L'AUTOMNE
IE L’azur n’est plus égal comme un rideau sans pli,
| La feuille, à tout moment, tressaille, vole et tombe ; | Au bois, dans les sentiers où le taillis surplombe,
| Les taches de soleil, plus larges, ont pâli.
Mais l’œuvre de la sève est partout accompli ! ;
4 La grappe autour du cep se colore et se bombe,
h, Dans le verger la branche au poids des fruits succombe, ! Et l'été meurt, content de son devoir rempli.
fi L Dans l’été de ta vie, enrichis-en l’automne, | O mortel, sois docile à l’exemple que donne, 1 Depuis des milliers d’ans la terre au genre humain.
i Vois : le front, lisse hier, n’est déjà plus sans rides, fl Et les cheveux épais seront rares demain : Fuis la honte et l'horreur de vieillir les mains vides.
SULIY PRUDHOMME ?.
1, Dons le style soutenu, dans la poésie, en quelques cas choisis, œuvre peut étre masculin,
2 SULLY PRUDHOMME (1839). Ses œuvres sont, en général, au-dessus de {\l la portée du jeune âge. La plupart de ses poèmes sont pénibles ; de longs morceaux ne sont qu'une prose péniblement rimée. Mathématicien et philosophe autant que poète, ses œuvres témoignent une âme sincère, il aussi curieuse du vrai que du beau, Il est entré à l’Académie francaise en 1881.