SCÈNE II
L'exposition est faite sous formie de dialogue par
Talthybios et Eurybatès. Elle est extrêmement brève (quarante vers) Leconte de Lisle a supprimé le monologue émouvant du veilleur, dont les allusions, el plus encore, les réticences, excitent l'angoisse des spectateurs et les mettent tout de suite en pleine atmosphère dramatique. (1) Quelques propos mélancoliques échangés entre le coryphée et le parastate, remplacent Je long récit des origines de la guerre de Troie ; de l'outrage fait à la sainte ‘Artémis, et du sacrifice, par où le Roi des Rois a dû fléchir la déesse irritable. (2).
L'exposition de Leconte de Lisle est plus dramatique, sans doute, que celle d'Eschyle ; mais elle ne nous montre pas très nettement comment le drame d'Argos s’insère dans le cycle troyen.
O Chers vieillards !..
. dit Talthybios. Ce qualificatif, employé souvent dans le sens possessif, était aimé des Grecs. Il poursuit :
depuis dix très longues années,
Ils sont partis, lés Rois des nefs éperonnées
Ces premiers vers sont inspirés du début du chœur : « Voici la dixième année, depuis que le grand adver-
tt) Agamemnon, 1-39,