‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 112 sur 190 · SE A LE — EE · texte numérisé non relu

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têtes, aux aboïiements de tel chien, au hennissement de tel cheval de prédilection dans l’enclos ; vous vous arrêterez pour écouter encore et pour répondre, et vous serez, mieux que ce livre mort et muet, un souvenir vivant de ma vie écoulée, Cela m'est doux à penser. Ce n’est pas là encore la postérité, mais c’est un crépuscule de la vie humaine, après que notre court soleil est déjà éteint. L'homme n’est bien mort que quand tous ceux qui l'ont connu et aimé sur la terre se sont couchés à leur tour dans le tombeau qui ne parle plus d'eux aux nouvelles générations, Jusquelà l’homme vit encore un peu dans la vie de ceux qui survivent, c’est l'aurore boréale du tombeau.

Les Orientaux, qui ont tout dit parce qu'ils ont tout senti les premiers, ont un proverbe plein de ce sens exquis de l'amitié. “ Pourquoi Dieu, disent-ils, a-t-1l donné une ombre au corps de l’homme? C’est pour qu’en traversant le désert, l’homme puisse reposer ses regards sur cette ombre, et que le sable ne lui brûle pas les yeux.”

Vous avez été souvent pour moi comme une ombre de rafraïchissement, umbra refrigerii, et vous le serez encore pour ma mémoire quand j'aurai passé,

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