MONTRÉAL ET MONSIEUR OLIER
L'âme ou plutôt le cœur de la Société de Notre-Dame de Montréal fut l'abbé Olier qui, au témoignage du P. Leclerq, “en concut le premier dessein.”
“Je ne puis douter des volontés de Dieu, à écrit M. Olier, et d’un dessein si merveilleux, qui est cette nouvelle Église que la bonté de Dieu veut former en Canada.
DRE UT TRES AS MU né nes AE
“Tous ces jours passés, je voyais devant mes yeux ce qu'il avait plu à Dieu de me montrer autrefois, à savoir :
“ Un pilier, qui servait de fondement et d'appui à deux arcades, ou à deux églises, dont l’une était vieille et ancienne, et l’autre était nouvelle.
“Toutes deux venaient se joindre et aboutir sur le pilier, et cette pierre fondamentale qui est moi-même, en tant que rempli de la présence de Jésus-Christ, l'unique fondement de toute la réforme de l’Église présente et de l'établissement de la nouvelle qui doit se faire en Canada.
“Grand Dieu, c'est bien ici que je dois m’abîmer et m'oublier moi-même ; c’est bien ici que je dois m'abandonner et me perdre en votre Fils unique.
“ C’est une chose étrange en quel profond anéantissement cette vue me réduit, crainte d’être infidèle, à cause que je suis le plus pauvre et le plus méprisable du monde, un néant inutile.”
La vue qui manifesta à M. Olier le rôle que la Providence lui réservait en Canada, n’a rien que de conforme à la conduite de la sagesse divine. Elle rappelle la vision que le pape Innocent III eut au sujet de saint Francois d’Assise et de saint Dominique. Cette vision de M. Olier nous apparaît aujourd’hui pleinement justifiée par la fondation des séminaires en France, l'établissement de la colonie chrétienne au Canada et sa conservation après la conquête du pays par les Anglais.
M. Olier désira, jusqu'à la fin de sa vie, venir en personne au Canada, et y être le chapelain de la sainte Vierge.
es yeux ce is, à savoir :
ppui à deux L vieille et
utir sur le ol-même, el ist, l'unique ‘sente et de en Canada.
m'abîmer et ;, m'abandon-
1 anéantisse- \èle, à cause e du monde,
e la Proviconforme à elle la vision int Francois de M. Olier ie par la fonnt de la coloon après la
enir en perainte Vierge.
Seule, l'opposition du Père de Condren, ! et les obstacles qui surgirent toujours à l’encontre de ce vif désir, l'en empêchèrent.
L'œuvre de Ville-Marie n’en fut pas moins l’objet constant de sa sollicitude : il fut toujours l’âme des délibérations de la Compagnie de Montréal, l'ami et le soutien de M. de Maisonneuve, de la sœur Bourgeoys et de Mlle Mance.
Les immenses travaux de la cure de Saint-Sulpice, des mortifications excessives, jointes à des infirmités précoces, ayant beaucoup altéré la santé de M. Olier, Mile Mance ét M. de Maisonneuve ne cessèrent pendant plusieurs années de le supplier d'envoyer à Ville-Marie quelquesuns des prêtres du Séminaire de Paris qui venait d’être fondé.
D'autant plus que les Pères jésuites qui, jusque-là, avaient desservi la colonie de Montréal, demandaient à être déchargés de ce ministère qu’ils ne pouvaient remplir sans préjudice pour leurs missions sauvages.
Enfin, en 1657, après avoir beaucoup prié, et croyant reconnaître que le moment voulu par la divine Providence était arrivé, M. Olier, déjà atteint de la maladie qui devait le mener au trépas, choisit quatre des ecclésiastiques qu’il
jugea les plus aptes à fonder le Séminaire de Ville-Marie.
Ce fut comme le testament de M. Olier, qui mourut
à cette même année 1657.
4 1. CONDREN (CHARLES DE) (1588-1641), théologien français, second À général de la congrégation de l’Oratoire. 11 refusa les archevôchés de Reims et de Lyon, ainsi que le chapeau de cardinal.
Cependant, en 1663, la Société de Notre-Dame de Montréal, n'ayant plus M. Olier à sa tête, réduite à un petit nombre de membres, se reconnaissait incapable de faire plus longtemps les sacrifices énormes qu’elle s'était imposés jusque-là pour la colonie de Ville-Marie.
Ce fut alors que, par respect pour les dernières volontés de M. Olier, qui avait déclaré, avant sa mort, qu'il ne faudrait jamais abandonner l'œuvre de Montréal, malgré tous les obstacles, M. de Bretonvilliers, second supérieure du Séminaire de Paris, accepta l'offre très onéreuse que lui firent les Associés de lui céder l’île de Montréal, à condition qu’il se chargerait de toutes les dettes, lesquelles se montaient déjà à 130.000 livres.
Il fallait de plus envoyer continuellement de nouveaux secours en armes et approvisionnements, de sorte que M. de Bretonvilliers seul ne fournit pas moins de 400.000 livres, sans compter les libéralités ignorées de M. de Queylus, de M. du Bois et de plusieurs autres bienfaiteurs. Pour tout dire en un mot, le Séminaire de Saint-Sulpice de Paris, sans rien retirer pour lui-même des revenus de la Seigneurie, envoya au moins neuf cent mille livres de numéraire, durant les cinquante premières années.
Enfin, après plus d’un siècle de sacrifices, le Séminaire de Saint-Sulpice de Paris transféra, sans aucune restriction, à la maison de Saint-Sulpice de Montréal, tous ses droits en Canada, droits qui ont été reconnus par la Couronne d'Angleterre, en 1840.
Nous ne pouvons nous empêcher d'admirer la réalisation des grandes vues de M. Olier sur le Canada.
Dame de te à un 1pable de Ile s'était
ù re
s volontés ,qu'il ne Montréul, rs, second offre très r l’île de toutes les ivres.
nouveaux e que M.
e 400.000 e M. de enfaiteurs.
nt-Sulpice evenus de livres de es. Séminaire e restric- 1, tous ses ar la Cou-
réalisation
Aujourd’hui la Nouvelle-France ne compte pas seulement quelques centaines, ou quelques milliers de catholiques; ils sont plus de deux millions, faisant rayonner leur influence dans toutes les provinces de l'Ouest du Dominion et dans les États-Unis.
Un clergé saint autant que savant recoit une formation véritablement sacerdotale, principalement dans les séminaires de Québec et de Montréal.
Que de familles religieuses ont pris naissance sur le sol fécond de notre Canada et envoient de tous côtés leurs essaims de frères et de sœurs, dont le zèle s'étend depuis le Nouveau-Brunswick jusqu'à l'Alaska, et depuis le Mackenzie jusqu’au Brésil,
O Canada! pays prédestiné comme la vieille mère patrie, la fille aînée de l’Église, n'oublie pas ta vocation! Ne trahis pas ta mission: grand surtout parce que tu es apôtre, tu sers de flambeau aux nations qui t’entourent !
Sois toujours le porte-étendard de la vérité, le phare étincelant de la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde, la foi catholique, la véritable foi en Jésus-Christ, la foi à l’Eucharistie !
Bulletin Eucharistique.