‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 109 sur 190 · EE TE · texte numérisé non relu

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ornières autant de passions ambitieuses que de jours; tel était l’homme principal au fond du salon, entre la cheminée et le tableau.”

Pour rétablir l'exactitude dans les traits, n’oublions pas que Lamartine n’aimait guère son illustre rival, et que de secrètes blessures d’amour-propre ont versé sur ce récit quelques gouttes du venin qui les entretenait,

Chateaubriand mourut le 4 juillet 1848. En lui s’éteiunit le représentant le plus glorieux d’une époque littéraire qu’il a ouverte avec éclat. Il avait renouvelé l'imagination francaise. Il n’est pas d'œuvre de 1797 à 1850, et au delà, qui n'ait subi son influence. Le sentiment religieux et celui de la liberté avaient été ramenés par lui dans les lettres. Son action ne s’est pas restreinte à la France, l’Europe entière s’est formée à son école par ses plus grands écrivains et par ses meilleurs poètes.

En se fermant avec lui, le salon de Mme Récamier a emporté les derniers restes d’un esprit de société qui ne devait plus reparaître de longtemps dans les mœurs francaises. De riches demeures s’ouvriront désormais aux plaisirs mondains et frivoles: la conversation n’y aura plus de place. Des musiciens en renom grouperont autour d'eux les femmes du monde, les lettres auront peu de part à ces plaisirs. Plus tard, la politique envahira les cercles, la discussion des intérêts matériels prendra le pas sur tout, et il ne se trouvera plus de femme d’un esprit assez haut, d'un cœur assez élevé, d’une autorité assez reconnue pour renouer en fait de littérature la tradition des deux siècles passés.

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