‹ Leçons théoriques et cliniques sur les syphilidesChapitre 37 sur 51 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SYPHILIDES EXANTHÉMATIQIES.

Généralement précédées de prodromes , fièvre, malaise général, etc., les syphilides exan thématiques sont caractérisées par des taches ou des boutons disséminés, dont l'éruption offre de l'analogie avec celle des fièvres éruptives et s'accompagne, dans l'immense majorité des cas, d'une angine due souvent à un exanthème qui se développe aussi sur la muqueuse pharyngée.

Les syphilides exanthématiques présentent une période d'invasion, une période d'éruption et une période de terminaison.

Dans la période d'invasion on observe de la courbature, des douleurs osteocopes et rhumatoïdes, des céphalées quel-

J38 SYl'ilILlMiS EXANTHÉMA.TJQUKfi^

qijefois très intenses et rebelles. Ces accidents prodromiques peuvent persister plus ou moins longtemps après la sortie de l'éruption, ou disparaître au moment où l'exanthème se développe.

Le début de la syphilide exanthématique peut être brusque; c'est alors qu'on voit en vingt-quatre ou quarante-huit heures le corps se recouvrir de taches de roséole

Mais le plus souvent sa marche est lente ; elle se montre sur une région, puis sur une autre, envahissant rarement toute l'étendue du corps comme les fièvres éruptives, la rougeole, par exemple.

Elle laisse après son évolution des maculatures qui, au bout d'un certain temps, s'eflacent d'elles-mômes.

Le chancre induré, l'induration des vaisseaux et ganglions lymphathiques, l'angine, les végétations, les plaques muqueuses, soit aux parties génitales, soit à la commissure des lèvres ou dans la gorge, sont les phénomènes qui le plus fréquemment accompagnent les sy philides exanthématiques.La section des syphilides exanthématiques comprend quatre formes :

1° La syphilide érythémateuse ; 2° La syphilide papulo-tuberculeuse ; 3° La syphilide pustuleuse ; h° La syphilide vésiculeuse.

§ I. — Première forme. — Syphilide érythémateuse

A. — Nosographie.

Décrite sous les noms de roséole et d'érythème papuleux syphilitique, la syphilide érythémateuse est caractérisée par des taches rouges congestives, maculeuses ou granulées, lisses ou proéminentes, et disparaissant en totalité ou en partie par la pression, et qui par leur aspect se rapprochent

ÉRYTHÉMATEUSE. 139

(le celles de la roséole simple, de la rougeole ou de l'urticaire.

Quelquefois précédée de ces phénomènes prodromiques sur lesquels nous avons insisté dans la description des sypbilides cxanthématiques, la roséole se développe d'une manière lente et progressive, et débute le plus souvent par le tronc, quelquefois cependant par la face, et même par les parties sexuelles.

Dans quelques cas elle apparaît brusquement, et comme nous l'avons dit, couvre, en vingt-quatre ou quarante-huit heures, tout le corps du malade. Ce mode d'apparition, assez rare d'ailleurs, s'observe principalement lorsqu'une cause déterminante, comme un bain chaud, un bain sulfureux, une émotion morale vive, une grande fatigue, a provoqué le développement de la roséole.

C'est surtout clans ces cas de brusque invasion que les taches de roséole n'occupant ordinairement que le tronc et la partie supérieure des membres, couvrent toute la surface du corps.

Elles sont quelquefois limitées à des régions circonscrites, la partie antérieure de l'abdomen, les flancs, le visage et la paume des mains, lorsque leur marche a été enrayée par un traitement mercuriel.

Discrètes ou confluentes, les taches de lasyphilide érythémateuse, dont la largeur varie d'un millimètre à un centimètre, ressemblent dans le premier cas à des marbrures, et dans le second forment des surfaces rouges, continues et comme scarlatineuses.

