‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 111 sur 190 · UNE PERLE LITTÉRAIRE DE M · texte numérisé non relu

UNE PERLE LITTÉRAIRE DE M

DE LAMARTINE

A Monsieur Dargaud. !

Votre cœur et votre intelligence ont été, depuis vingt ans, les seules pages où j'aie jeté en courant ce que je ne me dis qu’à moi-même, et ce qui ne sera jamais feuilleté que par vous. Quand j'aurai cessé de causer, et que vous vous souviendrez encore; quand vous reviendrez en automne visiter cette vallée de Saint-Point où j'ai laissé tomber plus de rêveries dans votre oreille que les peupliers de mon pré ne laissent tomber de feuilles sur le grand chemin ; le ravin desséché, le chätaignier creux, la source entre les quatre pierres de granit gris, le tronc d’arbre couché à terre et servant de banc aux mendiants de la vallée, le tombeau peut-être où un lierre de plus rampera sur les moulures de l'arche sépulcrale, à l'extrémité du jardin, sur les confins de la vie et de la mort, vous rappelleront ce que nous nous sommes dit, ici ou là, assis ou debout, sous telle inclinaison de l'ombre, sous tel rayon de soleil, au chant de tel oiseau dans les branches sur nos

1. DARGAUD (JEAN-MARIE) (1800-1866), littérateur et historien français.

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