AU SOUVENIR DE LA PATRIE
Nuages qui flottez au firmament vermeil, Epaves de l’éther dans l'infini perdues,
Vous qui légèrement volez vers le soleil, Comme de grands oiseaux les ailes étendues ;
Où courez-vous ainsi sans relai ni sommeil, Blanches nefs du Seigneur dans l’azur suspendues ? Si, quittant quelque jour votre ciei sans pareil, Vous cinglez au couchant sous vos voiles tendues.
Par delà l’Atlantique et ses flots écumeux, Vous trouverez un ciel et plus froid et plus sombre, Un vaste continent et des fleuves sans nombre :
C’est là qu'est le pays ; portez-lui tous mes vœux, Dites-lui que je l’aime avec idolâtrie, Et que rien n’est si beau que ma douce patrie.
A. B. Rouruier.