ORIGINE DE LA DÉVOTION A LA SAINTE FAMILLE EN CANADA
En 1659, arrivaient à Ville-Marie avec deux autres prêtres de Saint-Sulpice, M. Le Maistre et M. Vignal, les trois premières hospitalières de Saint-Joseph, de la Flèche, les sœurs de Brésoles, Macé et Maillet. Le même navire ramenait à Ville-Marie la vénérable mère Bourgeoys, accompagnée de trois auxiliaires, les sœurs Chatel, Crolo et Raisin.
Pour protéger contre les incursions continuelles des Iroquois la colonie de Ville-Marie, que les associés avaient consacrée à la Sainte Famille et mise sous la protection spéciale de Marie, M. de Maisonneuve, chargé de la garde et de la défense de cette même île, avait d’abord établi une confrérie militaire de 72 colons; mais, en 1663,ayant appris que les sauvages avaient résolu de tenter un effort suprême pour détruire de fond en combie la colonie, M. de Maisonneuve proposa aux habitants d’en former une nouvelle, sous le nom de Milice de la Sainte-Famille de Jésus, Marie et Joseph.
L’ordonnance du gouverneur fut proclamée, le 28 janvier 1663, à l’issue de la grand’messe ; quatre jours après, le 1° février, 140 miliciens avaient répondu à l'appel et formaient un camp volant divisé en vingt escouades de sept hommes chacune.
Mme d’Aiïlleboust devint, peu de temps après, l’instrument dont la Providence voulut se servir pour répandre dans tout le pays la dévotion envers la Sainte Famille,
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“ Pendant que j'étais à Ville-Marie, dit le P, Chaumonot, cette dame eut la pensée de trouver quelque puissant et efficace moyen de réformer les familles chrétiennes sur le modèle de la Sainte Famille, en instituant une société ou confrérie où l’on fût instruit de la manière dont on pourrait imiter Jésus, Marie et Joseph : les hommes imitant saint Joseph, les femmes, la très Sainte Vierge, et les enfants, l'Enfant Jésus.”
Il est à remarquer qu: Mme d’Aiïlleboust, avec son mari, faisait partie de la Société de Notre-Dame de Montréal, avant son départ de France; elle en connaissait par conséquent les intentions, ainsi que les vues de M. Olier sur la Sainte Famille ; et elle cherchait à répandre cette dévotion parmi les personnes du monde.
Enfin, l’acte d'association fut signé, le 31 juillet 1663, par M. Souart, le P, Chaumonot, les sœurs Macé, Bourgeoys et Crolo, Mme d’Aiïlleboust et Mile Mance.
Dieu montra, par des événements merveilleux qu’il n’est pas possible de rapporter ici, combien il agréait cette dévotion, laquelle se répandit bientôt dans tout le Canada ; la vénérable Mère Marie de l’Incarnation écrivait en effet, au mois d'août de l’année suivante: “ Tout le pays a une dévotion très grande à la Sainte Famille.”
Depuis ce moment commencèrent à se propager dans tout le pays diverses associations pieuses, formées sur le modèle de celle de Ville-Marie.
Madame d’Aïlleboust, cédant aux instances qui lui furent faites, alla se fixer à Québec, dans l’unique dessein de diriger l’association des dames de cette ville et leur en communiquer le véritable esprit.
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L’essai tenté à Québec dépassa toutes les espérances : en quelques mois un grand nombre de personnes de toutes conditions, sollicitèrent l'honneur d’être admises dans l'association, qui fut alors canoniquement érigée par Mgr de Laval.
Le 4 mars 1665, ce vénérable prélat publia un mandement, afin d’exciter les pasteurs et les fidèles “à létablissement, au progrès et à la perfection de ces assemblées ” en l’honneur de Jésus, Marie, Joseph.
Il approuva les ièglements de la confrérie et fit publier, sous le nom de Cutéchisme de la Suinte-Famille, une instruction par demandes et par réponses, sur les vertus de Jésus, Marie, Joseph.
Une fête en l’honneur de la Sainte Famille, fixée d’abord au second dimanche après l’Épiphanie, et puis au troisième après Pâques, —une messe et un office propres ne contribuèrent pas peu à maintenir dans tout le pays la dévotion à la Sainte Famille.
Aujourd’nui cette fête, naguère encore particulière au Canada, est devenue, par la volonté de $S. S. Léon XIII, une solennité de l’Église catholique.
