LE RECUEILLEMENT AU PAYS NATAL 1O
riche, imposante et douce de son île. A elle et en elle il reportait son cœur souffrant et son intelligence troubléedu souci des hautes idées. Saine fraîcheur virginale, g-énéreuse et franche des « matins touchants », mag-nifîcence magistrale des midis sublimes qui imposent leurs leçons de sérénité; douceur attendrie des fins de jours pleines d'un mystère d'humilité tandis que Tocéan et le ciel absorbent la petitesse de l'île; molle suavité et vertige somptueux des nuits où la vie des astres, au bord des mers, se fait sensible à l'être humain, parsème sa pensée en 1 immensité — l'accueillirent pour le bercer sans jamais parvenir à l'assoupir, à le retenir, à taire l'altière voix du désir de l'action qui le réveillait des voluptés de l'Ogygie tropicale et le conviait ailleurs.