‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 10 sur 190 · DICTION · texte numérisé non relu

DICTION

Proposition, phrase, discours.

Une proposition est l’énonciation d’un jugement.

La phrase est la réunion de plusieurs propositions, for mant un sens complet.

Le discours est la réunion de plusieurs phrases,

Pour bien prononcer une proposition, il faut bien prononcer tous les mots qui la composent et lui donner l’expression que comportent l’idée et le sentiment qu’elle renferme.

Pour donner de l’expression à la phrase, il faut respirer à propos, grouper les mots selon leurs rapports d’union ou de séparation, observer les inflexions de voix, les tons, les intonations et mettre à leur place l'accent tonique, l'accent logique et l'accent oratoire.

Dans cette proposition :

Le hérisson fait la chasse aux animaux nuisibles, il faut observer :

La ponctuation orale ou coupures de la phrase par la respiration et par de légères inflexions de voix;

L'accent prosodique, qui distingue les syllabes graves des syllabes aiguës. Dites chasse et non chésse ;

La quantité prosodique, qui distingue les syllabes longues des syllabes brèves : cha, dans chasse, est une syllabe brève ;

La quantité syllubique, qui a rapport au nombre des syllabes et qui enseigne que wi dans nuisible est une diphtongue ;

L'accent tonique, qui consiste à faire longue la dernière syllabe des mots : hérisson, etc. ;

La licison dans : aux animaux ;

L'aspiration dans : le hérisson ;

L'accent logique, qui consiste à faire ressortir le mot dominant : nuisibles ;

L'accent oratotre, qui exprime le sentiment calme de la phrase.

Le hérisson fait la chasse... aux animaux nuisibles.

Pour bien dire une phrase, il faut bien prononcer chaque proposition qui la compose, en ayant soin de faire ressortir le sens particulier de chacune d’elles et le sens général qui les rattache les unes aux autres.

Pour bien prononcer le discours, qui est simplement la réunion de plusieurs phrases formant un sens complet, il faut bien prononcer chaque phrase en particulier, en s'appliquant à mettre en relief l’idée générale du sujet. !

1. Ilest impossible de donner des règles nettes et précises au sujet de l'expression. Une intelligence parfaite de ce qu’on lit, une étude attentive de la nature,et surtout l’enseignement qu’on recueillera de l’audition d’une lecture faite par un p’ofesseur, en apprendront plus que tous les préceptes que nous trouvons dans les livres,

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Respiration.

La respiration est un phénomène essentiel de la parole et de la vie elle-même. .

Elle se compose de deux actes contraires qu’on appelle, l’un, l'inspiration, l'autre l'expiration.

L'inspiration remplit la poitrine d'air, l'expiration la vide,

L'inspiration se fait rapide, mais sans bruit et sans efforts ; l'expiration a lieu lentement et graduellement, au fur et à mesure que le besoin s’en fait sentir.

Pour prendre l'inspiration, en vue de la parole, il faut

ouvrir entièrement la bouche, mais sans exagération.

L'air forme la voix pendant l'expiration en faisant vibrer les cordes vocales placées dans le larynx.

La voix peut se prolonger aussi longtemps que dure l'expiration qui la produit,

Les qualités de la voix dépendent des qualités de la respiration : une bonne respiration est nécessaire à une bonne prononciation.

La respiration coupe la proposition orale ; il ne faut donc respirer que dans les endroits où cette proposition est déjà coupée par le sens.

On doit respirer toutes les fois qu’on en a légèrement besoin, et que le sens de la proposition le permet.

On ne peut parler que lorsque la poitrine est pleine d'air; par conséquent, plus l'air se renouvellera souvent et à propos, plus on parlera avec facilité,

LECTURE A HAUTF VOIX.

Ponctuation orale, repos et coupures de la phrase.

La ponctuation orale est l’art de couper les phrases d’après les rapports d'union ou de séparation que les mots ont entre eux.

Elle a pour but d'éclairer le sens de la phrase en mettant plus ou moins en relief les parties essentielles qui la composent,

Elle a aussi pour but de mettre à l’aise l’esprit, l'oreille et la respiration de celui qui lit ou qui parle.

En changeant la ponctuation, on peut changer complètement le sens de la phrase.

Cependant les coupures varient avec l'allure du débit,

Ainsi, en parlant d’une allure excessivement lente, on dira, en allant graduellement plus vite :

1° Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute ;

2° Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute ;

3° Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute ;

4° Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.

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l'écoute.

Pour couper une phrase, il faut toujours suivre cette règle : unir dans la prononciation les mots qui sont unis par le sens ; séparer dans la prononciation les mots qui sont séparés par le sens.

Les coupures sont faites par de petits repos.

Il y a des repos indiqués par la ponctuation graphique, et des repos non indiqués que sait trouver le lecteur habile.

Les repos indiqués sont obligatoires, la voix est complètement suspendue ; elle fléchit simplement pour les repos facultatifs les plus ordinaires.

Les signes de la ponctuation graphique sont: la virgule, le point-virgule, les deux points, le point ordinaire, le point interrogatif, le point exclamatif et les points suspensifs.

Les repos qui ponctuent la phrase sont plus ou moins longs et nécessitent des inflexions de voix différentes : la virgule interrompt légèrement le ton général, le pointvirgule et les deux points l’interrompent un peu plus, le point l’interrompt tout à fait.

