‹ Leçons théoriques et cliniques sur les syphilidesChapitre 6 sur 51 · SUR LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

SUR LA SYPHILIS

ont consacré un paragraphe dans la dernière édition du Dictionnaire de Nysten .

Alibert a décrit trois espèces de syphilides : la syphilide pustulante, la syphilide végétante et la syphilide ulcérante.

De ces trois espèces, je n'admets que la première ; l'ulcère, en effet, est un phénomène secondaire, et si, dans le chancre, par exemple, il paraît être le phénomène primitif, c'est que la première période caractérisée par une vésicule ou une pustule est très courte, et peut ainsi échapper à l'observation.

Quant à la végétation, ce n'est pas une affection syphilitique; c'est un accident purement local qui dépend de l'irritation produite par un fluide spécifique, et contre lequel échouent constamment les préparations mercurielles. Les hommes qui professent en syphiliographie les doctrines les plus opposées, MM. Lagneau, Cazenaveet Ricord, se sont tous accordés pour admettre le développement des végétations sous l'influence de l'irritation simple. Quant à moi, je pense que, pour amener un pareil résultat, il faut que le liquide irritant possède des qualités spécifiques. Nous voyons bien souvent en effet dans nos salles, des eczémas des bourses avec suintement et excoriations, qui présentent par conséquent toutes les conditions favorables au développement des végétations par simple irritation; pourtant nous n'avons jamais vu ces productions se développer en pareil cas.

M. Ricord dit avoir observé des masses végétantes tà la vulve chez des filles vierges, mais c'est là, je crois, une virginité dont il faut singulièrement se défier. Et d'ailleurs, on conçoit très bien que, malgré la persistance de la membrane hymen, il se peut qu'il y ait eu contamination par un fluide spécifique.

On a dit également que les végétations n'étaient pas rares chez les femmes enceintes. Mais il est certain que les obser-

valeurs oui souvent confondu les varices el les hypertrophies caronculaires delà vulve avec ces productions. Dans tous les cas de véritables végétations que j'ai pu observer chez les femmes enceintes, j'ai constamment noté la coexistence d'une vaginite granuleuse.

Les syphilides ont toutes un air de famille qui les caractérise assez pour que, le plus souvent, on puisse les diagnostiquer sans avoir besoin de remonter aux antécédents.

Aussi, a-t-on de la peine à comprendre que des hommes de l'habileté de M. Lebert, aient pu dire que la syphilis cutanée comme la scrofule cutanée, n'avait pas de caractère spécifique.

Il est vrai que la couleur dite syphilitique se montre quelquefois dans d'autres maladies, la dartre par exemple, et qu'elle peut manquer dans la syphilis. Mais il y a d'autres caractères, comme ceux qui se tirent du siège, du mode de groupement des éléments primitifs, etc., dont l'ensemble donne à la syphilis un cachet qui permet de la reconnaître.

Je ne veux pourtant pas dire par là que toujours le diagnostic soit facile; car on voit les médecins les plus exercés commettre journellement des erreurs.

A l'hôpital du Midi, la théorie est cause que beaucoup d'affections vénériennes tardives sont méconnues et prises pour de la dartre.

A l'hôpital Saint-Louis c'est le contraire; beaucoup d'affections parasitaires et dartreuses sont considérées comme syphilitiques. Nous avons eu dans notre service un malade, qui portait au front des cercles herpétiques simulant, par leur teinte et leur disposition, la corona veneris. L'cpilation et les parasiticides ont fait justice de cette affection, pour laquelle un médecin de cet hôpital, versé dans l'élude spéciale des syphilides, avait prescrit un traitement mercuriel.

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