CHAPITRE IV
ÉTIOLOGIE DES SYPHILIDES.
Les syphilides sont des affections tégument aires qui se développent sous l'influence de la syphilis.
La syphilis est donc la cause principale de ces éruptions, mais il est certaines conditions physiologiques, physiques et pathologiques qui favorisent leur apparition, et qui méritent à ce titre d'être sérieusement étudiées.
On a voulu chercher la cause prochaine des syphilides; les uns ont alors soutenu que le chancre induré seul avait le privilège de produire ces éruptions, les autres au contraire ont prétendu que le chancre mou et la blennorrhagie pouvaient aussi les déterminer ; c'était discuter sur une question dont les termes étaient mal posés. Le chancre n'étantlui-même que la première manifestation de la syphilis, loin d'être la cause des accidents vénériens, on devait se demander non pas si le chancre induré seul amenait consécutivement des syphilides, mais si ces affections s'observaient également après le chancre induré, le chancre mou et la blennorrhagie (1).
A. — Influences physiologiques.
I» j±ge^ c'est dans l'enfance qu'on observe la syphilis héréditaire, et dans l'âge adulte qu'on rencontre le plus fréquemment la syphilis contractée. 11 n'y avait pas besoin d'invoquer la statistique, ainsi que l'ont fait plusieurs auteurs, pour appuyer la démonstration d'un fait aussi évident par lui-même.
(1) C'est là une question que nous avons tranchée dans la première partie de ce livre.
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2» Sexe. — Les deux sexes sont également exposés aux syphilides, mais les formes pustuleuse, acnéique et vésiculeusedeces éruptions sont plus fré(juentes chez la femme que chez l'homme.
3° Tempérament* — Le tempérament lymphatique prédispose aux formes pustuleuse, acnéique et vésiculeuse : le tempérament bilieux, aux formes papuleuse et tuberculeuse, et le tempérament sanguin à la forme eclhymatique.
Il0 Constitution. — On a prétendu que la malignité ou la bénignité des syphilides dépendait beaucoup de la constitution du malade, que, par exemple chez un sujet déhilité, elles affectaient plus souvent, à cause même de celle faiblesse générale, la forme ulcéreuse ou la forme serpigineuse.
Mais les caractères d'une éruption syphilitique ne tiennent absolument qu'à la période de la syphilis à laquelle elle appartient, et au génie même de la maladie.
Je ne saurais trop le répéter : le malade atteint de syphilide puro-vésiculeuse dont nous donnons plus haut l'observation, n'a dù qu'à la malignité de la forme de syphilis qu'il avait contractée, d'éprouver des accidents aussi graves que ceux qu'il a présentés.
B. — Influences physiques.
1° Température. — La chaleur comme le froid peut provoquer l'apparition des syphilides ; on les voit tout à coup se développer à la suite d'une chaleur vive comme celle que produit un bain de vapeur, aussi bien qu'après un refroidissement brusque.
2° Influences climat ériques. — Les influences climatériques sont peu connues. Cependant elles sont bien réelles, et la lecture des syphiliographes des différents pays, les observations particulières des médecins des différentes contrées,
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prouve jusqu'à l'évidence que les accidents de la syphilis présentent une physionomie variable suivant les climats. Ce qu'il y a de bien établi, c'est que dans les pays dont la température est extrême, ils revêtent en général un caractère de malignité plus prononcé.
3° Ingesta. — Il n'est pas rare de voir des malades qui, après des accidents primitifs de syphilis, n'avaient encore aucune manifestation cutanée, être couverts tout à coup d'une éruption vénérienne après des excès alcooliques, des excès de table.
On ne peut nier ni l'influence des causes morales, ni celle des grandes fatigues sur le développement des syphilides: nous avons nous-même souvent observé des malades qui attribuaient l'apparition de ces éruptions, soit à une frayeur, soit à un violent chagrin. Bien que la syphilis fût la cause efficiente de ces manifestations cutanées, la cause morale avait très certainement hâté leur apparition.