Bulletin Eucharistique.
QUESTIONS.—Qu'était Ville-Marie en 1659?—A qui appartenait alors l’île de Montréal ?—En quelle année Montréal fut-il cédé au Séminaire de Paris ?—et en quelle année, à la maison de Saint-Sulpice de Montréal ?—Que savez-vous de la compagnie de Saint-Sulpice ?—M. Le Maistre et M. Vignal ne furentils pas victimes de la cruauté des Iroquois ?—Par qui fut fondé l'Hôtel-Dieu de Montréal?— Qui a écrit l’histoire de Mlle Mance ?—Depuis combien d’annéesla vénérable Mère Bourgeoys était-elle à Ville-Marie ?—Qu'est-ce qu’une colonie ?-—-Quelle différence entre colon, cultivateur, agriculteur ?—Qu'était M. de Maisonneuve ?—Que savez-vous de M. d’Ailleboust ?—de Mgr de Laval?
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J'aime les grands soleils couchants ;
ui appartréal fut-il Ils baignent le ciel et la terre D'une mélancolie austère
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LA as Qui rend leurs charmes plus touchants.
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Et leur lumière est si sereine !
de Mlle Bourgeoÿs Leurs calmes rayons sont si doux !
LE Mille voix chantent dans la plaine :
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Longtemps même avant qu’il s’incline Pour disparaître à l’horizon,
Le vieux soleil sur la colline
Fait tressaillir chaque buisson.
Tout être en effet se rappelle
Qu'il tient de lui tous ses bonheurs.
La fleur lui dit : Si je suis belle,
Je te dois mes riches couleurs.
Le lac reprend : Si ma surface A reflété les feux du ciel, Soleil béni, je t’en rends grâce, Je suis ton miroir éternel.
Le chêne à son tour lui murmure :
Ma sève est le sang du soleil :
Sur la harpe de ma ramure
Je pleure à ton déclin vermeil.
La nature en chantant l’astre qui la féconde, La nature voudrait consoler son amant.
Elle dit au soleil: Rayonne sur le monde, Répands la vie ici, la joie au firmament.
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Ainsi du grand prélat que la patrie acclarie, L’astre toujours aimé penche vers son couchant, Vers lui plus que jamais se retourne chaque âme : Car l'approche du soir rend l’astre plus touchant.
Oui, chaque âme vers lui se retourne : on devine Quel murmure d'amour va rendre chaque voix.
J'écoute. . . , et pour bénir cet astre qui s'incline, Voici les mille échos qui chantent à la: fois.
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Des collèges battus, tourmentés par l’orage, | Pleins d'espoir maintenant, redisent au vieillard : Si nous avons été préservés du naufrage,
C'est toi qui dissipas les horreurs du brouillard,
L'Église et la Patrie ! Elles sont sœurs jumelles ; Elles doivent marcher dans un même chemin.
Grâce à toi, Taschereau, grâce à toi, chantent-elles, Si nous marchons d'accord et la main dans la main.
Dans nos grandes forêts cent paroisses nouvelles,
Écloses sur le sol au souffle du prélat,
Le cœur plein de son nom, chantent dans leurs chapelles : Gloire à lui! gloire à son ardent apostolat !
Voyez cette montagne aux allures géantes :
Imposante et sévère elle apparaît là-bas.
Mais approchez ; marchez sous ses voûtes riantes : Des eaux vives, des chants, des fleurs à chaque pas.
La montagne, il est vrai, de neige se couronne, Mais son flanc généreux recèle un feu latent. Qu'importe si la foudre à son heure y résonne, Tous les oiseaux du ciel y vivent en chantant.
Ainsi nous apparaît ce Cardinal austère :
Pour détruire le mal, il tient la foudre en mains ;
Pour les mystiques fleurs de son divin parterre,
Pour chaque âme, il devient le plus doux des humains.
Car cet homme rigide, à l’œil un peu sévère,
Il a de ces élans dont on demeure épris :
Fort comme un diamant, tendre comme une mère, Il règne sur les cœurs comme sur les esprits.
Éminence, pardonne.—Au réveil de l’aurore, Quand l'univers redit son hymne solennel,
Pour répondre à son chant tout le ciel se colore, Et Dieu, pour écouter, se penche au bord du ciel,