D'une couleur rose tendre ou d'un rouge vif, elles prennent une teinte jaunâtre qui devient de plus en plus manifeste à mesure que l'éruption est plus ancienne. Ces nuances peuvent exister simultanément, et la peau prend alors un aspect particulier, que J.-L. Petit avait caractérisé par le nom

1/|0 SYl'HILlDES EXANTHÉMAT1QUES.

de peau traitée. Ces taches érythémateuses sont généralement inégales, à bords irréguliers, et n'affectent aucune disposition bien déterminée. Quelquefois cependant elles se réunissent pour former des croissants et des lignes courbes, et simulent alors celles de la rougeole.

Après leur disparition les taches de roséole laissent des maculatures brunâtres ou jaunâtres qui sont, ainsi que l'a dit avec raison M. Gibert, plus caractéristiques que l'éruption elle-même. L'âge, le sexe, la constitution des malades, les saisons ne sont pas sans influence sur la syphilide érythémateuse.Les taches, en effet, présentent une coloration plus vive pendant Télé que pendant l'hiver, sur les femmes que chez les hommes, sur les sujets blonds que sur ceux qui ont la peau brune ; une émotion morale suffit souvent aussi pour les rendre plus apparentes.

Nous distinguerons plusieurs variétés de la syphilide érythémateuse :

1° Roséole maculeuse. — Elle est caractérisée par des taches rouges congeslives, disparaissant sous le doigt et ne présentant aucune saillie.

Ces taches se confondent par leurs bords avec les téguments voisins sur lesquels elles tranchent à peine par leur teinte rose tendre. Aussi comprend-on qu'elles puissent passer inaperçues d'autant plus qu'aucun symptôme réactionnel, prurit, douleur, etc., ne les accompagne. Ce n'est même souvent que par hasard, en se déshabillant, par exemple, que le malade s'aperçoit qu'il est couvert de roséole.

2° Roséole granuleuse. — Les taches de la syphilide granuleuse sont remarquables par la présence de petites saillies papuleuses chacune traversée par un poil. Ces petites saillies paraissent formées par des follicules pileux augmentés de volume.

ÉRÎTËÉMATEUSË . 1H

3° Roséole squameuse. — Dans celte variété de la syphilide érythémateuse, les macules se recouvrent de squames. L'adhérence plus forte de ces produits furfuracés avec les éléments primitifs sous-jacents permet de distinguer cette roséole primitivement squameuse de celle qui se termine par desquamation.

Roséole papuleuse. — Les taches de la syphilide érythémateuse présentent quelquefois une saillie légèrement papuleuse, ce qui s'observe principalement au front près de la racine des cheveux. Souvent, elles ne sont que le premier degré de l'évolution de la syphilide papuleuse. Dans ce cas, l'érythème circonférentiel disparait bientôt, et la papule centrale seule persiste.

La syphilide érythémateuse peut disparaître sans desquamation, ou se recouvrir d'écaillés épidermiques d'autant plus abondantes que la période de résolution est plus avancée.

A propos de ces roséoles, soit primitivement, soit secondairement squameuses , il est important de remarquer qu'elles ont été souvent décrites sous le nom de psoriasis syphilitiques.

Ainsi, cette affection précoce de la paume des mains, connue généralement sous le nom de psoriasis palmaire syphilitique, n'est autre chose qu'une roséole de la paume des mains.

B. — Séméiotique.

1° Diagnostic. — Le diagnostic de la roséole est en général facile. L'intensité de la tièvre, le catarrhe oculo-nasal permettront de distinguer la roséole de la rougeole dont elle présente quelquefois la couleur et la disposition racémiforme des taches. La roséole simple ne sera pas prise pour une roséole syphilitique, si l'on lient compte de l'engorgement des ganglions et des vaisseaux lymphatiques qui accompagne

lll*2 SYPHILIDES EXANTHÉMATIQUES.

constamment lu seconde affection, et de la marche de l'éruption qui se fait relativement avec lenteur et par poussées successives dans La roséole syphilitique.

Les démangeaisons, la marche particulière de l'urticaire, suiliront pour empêcher de la confondre avec la syphilide érythémateuse.

Les taches de la roséole squameuse pourraient en imposer pour un psoriaris guttata. Mais, dans le j^soriasis guttata, les taches congestives sont recouvertes d'écaillés chatoyantes, argentées, tandis que celles de la roséole, moins épaisses d'ailleurs, sont d'un gris terne. Le psoriaris a pour lieu d'élection les coudes et les genoux.

