‹ Leçons théoriques et cliniques sur les syphilidesChapitre 40 sur 51 · TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

TUBERCULEUSE

exister avec des altérations tertiaires, comme le testicule vénérien, les exostoses, etc.

Séméiotique.

1° Diagnostic. — Le siège, la forme et la couleur sont les caractères diagnostiques les plus importants des syphilides circonscrites.

Ainsi en présence d'une éruption de boutons de couleur cuivrée, occupant la nuque, les ailes du nez ou l'épaule, ou disposés en fer tà cheval, en demi-cercle, on ne peut douter un instant qu'il ne s'agisse d'une affection syphilitique.

C'est dans les chapitres suivants, consacrés aux formes particulières de la syphilide circonscrite, que nous parlerons en détail du diagnostic différentiel de chacune d'elles.

2° Pronostic. — Envisagé d'une manière générale, le pronostic de la syphilide circonscrite est plus grave que celui de la syphilide exanthémalique, puisqu'elle appartient à une période plus avancée de la maladie syphilitique.

§ I. — Première forme. — Syphilide tuberculeuse circonscrite.

A. — Nosographie.

La syphilide tuberculeuse circonscrite est caractérisée par des boutons durs, solides, généralement rugueux, dont la surface se recouvre quelquefois d'une abondante exfoliation épidermique, et qui se terminent par résolution, en laissant toutefois après eux des cicatrices indélébiles.

Tous les auteurs qui ont écrit sur les syphilides, MM. Cazenave, Gibert, etc., décrivent la syphilide tuberculeuse circonscrite en même temps que les syphilides tuberculo-ulcéreuse et tuberculo-serpigineuse.

Nous avons montré dans un des chapitres précédents les vices d'une classification qui rapproche ainsi des affections

172 SVPHILIDES CIRCONSCRITES.

appartenant à des périodes si différentes de l'évolution de la syphilis.

Les parties sur lesquelles on observe le plus souvent la sypliilide tuberculeuse circonscrite sont, dans l'ordre de fréquence, la face, le tronc, les membres supérieurs et inférieurs, le cuir cbevelu, le cou et la face dorsale des mains. A la face, elle occupe principalement le front, les ailes du nez et les lèvres ; sur les membres supérieurs, elle a pour siège de prédilection la région deltoïdienne inférieure, la partie postérieure de l'épaule et la face externe des avant-bras ; enfin, sur les membres inférieurs, les groupes tuberculeux se montrent principalement sur la face interne de la jambe.

Ils peuvent envabir une ou plusieurs des régions que nous venons de signaler, ou bien être disséminés sur toute la surface du corps.

Dans ce relevé, emprunté auTraité des syphilides de M. Bassereau, on ne voit figurer ni la paume des mains ni la plante des pieds. C'est qu'en effet dans le livre de M. Bassereau, comme dans ceux des willanistes, de Biett et ses élèves, la sypliilide tuberculeuse en groupes de ces régions est décrite sous le nom de psoriasis palmaria ou plantaria, ou sous celui de sypliilide cornée.

Le siège anatomique des tubercules est inconnu. M. Bassereau les place dans les follicules pileux, dans les aréoles dermiques et même dans les vaisseaux lymphatiques. Mais ce ne sont là que des hypothèses, et, d'ailleurs, cet auteur a confondu les tubercules avec les tumeurs gommeuses de la peau.

La sypliilide tuberculeuse est annoncée quelquefois par des douleurs ostéocopes limitées aux régions sur lesquelles elle doit se développer.

Un de nos malades, par exemple, se présente à la consulta-

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tion do l'hôpital Saint-Louis, se plaignant de douleurs rhumatismales dans l1 épaule : on lui prescrit des bains de vapeur. Après le second bain, les douleurs disparaissent, mais en môme temps des groupes de tubercules se montrent sur l'épaule et sur la nuque.

Les tubercules paraissent en général au nombre de cinq ou six. D'abord de la grosseur d'un grain de mil, d'une tète d'épingle, ils peuvent acquérir celle d'un pois et même d'une petite olive. Les plus petits s'observent principalement à la face, sur le front, près des ailes du nez et dans la barbe, et constituent alors cette variété qui a reçu de M. Gibert le nom de syphilide granuleuse. Us sont d'une couleur gris terne ou violacée, plus souvent cuivre rouge ou cuivre jaune, et l'aire des anneaux qu'ils circonscrivent présente une teinte gris plombé signalée par M. Cazenave. Leur surface est lisse ou rugueuse, nue ou recouverte de débris squameux. Tantôt ils sont groupés régulièrement et forment des ovales, des fers à cheval, des cercles, des demi-cercles, des lettres ; tantôt ils sont irrégulièrement disposés.

Rien déplus fréquent que de rencontrer des groupes réguliers dans une région, et des groupes irréguliers dans une autre.

Quand ces boutons sont réunis en grand nombre, la peau sur laquelle ils reposent est notablement soulevée, et les parties malades prennent l'aspect d'une grappe dont chacun d'eux représente une graine. Aussi cette variété avait-elle reçu d'Alibert le nom de sijpliilUle pustulante racémiforme.

Excepté dans les cas, rares d'ailleurs, où il se forme des ulcérations, la syphilide tuberculeuse circonscrite n'est accompagnée d'aucun phénomène de réaction locale; elle ne détermine ni prurit ni douleur. Sa marche est généralement lente.

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Nous avons, en effet, très fréquemment l'occasion de voir des malades qui portent déjà depuis plusieurs mois des groupes de tubercules secs, sans que l'affection présente encore une tendance manifeste à la guérison.

Les groupes tuberculeux disparaissent quelquefois d'une région pour reparaître sur une autre, et il n'est pas rare de voir le traitement mercuriel déterminer de nouvelles poussées, alors que l'affection était déjà depuis longtemps stationnaire.

Après un laps de temps très variable, mais toujours assez long, les boutons s'affaissent en se recouvrant d'une exfoliation épidermique, et disparaissent enfin en laissant une cicatrice blanchâtre déprimée.

Ce sont ces groupes de tubercules affaissés et recouverts d'une abondante exfoliation épidermique, simulant des plaques de psoriasis, qui ont été décrits par les willanistes sous le nom de psoriasis syphilitiques.

On voit donc que la syphilide squameuse n'existe pas, c'est-à-dire que la chute de l'épiderme, pas plus que l'alopécie, n'est dans la syphilis un phénomène primitif.

En rejetant les syphilides squameuses, je suis d'accord avec Biett, Legendre et M. Bassereau lui-même qui, tout en les décrivant, les considère comme très rares.

La syphilide tuberculeuse circonscrite est une affection dont la durée est longue, et qui est sujette à récidiver.

A. — Séméiotique.

I. Diagnostic. — La syphilide tuberculeuse ne saurait être confondue avec la syphilide papuleuse. Les tubercules sont, en effet, réunis en groupes à évolution lente, plus consistants et plus volumineux que les papules dont l'éruption est d'ailleurs disséminée.

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