PAUVRE A PLUS PAUVRE
Exercice sur K, G, GN, LL.
En ce temps-là, Jésus, seul avec Pierre, errait Sur la rive du lac, près de Génézareth,
A l’heure où le brûlant solei/ de midi plane, Quand ils virent, devant une pauvre cabane,
La veuve d’un pêcheur, en longs voiles de deuil, Qui s'était tristement assise sur le seuil, Retenant dans ses yeux la larme qui les mouille, Pour bercer son enfant et filer sa quenouille.
Re PEUR
— : r er à pee
Non loin d'elle, cachés par des figuiers touffus, Le Maître et son ami voyaient; sans être vus,
Soudain, un de ces vieux dont le tombeau s’apprôte,
Un mendiant, portant un vase sur sa tête,
Vint à passer et dit à celle qui filait :
‘ Femme, je dois porter ce vase plein de lait Chez un homme logé dans le prochain village, Mais tu Le vois, je suis faible et brisé par l'âge. Les maisons sont encore à plus de mille pas,
Et je sens bien que, seul je n’accomplirai pas
Ce travail, que l'on doit me payer une obole.” La femme se leva sans dire une parole,
Laissa, sans hésiter, sa quenouïlle de lin,
Et le berceau d’osier où pleurait l’orphelin, Prit le vase, et s’en fut avec le misérable
Et Pierre dit : ‘ Il faut se montrer secourable, Maître ! mais cette femme a bien peu de raïson D'abandonner ainsi son fils et sa maison,
Pour le premier venu qui s’en va sur la route
À ce vieux mendiant, non loin d'ici sans doute, Quelque passant eût pris son vase et l'eût porté.” Mais Jésus répondit à Pierre : En vérité,
Quand un pauvrea pitié d’un plus pauvre, mon Père
Veille sur sa demeure et veut qu’elle prospère, Cette femme a bien fait de partir sans surseoir.”
Quand il eut dit ces mots, le Seigneur vint s'asseoir
Sur le vieux banc de bois, devant la pauvre hutte, De ses divines mains, pendant une minute,
Il fila la quenoui/le et berça le petit :
Puis se levant,il fit signe à Pierre, et partit.
Et, quand elle revint à son logis, la veuve,
À qui de sa bonté Dieu donnait cette preuve, Trouva,—sans deviner Jamais par quel ami— Sa quenouïlle filée et son fils endormi.
François CoPrée.
| Père
sseoir tte,
FRANÇOISE A MARTHE, Exercice sur T, D, N, L.
Ste-Marie, 8 février 1895.
M2 chère Marthe,
Nous avons eu hier une heureuse après-midi, C'était jeudi et, comme à l'ordinaire, on nous mena en promeñnade. Le but de notre excursion était un petit bois où nous avions trouvé beaucoup de violettes, l’année dernière à pareille époque. Nous arrivons et aussitôt un cri de joie se fait entendre : Il y en a! Maïs une exclamation douloureuse y répond et une pauvre petite fille d'une dizaine d'années environ, un panier'au bras, très ma/ vêtue, nous apparaît, et d’une voix pleine de larmes, s’écrie : ‘ O mes demoiselles, ne les ramassez pas toutes! Surprises, nous l’interrogeons et nous apprénons que /a pauvre enfant a pour fout moyen d'existence la vente des violettes dans les rues. Alors nous la rassurons et une de nous lui dit: ‘ Ne pleure plüs, ma petite, nous allons cueillir des violettes, mais ce sera pour ‘aider et nous n’en garderons pas une ! ”
Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous nous mettons toutes à l’œuvre et le bois est bientôt dépouillé. Une des grandes heureusement inspirée, va jusqu’à un petit ruisseau où elle trouve des muguets sauvages. Nous aidons ensuite la pauvre petite à faire des bouquets, et quand elle est sur le point de s’éloigner en nous comblant de remerciements, nous la rappelons et lui achetons deux bouquets pour /es offrir à la sainte Vierge. Nouvelle joie de l'enfant, ravie de notre petit cadeau.
Nous sommes rentrées nu couvent fort contentes de notre soirée. Une bonne conscience est, tu Le sais, le plus doux oreiller. ;
Adieu, ma chère Marthe, décide-toi enfin à venir rejoindre ton amie qui ‘ désire de tout son cœur.
FRANÇoIse, Den NES LA VIERGE A L4 CRÈCHE.
Exercice sur les consonnes soutenues FE, V,S, Z, CH, J.
Dans ses langes blancs fraîchement cousus La Vierge berçait son enfant Jésus.
Lui, gazouillait comme un nid de mésanges | Elle le berçait et chantait tout bus
Ceique nous chantons à nos petits anges...
Mais l’enfant Jésus ne s’endormait pas.
“ Doux Jésus, lui dit la mère en tremblant, Dormez, mon agneau, mon bel agneau blanc, Dormez : il est tard, la lampe est éteinte!
Votre front est rouge et vos membres las.
ormez, mon amour, et dormez sans crainte.” Mais l’enfant Jésus ne s’endormait pas.
‘ Il fait froid, le vent souffle, point de feu ; Dormez : c’est la nuit, la nuit du bon Dieu ; C’est la nuit d'amour des chastes épouses !
Vite, ami, cachons ces yeux sous nos draps ; Les étoiles d’or en seraïent jalcuses.”
Mais l'enfant Jésus ne les cachait pas.
Si quelques instants rous vous endormiez,
Les songes viendraient en vols de ramiers
Et feraient leurs nids sur vos deux paupières ; Ils viendront : dormez, doux Jésus.” Héias | Inutiles chants et vaines prières,
Le petit Jésus ne s’endormait pas.
nir re-