Il faut éviter aussi l'erreur commise par M. Cazenave lorsqu'il décrit pour desroséoles consécutives à une blennorrhagie, des éruptions pathogénétiques déterminées par l'usage du copahu. Ces dernières donnent lieu à des démangeaisons, et ne sont jamais accompagnées d'engorgement du système lymphatique. L'absence des phénomènes concomitants des syphilides exanthématiques, céphalées, douleurs ostéocopes, et la connaissance des antécédents qui accusent l'emploi du baume de copahu, mettent, d'ailleurs, sur la voie du diagnostic.

2° Pronostic. — Le pronostic de la syphilide érythémateuse est grave, puisque cette affection indique l'existence de a syphilis constitutionnelle, mais il l'est moins que celui des vphilides circonscrites et ulcéreuses qui appartiennent à une période plus avancée de la syphilis.

§ II. — Deuxième forme. — Syphilide papulo-luberculeuse.

A. — Nosographie.

La syphilide papulo- tuberculeuse (deuxième forme des syphilides exanthématiques) est, comme la roséole, souvent

PAPl'LO-TUBERCULEUSE. \ /|3

précédée de céphalées, de douleurs ostéocopcs et rhumatoïdes et de fièvre syphilitique ; comme elle aussi, elle est accompagnée d'engorgement des ganglions et des vaisseaux lymphatiques.

Nous admettrons deux variétés de cette forme : 1° la syphilide papuleuse lenticulaire; 2° la syphilide papuleuse miliaire.

a. Première variété. — Syphilide papuleuse lenticulaire. ~ La syphilide papuleuse lenticulaire est caractérisée par des papules ordinairement coniques, papules quelquefois hémisphériques qui, pouvant atteindre le volume d'une merise, présentent tous les degrés intermédiaires entre la papule et le tubercule. C'est à cause de ce volume si variable des éléments primitifs que nous lui donnons le nom de syphilide papulo-tubereuleuse sous lequel nous décrivons la syphilide papuleuse lenticulaire, la syphilide tuberculeuse disséminée de Biett et de ses élèves, et la syphilide merisée d'Alibert.

Elle envahit quelquefois simultanément toutes les régions du corps-, mais, le plus souvent, elle débute par le tronc, quelquefois par les membres, les bras principalement, et même par le cuir chevelu, et se montre ensuite par poussées successives sur les autres régions.

Discrète ou confluente, quelquefois discrète sur certaines parties, confluente sur d'autres, la syphilide papuleuse lenticulaire est, comme la roséole, généralement accompagnée de chancre induré, de plaques muqueuses et de végétations. D'une durée ordinairement plus longue , elle se termine rarement avant trois à cinq septénaires.

Lorsque la résolution s'opère, la papule s'affaisse, se recouvre d'une écaille épidermique qui se rompt circulairement, de manière à laisser autour de l'élément primitif une petite collerette blanchâtre à laquelle Biett attribuait beau-

ihh SYPHILIDES EXANTHÉMAÎIQIES.

coup d'importance comme caractère de la spécificité d'une éruption.

La papule disparaît enfin, laissant une maculature cicatricielle de couleur jaunâtre, qui n1est jamais profonde, parce que, quel que soit le volume de l'élément primitif, il est toujours superficiel.

b. Deuxième variété. — Syphilide papuleuse miliaire. — Connue généralement sous les noms de iiclien syphilitique, de miliaire syphilitique, la syphilide papuleuse miliaire a été décrite, par M. Passereau, sous celui de syphilide papuleuse conique, car l'éruption à laquelle il applique le nom de syphilide papuleuse miliaire, n'est autre chose qu'une syphilide pustuleuse.

Cette variété de la syphilide papuleuse est comme toutes les autres formes des syphilides exanlhématiques souvent précédée de phénomènes généraux, et présente alors une certaine analogie avec la miliaire fébrile.