Les différents points sont accompagnés d’inflexions différentes ; le point interrogatif aura l’accent de l’interrogation, le point exclamatif aura l’accent de l’exclamation. Les points de suspension seront accompagnés d’une vive inflexion de voix qui indiquera que le sens de la phrase est resté volontairement suspendu, interrompu, pour être achevé par l'esprit de celui qui écoute,

Les guillemets, la parenthèse, le tiret, les caractères italiques, sont des signes qui désignent plus qu’une in-

flexion de voix : ils demandent un changement de ton ; un ton plus élevé pour les guillemets, un ton plus bas pour la parenthèse, un ton approprié à chaque personnage après le tiret, et enfin un ton un peu parlé pour les italiques.

Voix.

La voix est le résultat des vibrations sonores produites dans des conditions déterminées, par le passage de l'air à travers le larynx.

Une voix harmonieuse a un charme puissant, indéfinissable.

La voix se développe et s’embellit par l'étude. et le travail. La voix subit des modifications analogues à celles de la pensée, Ainsi, les sentiments doux, tendres et enjoués sont exprimés par une voix douce, tendre et enjouée, comme les sentiments durs et sévères sont exprimés par une voix dure et sévère.

La voix doit tenir l’oreille au courant de la marche de la phrase.

Elle doit continuellement s’abaisser et se relever pour varier agréablement la prononciation.

Le medium .étant la voix ordinaire, c'est de lui que part l'expression des sentiments les plus naturels et les plus vrais. Les notes basses ont souvent une grande puissance, les notes hautes, un grand éclat ; maïs il ne faut s'en servir qu’à propos, presque exceptionnellement.

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La voix est soutenue tout le temps que dure la phrase ps q

pour tenir l’auditoire en éveil, et tombe avec la dernière

syllabe sonore, pour indiquer que la phrase est terminée.

Inflexions.

On appelle inflexion de voix la petite cadence produite par le passage d’un ton dans un autre.

Une inflexion de voix accompagne chaque coupure de la phrase.

Les cadences finales des coupures se font ordinairement sur les deux dernières syllabes sonores du mot.

Il y a deux sortes de cadences finales : celles qui se terminent par une note aiguë et qui se placent à la fin des coupures où le sens est suspendu; celles qui se terminent par une note grave et qui se placent à la fin des phrases ou quand le sens est à peu près complet. Exemple : Soyez fidèle... à votre parole. Dans fidèle, la voix s’abaisse sur fi et se relève sur dèle ; dans parole, elle s'élève sur pa et s’abaisse sur role.

Les inflexions de voix doivent être peu élevées, mais très variées, et leur durée doit être proportionnée à la durée de chaque repos.

Accent tonique.

Les tons qui composent le langage sont si nombreux, que rarement deux syllabes de suite se prononcent sur un ton exactement semblable.

En général, il faut appuyer sur la fin des mots, des groupes de mots et des phrases, et non sur le commencement, Exemple :

AMIS......, 80ÿe2 fiDÈLES...... @ votre PAROLE.

Dans les mots composés, il y a autant d’accents toniques que de mots pouvant rendre l'accent, mais le dernier est beaucoup plus marqué que les autres : arrière-petitneveu. On appuie un peu sur rt, fit, et davantage sur veu.

Les locutions suivantes sont considérées comme des touts syllabiques et suivent la règle des mots composés quant à l’accentuation : celui-ci, arrive-t-Ùl ? prévenez-la ; que suis-je ?

Les groupes de mots inséparablement liés par le sens sont aussi considérés comme des touts syllabiques,.

Dans la phrase suivante, il y a cinq groupes de syllabes inséparables ou cinq groupes de mots, de sorte que pour l'oreille il n’y a réellement que cinq mots, et par constquent que cinq accents toniques :

Tout flatteur vit

aux dépens de celui

qui l'écoute.

On peut aussi n’y voir que trois groupes de mots et trois accents toniques, parce que vit et «uæx dépens ont une grande affinité qui les unit et les confond pour ainsi

mots, des mmence-

toniques rnier est ère-petititage sur

mme des composés renez-la :

r le sens S.

> syllabes jue pour r consé-

mots et pens ont pur ainsi

dire en un seul groupe. Il en est de même de celui et qui l'écoute, Alors la phrase se coupe ainsi :

Tout flattewr vit aux dépens de eelui qui l'écoute,

Enfin, en vertu du principe de groupement, on peut considérer cette proposition comme formée de deux groupes et n'avoir que deux accents toniques. Alors on lira ainsi :

Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute,

Dans üne proposition, il faut distinguer les mots d’idée et les mots de rapport,

Les mots d'idée, qui expriment des idées, sont le substantif, l'adjectif qualificatif, le verbe et l'adverbe.

Les mots de rapport, qui expriment les rapports que les mots ont entre eux, sont: les adjectifs déterminatifs, les pr'épositions et les conjonctions.

Dans cette phrase : Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute, il y a cinq idées exprimées par : flatteur, vit, dépens, celui, écoute. Les mots: tout, aux, de, qui, l’ ne font qu’un avec les mots qu’ils accompagnent.

L'accent tonique se place genéralement sur les mots d'idée.

Des syllabes qui s’écrivent de même diffèrent de quantité, uniquement parce que les unes recoivent l'accent tonique et que les autres ne le recoivent pas : ainsi «ux est bref

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