‹ Lecture à haute voix [microforme] (volume 2)Chapitre 120 sur 184 · TU REVIENDRAS DEMAIN · texte numérisé non relu

TU REVIENDRAS DEMAIN

Un jeune enfant jouant comme on joue à cet âge,

Sur le gazon fleuri souriait tout joyeux,

Quand soudain un rapide et transparent nuage Semble passer devant ses yeux.

“ Mère, je voudrais bien, moi, faire quelque chose ‘“ Pour ce bon Dieu d’en haut dont tu m'as tant parlé !” Et, se levant, l’enfant montrait de son doigt rose

Le ciel profonu, pur, étoilé.

“ Tu m'as dit que c’est lui qui, le jour, nous envoie “ Le soleil si brillant, et la lune, la nuit ; “ Moi, je voudrais aussi lui causer de la joie,

Mais je suis encore si petit !

“ Que pourrais-je donner ? il sait bien que je l’aime ?

“ Il m’entend, n'est-ce pas, quand je lui dis tout bas :

“ Tu m'as appris qu’il sait encore mieux que moi-même ‘Ce que je pense et ne dis pas.”

La mère l’écoutait, ‘Ce grand Dieu, lui dit-elle,

‘ Veut d’abord ton amour, mais il est sous les cieux

“ Des enfants qui n’ont rien 3 Dieu fit ta part bien belle “ Pour la partager avec eux.”

Elie se tut, mais elle avait été comprise ; Un petit mendiant, au détour du chemin

| Apparut tout à coup, la démarche indécise,

À: Et sans parler tendit la main.

| Mais déjà, devançant le signe de sa mère,

| L'heureux enfant courait auprès de l’orphelin,

(LE Et bientôt, lui donnant sa bourse tout entière, Lui dit: “ Tu reviendras demain.”

Mots à expliquer.-—Gazon...soudain. étoilé. ..indécise. ..mendiant.

OR RU AA Dee TU fl A Mile MARGUERITE VEUILLOT, A L'ABBAYE»

ke AUX-BOIS (1).

W Arcachon (2), 1‘ janvier 1877.

F1 Marguerite, ma nièce chérie, je vois ici toutes sortes de

belles et bonnes choses qu'on ne trouve pas partout, à l'heure qu’il est: un beau soleil, des arbres verts, des buissons en fleurs, une mer bleue et tranquille; il n°y a point de boue, il fait chaud. Il est positif néanmoins que tout cela me sembie moins charmant que ton billet doré : le billet doré me témoigne que tu es très sage. C’est une belle et douce étrenne que tu me donnes là. Rien ne peut me faire plus de plaisir que la sagesse de la fille de mon frère. Continue de me donner cette joie ma chère enfant. Sois la fleur et le soleil de ton père et de ta

mère. Ils en remercieront Dieu, et Dieu te bénira. Tes 1

papiers dorés deviendront une grande fortune ; tu seras c

| | | mu, Abbäye-aux-Bois, monastère de femmes, à Paris, rue de l hi » Sèvres. . ï Pr

(hi (2) Petite ville de France, toute moderne; une des plages les F

plus fréquentées par les baigneurs.

sortes de tout, à erts, des n'ya anmoins on billet ge. C’est Rien ne : fille de a chère et de ta ira. Tes tu seras

8, rue de

olages les

toute d’or comme les buissons de la forêt, qui fleurissent même en hiver. C'est cet or-là surtout qu'il faut avoir. Car l’or qui se met dans la poche, ne mérite pas qu'on s’en occupe: il se ternit vite, et très souvent il salit les doigts.

Adieu, ma chère Marguerite, je euis heureux de savoir que tu pries pour ma santé. Dieu t’exaucera certainement, si tu as soin de lui offrir toujours l'or qu'il aime, l'or pur des humbles buissons. Je t'aime de tout mon cœur.

Louis V£&utLLor.

Mgr DE SÉGUR AUX ÉLÈVES DU PETIT- SÉMINAIRE DE MONTMORILLON.

Laiïgle, ce 30 décembre 1866.

Mes chers enfants,

C’est au pied de la crèche que je dépose les vœux de bénédiction, de vraie joie, devrai bonheur, offerts par moi au saint Enfant Jésus, le très grand et très petit Roi de nos cœurs. Je prie la très sainte Vierge, saint Joseph &+ les anges de Bethléem, de vous combler durant toute cette année et durant toute votre vie, de toutes sortes de grâces de pureté, d’innocence, de pénitence, de recueillement, de silence, de pauvreté, de détachement, d’humilité, d'amour ; en un mot de tout ce qui découle de la crèche du Sauveur. Le

Je demande au petit Jésus de vous envelopper comme les bergers de sa crèche, de.ces divines- lumières : dont parle l'Evangile : “ Charitas Dei circompulsit illos.” Cette lumière, c’est la foi vive en Jésus anéanti au mystère de

: ss .

l’Incarnation, plus encore au mystère de la Rédemption, plus encore au mystère de l’Eucharistie. Allez à lui avec joie et ferveur, tout lumineux de cette foi vive, pleine et efficace. Voyez-le, quoique vous ne le voyiez pas, et soyez tout à lui.

Adieu, mes enfants bien-aimés, mes petits bergers de Bethlésm. Prions bien les uns pour les autres ; et aimonsnous de tout notre cœur en l'amour de l’Erfant-Jésus, de la sainte Vierge et de saint Joseph. Que Dieu vous bénisse tous | À

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