‹ Leconte de LisleChapitre 8 sur 47 · LES DÉBUTS DANS LA LITTERATURE · texte numérisé non relu

LES DÉBUTS DANS LA LITTERATURE

La revue de province : la Variété. — Ses idées unitaires de l'Art. — Esquisses de littérature comparée : Ang-leterre, Allemag-ne, Italie et France. — Le modernisme et la poésie spontanée. — Ses jugements sur les écrivains contemporains et l'influence de George Sand. — « Le contact social». — La science.

i84o. Ce ne fut pas le recueil de vers composé en collaboration avec Rouffet et destiné à Paris qui parut cette année; mais une revue, la Variété^ fondée à Rennes, en collaboration avec Alexis Nicolas, Alix, Paul Loysel, Charles Bénézit, Emile Langlois, Masson, Burol, C. Vergo?;, Turquety, N. Mille, P. de Labastang, Julien Rouffet, Germont, P.-E. Duval. Elle est n purement littéraire >;, à tendances spiritualistes, selon la présentation au public par un professeur, Alexis Nicolas, qui a écrit là « un fort beau morceau de style », mais sans programme religieux ou politique précis. On tient seulement beaucoup à la tenue d'art et, comme tous ceux qui en font partie sont des très jeunes gens, ils s'eff^orcent qu'elle ait Tair de n'être point qu'une revue de jeunes. « Vous verrez sur le dos

loO LECONTE DE LISLE

de la brochure ces mots curieux, écrit Leconte de Lisie à Rouffet : « Malgré le vif désir que nous avons de nous rendre les interprètes de la jeunesse laborieuse et amie des arts, nous prévenons nos lecteurs que le Comité de Rédaction n'admettra les articles qu'après un examen scrupuleux. » Charles Leconte appartient au comité de Rédaction; c'est lui qui écrit à Chateaubriand au nom de la revue et Chateaubriand répond une lettre d'encouragement où il dit se souvenir d'avoir vu Leconte de Lisle à Paris avec un de ses compatriotes et félicite les jeunes Bretons de leur effort artistique. Mais, comme cette lettre, largement imprimée, ne dut pas suffire à attirer le public breton, on décida bientôt d'employer à soulager la grande misère l'argent que rapporteraient les abonnements qui étaient de 7 francs, de sorte que l'art fît œuvre utile, humanitaire (i). Leconte de Lisle trouve à y employer une progressive activité; la plupart de ses collaborateurs sont paresseux ; il y en a qui sont des (( ostrogoths », aussi pour remplir le fascicule, publie-t-il beaucoup, et des vers d'abord, Issa ben Mariam, la Gloire et le siècle, Reddy et Stéphany, les Strophes à Lamennais, des esquisses littéraires : Hoffmann et la satire fantastique^ Shéridan et l'art comique en Angleterre, A. Ché^ nier et la poésie lyrique à la fin du XVII I^ siècle; des nouvelles exotiques : Une peau de tigre qui est un souvenir de son passage au Cap, Mon premier amour en prose, de son enfance à Bourbon;

(i) « Riches et pauvres, poètes et puissants »,clit Tayisau public.

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