‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 162 sur 190 · LE POÈTE MOURANT · texte numérisé non relu

LE POÈTE MOURANT

La coupe de mes jours s’est brisée encor pleine ; ! Ma vie en longs soupirs s'échappe à chaque haleine ; Ni larmes, ni regrets ne peuvent l'arrêter :

Et l’aile de la mort, sur l’airain qui me pleure, En sons entrecoupés frappe ma dernière heure. Faut-il gémir? faut-il chanter?

1. Le poète se met Ini-même en scène. Souffrant de la poitrine dansune de ses excursions en Italie, il se crut sérieusement menacé de la mort, mais il se portait assez bien pour produire une des plus belles pièces dont puisse se glorifier la poésie moderne. Les autres pièces les plus célèbres des Nouvelles méditations sont: Le Passé, Sapho, Bonaparte, les Étoiles, la Solitude, les Préludes, le Crucifix.

2. Ce vers âtonne un peu. L’aile de la mort frappe la dernière heure du

poète sur l’airain qui le pleure ; il y a là un assemblage d’expressiuns qui déconcertent.

Chantons, puisque mes doigts sont encor sur la lyre ; !

Chantons, puisque la mort, comme au cygne m’ins.ire, Au bord de l’autre monde, un cri mélodieux.

C’est un présage heureux donné par mon génie :

Si notre âme n’est rien qu’amour et qu’harmonie, Qu'un chant divin soit ses adieux !

La lyre en se brisant jette un son plus sublime ;

La lampe qui s'éteint tout à coup se ranime,

Et d’un éclat plus pur brille avant d’expirer :

Le cygne voit le ciel à son heure dernière :

L'homme seul, reportant ses regards en arrière, Compte ses jours pour les pleurer.

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