Constituée par des petites papules coniques, rouges dans leur période d'activité, et plus tard d'une couleur cuivrée, terne, et fréquemment disposées en groupes, cette éruption ne donne lieu à aucune démangeaison, et coexiste le plus souvent avec l'angine syphilitique, des chancres, des plaques muqueuses ou des végétations.

Elle dure généralement six semaines, deux mois, et même trois ou quatre mois. Lorsqu'elles s'affaissent, les papules se recouvrent d'une exfoliation quelquefois très abondante, et qui a pu en imposer alors pour une ichlhyose.

Je me rappelle à ce propos avoir été consulté pour un enfant nouveau-né dont la peau était couverte d'écaillés épidermiques, et qui était considéré comme atteint d'ichthyose parle médecin ordinaire de la famille. En examinant attentivement les parties malades, je m'aperçus bientôt que celte

PAWJLO-ÏUBF.RCULFA"SE, 1 /|5

desquamation s'était établie sur une éruption de petites papules rouges coniques que je reconnus appartenir à la syphilide papuleusc miliaire.

Il n'est pas rare de voir cette syphilide récidiver, maison doit remarquer que ce sont les récidives partielles qui sont les plus fréquentes.

B. — Séméiotique.

Diagnostic. — La présence des croûtes sur les éléments primitifs suflit pour distinguer la syphilide pustuleuse de la syphilide papuleuse. Mais on conçoit que lorsque les croûtes sont tombées Terreur devienne possible. Pour arriver alors au diagnostic, on tiendra compte de la consistance des éléments primitifs et de la contluence de l'éruption ; la papule est, en effet, plus consistante que la pustule, et la syphilide papuleuse plus confluente que la syphilide pustuleuse.

Les pustules indurées de l'acné ne seront pas confondues avec la syphilide papuleuse lenticulaire, car l'acné sié^e sur la face et dans le dos, et presque jamais sur les membres, contrairement à ce qui a lieu pour les syphilides -, elle produit, de plus, des petites cicatrices plissées, caractéristiques.

Précédée quelquefois, ainsi que nous l'avons dit, de phénomènes généraux, la syphilide miliaire n'est pas alors sans présenter une certaine ressemblance avec la miliaire fébrile.

Mais cette dernière est caractérisée par des vésicules ou même des vésico-pustules, et accompagnée de phénomènes particuliers qu'on ne rencontre jamais dans la syphilide papuleuse miliaire, comme des sueurs abondantes, et des troubles du côté des fonctions digestives, nausées, vomissements, etc., etc.

J'ai eu l'occasion d'observer quelquefois une affection à

laquelle j'ai donné le no.n de lichen à papules déprimées, et

lllG SYPHILIDES EXAÎSTHÊM.4.TIQUES.

qui consiste dans une éruption de papules d'une couleur jaunâtre, déprimées dans leur partie centrale, et disposées en groupes. La teinte et le groupement des éléments primitifs pourraient, au premier abord, faire croire à l'existence d'une syphilide papuleuse. Mais, à la confluence de l'éruption sur la lace externe des membres, aux démangeaisons qui raccompagnent, à l'absence de l'engorgement des ganglions et des vaisseaux lymphatiques, et enfin à la facilité avec laquelle elle cède ordinairement aux bains sulfureux et aux préparations arsénicales, on reconnaît bientôt sa nature darlreuse.

§ III. — Troisième forme. — Syphilide pustuleuse.

A. — Nosographie.

Après la roséole et la syphilide papuleuse, c'est la syphilide pustuleuse qui s'observe le plus fréquemment. On a prétendu qu'il n'en était pasainsiaux xvc et xvie siècles, et qu'alors les larges pustules phlyzaeiées suppurant abondamment, étaient, parmi les manifestations cutanées de la syphilis, celles qui se montraient le plus souvent. On trouve, ainsi que le fait justement remarquer 31. Bassereau, dans un syphiliographe célèbre de l'époque, dans Beniveni, la preuve du peu de fondement de cette opinion. Cet auteur dit, en effet, que les papules larges, sèches etcoriaces sont plus fréquentes que celles qui suppurent.

