et de taches grisâtres.
Traitement. — Tisane de salsepareille, \ pilule de prolo-iodure de 06r,02o, bains simples.
Sous l'influence de ce traitement, les boutons du front se sont affaissés, ceux du dos et des bras sont devenus moins nombreux, mais ils n'étaient pas encore disparus complètement , lorsque le malade est sorti, le 12 février.
Obs. X. — Syphilide pustuleuse lenticulaire.
Champion (Caroline), vingt-deux ans, fleuriste, entrée le 4er décembre 4 858.
D'une bonne santé habituelle, cette malade a pourtant présenté des antécédents scrofuleux dans son enfance; elle a eu des gourmes, et pendant six mois elle a été sujette à des maux d'yeux. Il y a quatre mois, elle s'est aperçue de la présence d'un petit bouton ulcéré sur les parties génitales. Un mois après la cicatrisation de cet accident primitif, l'éruption boutonneuse, dont nous allons plus bas tracer les caractères, a débuté par la partie antérieure de la poitrine, et il est survenu des céphalées caractérisées par des élancements qui se faisaient sentir au niveau des tempes et du front, mais principalement à gauche, ainsi que des crampes dans la cuisse et la jambe gauches.
Ces crampes n'ont duré que peu de temps, mais les céphalées persistent encore maintenant, quoique avec moins d'intensité.
La malade a eu, pendant la durée de l'accident primitif, un mal de gorge peu intense qui n'a duré que trois semaines; elle a aussi perdu longtemps des cheveux, symptôme qui coïncidait avec la présence de quelques croûtes jaunâtres disséminées dans le cuir chevelu, et dont l'apparition a eu lieu en même temps que celle des boutons de la poitrine.
Etat actuel. — Sur la nuque, le cou et la partie supérieure du tronc,
en avant et en arrière, on trouve un grand nombre de boutons qui se présentent sous la forme de petites tumeurs dures, hémisphériques ou aplaties, d'une couleur rouge sombre un peu violacée; les unes recouvertes de petites croûtes jaunes, les autres de squames grisâtres, et au milieu desquelles sont répandues quelques maculatures jaunes.
Dans les jarrets, un grand nombre de ces boutons, qui sont groupés, présentent les mêmes caractères. On en voit aussi quelques-uns sur les membres supérieurs et inférieurs ; à la partie antérieure et externe de l'avant-bras on en remarque un, entre autres, dont le volume atteint celui d'une petite merise.
Il y a quelques croûtes jaunâtres disséminées dans les cheveux; rien à la gorge ; quelques ganglions engorgés au cou et dans l'aine ; plaques muqueuses sur les grandes lèvres.
Traitement. — Tisane de salsepareille, 1 pilule de proto-iodure de 0sr,0u25, bains simples.
Le 20 décembre, dans tous les points que nous avons signalés plus haut, il n'y a plus que des maculatures jaunâtres, excepté à la nuque, près de la racine des cheveux, où l'on- rencontre quelques boutons d'un rouge un peu violacé au centre et jaunâtres au pourtour, dont l'aplatissement indique la tendance à la résolution. Plus de croûtes dans les cheveux, plus de plaques muqueuses aux parties génitales.
Obs. XI. — Syphilide pustuleuse miliaire.
Bouvier (Marie), trente-cinq ans, entrée le 10 décembre 1858.
Cette malade, qui nie formellement tout antécédent syphilitique, a éprouvé il y a deux mois de violentes douleurs lancinantes qui survenaient principalement le matin et le soir. Aujourd'hui ces douleurs persistent encore, mais elles sont moins intenses. Huit jours avant son entrée à l'hôpital, elle a commencé à souffrir de l'épaule, et depuis un mois à peu près elle ressent un peu de gêne dans la déglutition. L'éruption pour laquelle elle vient réclamer nos soins a débuté, il a six mois, par la partie antérieure des avant-bras, et a successivement envahi les parties que nous indiquerons tout à l'heure.
État actuel. — En arrière de l'épaule, au niveau de l'omoplate, on trouve de très petits boutons rouge cuivré delà grosseur d'un grain de mil; les uns recouverts d'une petite croûte jaune, les autres d'une squame grisâtre : les uns sont isolés, les autres groupés, et ce groupement a donné naissance, dans un grand nombre de points, à des boutons assez volumineux pour que quelques-uns atteignent et dépas-
ICA SYPHILIDES EXANTffÊMATIQUES.
sent même le volume d une lentille. Ceux-ci présentent à leur surface des squames et môme des petites croûtes jaunes. Au-dessus et en dehors de la rotule de chaque coté, en dehors des avant-bras et au niveau de la saignée, il y a des groupes semblables à ceux que nous avons décrits plus haut, c'est-à-dire formés par de petites pustules isolées, ou réunies de manière à constituer des boutons assez volumineux. Ce fait, si évident à l'examen de la malade, est encore confirmé par le récit de celte dernière, qui affirme qu'au début de l'évolution de ces groupes il n'y avait que des éléments isolés.
