‹ Leçons théoriques et cliniques sur les syphilidesChapitre 5 sur 51 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

Sans doute, on no trouvera pas, dans ces leçons, autant d'aperçus nouveaux que dans nos précédentes leçons sur les affections parasitaires et les scrofulides : le sujet, plus étudié, mieux connu des auteurs, ne se prêtait pas à un pareil travail.

Qu'il me soit permis d'adresser des remercîmenls à M. Louis Fournier, mon interne, qui s'est chargé de la rédaction de mes leçons et s'est acquitté de sa tâche avec une grande distinction.

E. Bazin.

Janvier 1859.

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LES SYPHILIDES

L'année, qui vient de s'écouler depuis nos dernières réunions, a été heureuse pour la propagation des nouvelles doctrines.

La question du parasitisme a été portée devant l'Académie par nos adversaires eux-mêmes, et je n'ai pas besoin de vous rappeler la triste fin du débat.

Parmi les hommes du passé, les uns, niant systématiquement le progrès, n'ont admis aucun des faits nouveaux révélés par le microscope. Ils sont restés ce qu'ils étaient il y a vingt ans, persuadés, au grand détriment de la science et des malades, que Biett mort, le dernier mot était dit en dermatologie.

Pour eux, les affections autrefois incurables, le sont encore aujourd'hui; quelques-uns d'entre vous n'ont-ils pas yu, en effet, ces jours derniers dans nos salles, deux malades, le frère et la sœur, guéris en deux mois d'un favus pour lequel ils avaient inutilement séjourné dix-sept mois dans le service d'un médecin de cet hôpital, connu pour son opposition aux idées nouvelles. '

Les autres ont accepté quelques-uns des résultats du mi-

2 CONSIDÉRATIONS GÊNÉl&LES

croscope, mais bientôt voulant tout concilier, le présent avec le passé, les nouvelles doctrines avec les anciennes, ils n'ont réussi qu'à créer un système hybride, et à rétablir la confusion et l'obscurité dans les questions où le microscope avait fait briller La lumière.

Enfin, malgré des attaques passionnées, les affections parasitaires ont conquis désormais leur place dans les cadres nosologiques. J'en ai fait l'histoire dans les leçons de 18 57, rédigées avec talent et fidélité par M. Pouquct, interne du service. J'avais en 1856 parlé des manifestations cutanées de la scrofule, de la dartre et de l'arthritis, de sorte que pour en finir avec les affections de la peau de cause interne, il me reste à traiter maintenant des syphilides.

Le mot syphilide a été créé par Alibert, pour désigner les dermatoses développées sous L'influence de la. syphilis. Celle dénomination est mauvaise, car le mot syphilide signifie, qui a la forme de syphilis, mais le temps en a consacré l'usage, et je l'adopterai. Fuchs avait proposé les noms de syphilose et de scrofulose qui n'ont point prévalu. C'est pour faire pendant à cette classe des syphilides, que j'ai créé celle des scrofulides. Le mot, après avoir soulevé bien des orages et bien des tempêtes, est enfin définitivement passé dans la science.

M. Hardy l'a adopté, mais la classe des scrofulides ne comprend, pour lui, que les affections malignes de la peau qui dépendent de la scrofule, le lupus, par exemple ; tandis que j'y fais rentrer aussi sous le nom de scrofulides bénignes, d'autres affections superficielles, il est vrai, et n'amenant aucune destruction des téguments; mais qui n'en sont pas moins des manifestations scrofuleuses.

M. Bouchut décrit aussi les scrofulides dans son Traité des maladies de ïenfance, et MM. Littré et Charles Uobin leur

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