La pustule syphilitique présente, dans son évolution, trois périodes bien marquées. Elle forme d'abord un bouton; ee bouton suppure et se recouvre d'une croûte; enfin lorsque la croûte tombe on trouve une ulcération ou une cicatrice.

La syphilide pustuleuse, dont la marche peut toujours se résumer par ces trois états, boulon, croûte, ulcère ou cicatrice, est loin de se présenter toujours avec les mômes caractères. Aussi en admettrons-nous trois variétés :

PUSTULEUSE. 147 4° La syphilide pustuleuse lenticulaire ; 2° La syphilide pustuleuse miliaire ; 3° La syphilide pustuleuse phiyzaciée.

a. Première variété. — SypMlide pustuleuse lenticulaire. — La syphilide pustuleuse lenticulaire, sans être rare, est. cependant moins fréquente que la syphilide papuleuse avec laquelle elle est fréquemment confondue. Généralement discrets et réunis en groupes, les boutons, purulents au sommet, indurés à la base, ressemblent aux pustules delà varioloïde.

Ils débutent le plus souvent par la face ou par le cou, et envahissent le dos et les membres par poussées successives; toutefois, on doit dire que, dans l'acné vulgaire, cette marche successive est encore plus marquée. Le sommet de chaque pustule se recouvre d'une croûte qui tombe au bout d'un certain temps, etalors il ne reste plus qu'un bouton induré qu'il est facile de prendre pour une papule. Ce bouton, qui, dans la plupart des cas, est gros comme une lentille, peut présenter un volume plus considérable, sans pourtant jamais atteindre celui d'une merise, comme cela se voit dans la syphilide papulo-tuberculeuse exanthématique. Il finit lui-même par disparaître en laissant une petite cicatrice blanche arrondie, légèrement déprimée, bien différente de la cicatrice allongée et plissée qui appartient à l'acné vulgaire.

b. Deuxième variété. ■ — Syphilide pustuleuse miliaire. — Vaguement décrite par les willanistes sous le nom d'impétigo disséminé, la syphilide pustuleuse miliaire débute par le tronc et la face, et même parles membres.

Elle est caractérisée par de petites pustules, disposées en groupes disséminés, dont l'éruption se fait par poussées successives.

Ces petites pustules, ordinairement discrètes, sont, à leur

J/|8 SYPHILIDES EXANTHÉMATIÛUFS.

eenire, traversées par un poil et entourées d'une auréole d'un rouge vif, dont la teinte n'est point cuivrée, ainsi que l'a prétendu M. Cazenave. Leur sommet purulent se transforme bientôt en une croûte jaunâtre analogue à celle de l'impétigo scrofuleux.

De ce que nous venons de dire, il résulte que dans la syphilide pustuleuse miliaire, les caractères spécifiques des éléments primitifs ne sont pas très tranchés, et que c'est plutôt d'après l'ensemble de l'éruption qu'on établit le diagnostic de sa nature.

Mais si les pustules ne sont pas caractéristiques; il n'en est plus de môme des petites taches cicatricielles qui leur succèdent : elles sont, en effet, cuivrées, de forme arrondie, et présentent au centre une dépression circulaire par laquelle commence la décoloration. Au bout d'un certain temps, le centre est d'un blanc mat, tandis que le pourtour est encore cuivré.

c. Troisième variété. — Syphilide pustuleuse phlyzaciée. — Cette variété est connue généralement sous les noms d'ecthyma superficiel, d'ecthyma généralisé. Elle peut, comme toutes les autres syphîlides exanthématiques, débuter simultanément, ou se montrer par poussées successives.

Elle consiste dans des taches rouges sur lesquelles se développent des pustules coniques ou lenticulaires, souvent ombiliquées au centre et ressemblant à celles de la variole. Cette analogie des deux exanthèmes est bien plus frappante lorsque la syphilide pustuleuse phlyzaciée est précédée de symptômes généraux : fièvre, céphalée, malaise général; aussi, cette dernière a-l-elle été désignée quelquefois sous le nom de variole syphilitique.

Le liquide contenu dans ces pustules se concrète et forme des croates larges, rugueuses, brunâtres et même noirâtres,

Page 1