On trouve encore à la paume des mains et à la plante des pieds des groupes formés par des petites pustules, et sur quelques-unes la croûte jaunâtre du sommet est parfaitement visible. Celte éruption, qui ne provoque aucune démangeaison, a une couleur rouge cuivré, mais les éléments que nous avons décrits au-dessus et en dehors de la rotule présentent une teinte violacée.
L'examen des parties génitales, pratiqué au moyen du spéculum, n'a pu faire découvrir les traces de l'élément primitif.
Bien que la malade se plaigne de gêne dans la déglutition, la gorge ne présente que peu de rougeur. Elle est actuellement soumise dans nos salles à un traitement par les pilules de proto-iodure et la tisane de salsepareille.
Obs. XII. — Syphilide pustuleuse phlyzaciëe sûr les membres inférieurs (ecthyma syphilitique). Lenticulaire acnëique sur la face.
Mouillon (Claude), âgé de trente-cinq ans , journalier, entré le 2 avril 1858.
Ce malade, qui est fortemenl constitué, jouit d'une bonne sanlé habituelle et n'a jamais eu de maladie grave. Dans les premiers jours de novembre 4 857, il a contracté un chancre au niveau de la partie supérieure de la rainure prépuliale; il est entré à la Pitié le 21 novembre. M. Maisonneuve a reconnu, dit-il, l'existence d'un chancre induré, et prescrit en conséquence de la tisane de salsepareille et des pilules de proto-iodure ; mais le malade n'a suivi ce traitement que pendant quinze jours de séjour qu'il a fait à l'hôpital ; et voyant que son chancre ne se guérissait pas, il a consulté un médecin dans le mois de février. Ce médecin n'a conseillé qu'un traitement local, pansement de l'ulcère avec la pommade au calomel, et lotions avec le vin aromatique, moyens qui ont amené sa cicatrisation dans les premiers jours de mars.
Dès le mois de décembre, cet homme a ressenti de la gêne dans la
déglutition et delà chaleur au fond de la gorge; symptômes qui n'ont disparu que depuis huit jours. 11 n'a pas eu de douleurs ostéocopes, et n'a éprouvé de douleurs de tête que pendant huit jours, au commencement de mars. C'est vers la fin de janvier qu'il fait remonter le début de l'éruption boutonneuse dont nous allons donner la description.
Etat actuel. — Sur la face interne de la jambe gauche sont disséminés des boulons ayant à peu près la largeur d'une pièce de cinquante centimes, aplatis, indurés à leur base et recouverts à leur surface libre par une croûte brunâtre entourée par une auréole d'un rouge cuivré.
Sur la figure on trouve des boutons lenticulaires, dont un certain nombre présentent à leur sommet un point purulent; quelques-uns d'entre eux forment près des ailes du nez, de chaque côté, un groupe en arc de cercle dont la concavité regarde en dehors. Sur les joues et dans la barbe un grand nombre de petits points arrondis, d'un blanc mat, attestent l'existence antérieure d'un plus grand nombre de boutons semblables à ceux que nous avons décrits et dont ils sont les vestiges cicatriciels; dans le cuir chevelu on trouve un grand nombre de petites croûtes brunâtres éparses, et sur le front, près de la racine des cheveux, deux gros boutons hémisphériques, luisants, et d'un rouge cuivré caractéristique.
Cicatrice manifeste du chancre dans le sillon préputial, plus d'induration, engorgement des ganglions de l'aine, du cou et de l'aisselle.
Traitement. — Tisane de salsepareille, I pilule de proto-iodure de OS" ,025, bains simples.
Sorti le "28 mai.
Les pustules d'ecthyma de la jambe gauche ne présentent plus de croûtes; elles ne forment plus que des plaques arrondies d'un rouge cuivré, recouvertes de squames grisâtres.
Sur la figure il ne reste plus que quelques boutons; les autres sont remplacés par de petites taches rondes déprimées et d'un blanc mat.
Obs. XIII. — Syphilide pustuleuse phlyzaciée.
Bohin (Jules), âgé de trente-deux ans, garçon limonadier, entré le 1 4 mai 1 858.
Ce malade, bien constitué, ne présentant aucun antécédent constitutionnel, et n"ayant jamais été gravement malade, a eu, dans le courant du mois d'août dernier, un chancre au niveau de la partie supérieure de la rainure du prépuce. Trois semaines après l'apparition de ce chancref il est entré à l'hôpital du Midi dans le service de M. Cullerier, qui a
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prescrit un traitement interne par la liqueur de Van-Swieten, mais il est sorti de l'hôpital au bout de trois semaines pour y rentrer quinze jours après et y faire un autre séjour de trois semaines, soumis au même traitement.
