‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 125 sur 190 · UE · texte numérisé non relu

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MORCEAUX CHOISIS. 223 ment, de l’enthousiasme et de l'émotion générale, qu’il acheva sa harangue :

“ Pairs de France, j'en ai dit assez pour vous prouver que ma foi religieuse m'a surtout guidé dans cette entreprise ; j'en ai dit assez, je l’espère, sinon pour me justifier, du moins pour expliquer ce qu'il peut y avoir d’étrange dans cette tentative d’un écolier de v'ngt ans. Je me félielterai toute ma vie d'avoir pu consacrer ces premiers accents de ma voix à demander pour ma patrie la seule liberté qui puisse la raffermir et la régénérer, Je me féliciterai également d’avoir pu rendre témoignage dans ma Jeunesse au Dieu de mon enfance, C’est à lui que je recommande le succès de ma cause, de ma sainte et glorieuse cause. Je la dis glorieuse, car elle est celle de mon pays; je la dis sainte, car elle est celle de mon Dieu.”

Il se rassit, tremblant d'émotion, à côté de Lacordaire, et couvert de gloire devant l’Église et la France. Le parti catholique avait trouvé son Démosthène, tandis que la chaire chrétienne allait revoir Bossuet, !

MGr RicaRp. *

QUESTIONS.--Quel était l’état de la France en 1831 ?—Que signifie cette expression: ‘fils de Voltaire’ ?—Qu’entendezvous par légitimistes ?—orléanistes ?—bonapartistes ?—républicains ?—Qu'est-ce qu’un champion ?—Qu’'étaient-ce que la Convention ?—l Empire ?—Quelle est la partie de ce discours qui vous frappe le plus ?—Quel est le caractère de l’éloquence de Montalembert?—A qui est-il comparé ?

1. MONTALEMBERT (1810-1870), orateur, historien, homme d’État, interprète des idées catholiques à la trihune. Son éloquenceest vive, élégante, semée d’apostrophes, d’interrogations, d'images, de comparaisons.

2. MGR RICARD, mort en 1895, vicaire général d'Aix, écrivain remarquable,

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Voit mûrir ses moissons que le Très Haut bénit ; C’est au nom du Très-Haut que le travail commence Et quand tombe le soir, plein d'ombre et de silence, C'est au nom du Très-Haut que le travail finit.

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ma à H fun He: À 11 est sous le ciel bleu, loin du bruit de la ville, l bi * Une heureuse vallée au milieu des grands bois ; 1£ Il est une oasis radieuse et tranquille, a | l Un Eden merveilleux où la terre fertile { ï| Fait éclore les fleurs et les fruits à la fois. ir 1} | Là, le père, au matin, d’un œil plein d'espérance | l

Là, toujours frais et pur, le parfum de l'exemple Vient embaumer les pas du lointain voyageur ; Là, sous l’œil enchanté du rêveur qui contemple, d ü L'encens de la prière, ainsi que dans un temple, À \ Fume éternellement sous les pieds du Seigneur.

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| Là, le cœur confiant, le pauvre aux traits livides l Voit ses vœux accomplis aussitôt que conçus ; 1 à Là, sans se rebuter de ses haïillons sordides, ll Jamais on n’a laissé retourner les mains vides 1h Ce mendiant divin que l’on nomme Jésus.

Là, nous autres, grillons, hirondelles, poètes, Nous venons maintes fois le soir nous abriter ;

Là, l'hospitalité nous convie à ses fêtes ;

| Là, nous trouvons au feu nos places toutes prêtes, Et des fronts virginaux penchés pour écouter.

Là, de mes pieds lassés j'ai secoué les fanges,

ji Et d’un air tout nouveau je me suis abreuvé ; Ï Li Là, me laissant bercer par des charmes étranges, | r J'ai rêvé que c'était, —en y voyant des anges, — Le paradis sur terre en ces lieux retrouvé.

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O foyer ravissant ! pourquoi près de ta flamme Suis-je un instant venu m’asseoir et m’attendrir ? Puisque, si loin de toi le devoir me réclame, Puisqu’il faut s’en aller, tu devais, Ô mon âme, Ou n’y venir jamais, ou n’en jamais partir.

O maison bienheureuse, où, repliant mes ailes, Aux flots de l’amitié j'ai retrempé ma foi ;

Eden où j'ai vécu mes heures les plus belles,

Dis, Ô dis-moi, du moins, maison des cœurs fidèles, Ne garderas-tu pas un souvenir de moi ?

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