Ce malade, voyant que le chancre dont il était atteint ne se cicatrisait pas, est allé, huit jours après avoir quitté l'hôpital du Midi, consulter M. Clerc, qui, dit-il, a considéré l'ulcère comme infectant, mais n'a pas prescrit de traitement interne.
Cet ulcère qui, d'après la cicatrice déprimée avec perte de substance, qu'on voit dans la rainure du prépuce, paraît avoir été compliqué de gangrène, a mis en tout six mois à guérir.
Les boutons, dont nous décrirons tout à l'heure les cicatrices sur la poitrine, ont débuté, dans les premiers jours de janvier, par de petites tumeurs rouges purulentes au sommet , qui se sont élargies en se recouvrant de croûtes noirâtres, et ont disparu au bout d'un mois, en laissant après elles des maculatures cicatricielles. Quant à ceux qui occupent les membres inférieurs, leur début remonte à trois semaines. Du reste, cette éruption n'a été accompagnée ni de céphalées, ni de douleurs ostéocopes, et le malade n'a éprouvé qu'un très léger mal de gorge pendant huit jours.
Etat actuel. — Cicatrice avec perte de substance sur la rainure du prépuce; pas d'induration. Pléiades ganglionnaires dans l'aine, engorgement des ganglions cervicaux et sus-épitrochléens.
Au-dessous de l'extrémité interne de la clavicule, on voit un groupe disposé en forme de L, formé par la réunion de trois plaques arrondies ayant à peu près l'étendue d'une pièce d'un franc, et dont le centre présente une coloration d'un blanc mat, et le pourtour une teinte d'un jaune brunâtre.
Çà et là sont disséminées sur la poitrine d'autres maculatures cicatricielles offrant les mêmes caractères.
Il y a donc eu sur la poitrine une première poussée de pustules phlyzaciées dont il ne reste plus que les cicatrices, et qui a été suivie d'une seconde poussée maintenant en pleine évolution sur les jambes. En effet, on rencontre sur les jambes, principalement à leur partie nterne, de larges pustules arrondies, les unes ayant à peu près l'étendue d'une pièce de cinquante centimes, les autres celle d'une pièce d'un franc, d'une couleur rouge sombre un peu violacée, et qui sont recouv ertes de croûtes brunâtres.
Traitement. — Tisane de salsepareille, 1 pilule de proto-iodure de 0sr,025, bains simples.
Sorti le 4 juin 1858.
Sous l'influence de ce traitement les pustules sont en pleine résolution. Quelques-unes sont encore un peu croûteuses, mais le plus grand nombre ne forme plus que de larges taches un peu saillantes d'un rouge sombre, squameuses à leur surface, et entourées d'une auréole brunâtre qui tend à se substituer à la couleur rouge à mesure que la guérison s'opère.
Obs. XIV. — Syphilide vësiculeuse. Varicelle syphilitique.
Dubet (Léonard), âgé de vingt-neuf ans, orfèvre, entré le 31 août
Ce malade porte sur la joue droite une large plaque rouge cicatricielle, trace indélébile d'une scrofulide maligne pour laquelle il a été traité, il y a six ans, à Saint-Louis, chez M. Moissenet, et au-dessous de l'oreille gauche une plaque de scrofule cutanée, bénigne, rouge, couverte de croûtes jaunâtres et de la largeur à peu près d'une pièce de cinq francs; celte affection existe depuis un an.
Il a eu un chancre il y a huit mois, et c'est deux mois après que l'éruption a commencé à paraître.
État actuel. — Le malade présente des vésicules surtout globuleuses. Elles sont entourées à leur base d'une petite auréole rouge ; quelques-unes sont remplies de sérosité, et c'est le plus petit nombre, d'autres sont remplacées par une petite croûte blanchâtre. Elles n'occasionnent, du reste, ni prurit ni démangeaison. Sur les parties antérieure et postérieure du tronc, elles sont discrètes : il n'y en a point ni à la face ni au cuir chevelu. Sur les membres ces vésicules sont confluentes et disposées en groupe. Parmi ces groupes, nous devons en remarquer un de la largeur d'une pièce de cinq francs, situé sur la partie moyenne et externe de l'avant-bras droit, et d'autres plus petits, larges à peu près comme une pièce de cinquante centimes, occupant les poignets et la paume des mains. Les pieds ne sont pas plus épargnés ; ils sont un peu œdématiés, et au milieu des groupes vésiculeux on trouve quelques pustules.
Traitement. — Tisane de salsepareille, une pilule de proto-iodure de 0sr,025.
Sorti le 14 décembre 4 857 complètement guéri.
Cette observation présente un tableau exact de la varicelle syphilitique, mais on doit regretter que les symptômes prodromiques ou concomitants de l'éruption n'aient pas été recherchés.
SYPHILIDES CIRCONSCRITES.